Décès du chanteur espagnol Luis Eduardo Aute à l’âge de 76 ans

Le chanteur espagnol Luis Eduardo Aute, photographié chez lui, à Madrid, en 2016 (photographie : Luis Sevillano Arribas et El País)

C’est ce samedi 4 avril 2020 qu’est décédé à Madrid, à l’âge de 76 ans, le chanteur espagnol Luis Eduardo Aute, qui était né à Manille (Philippines) le 13 septembre 1943. Monument de la chanson à texte en langue espagnole, également poète, peintre et réalisateur de cinéma à ses heures perdues, il est le fils d’un Catalan d’origine andalouse qui rentre en 1954 à Barcelone (Catalogne) avant de s’installer définitivement à Madrid. Il collabore d’abord avec la chanteuse María de los Ángeles Félix Santamaría Espinosa, dite « Massiel » (née en 1947), pour laquelle il écrit le tube Rosas al mar (littéralement, Des Roses à la mer).

Il se rapproche alors du chanteur espagnol Joan Manuel Serrat (né en 1943) et enregistre son premier disque, Diálogos de Rodrigo y Ximena (littéralement, Dialogues de Rodrigue et Chimène), après avoir sorti plusieurs chansons comme Los burgueses (littéralement, Les Bourgeois) et Mi gente (littéralement, Mes gens). Après quelques années passées en retrait de la vie publique, il revient sur le devant de la scène dans les années 70 et connaît sans discontinuer le succès auprès de la critique et du grand public.

Source : https://elpais.com/cultura/2020-04-04/muere-luis-eduardo-aute-patrimonio-de-la-cancion-de-autor-espanola.html

Décès de l'aristocrate espagnol Carlos Falcó à l'âge de 83 ans

C’est l’une des premières victimes célèbres de l’épidémie de coronavirus outre-Pyrénées : l’aristocrate et chef d’entreprise espagnol Carlos Falcó y Fernández de Córdova est décédé à Madrid ce vendredi 20 mars 2020. Né au palais des Dueñas, à Séville (Andalousie), le 3 février 1937, il était cinquième marquis de Griñón (Communauté de Madrid), douzième marquis de Castel-Moncayo et grand d’Espagne.

Il s’est marié à plusieurs reprises, en premier lieu avec l’aristocrate María del Pilar Juana Girod del Avellanal, puis avec le mannequin hispano-philippinin Isabel Presleyr, avec l’aristocrate Fátima de la Cierva y Moreno et enfin avec Esther Doña Morales. Il a trouvé la mort à l’Hôpital universitaire de la Fondation Jiménez-Díaz.

Source : https://cincodias.elpais.com/cincodias/2020/03/20/economia/1584728843_501586.html

Un monument aux héros espagnols des Philippines est inauguré à Madrid

Le monument aux héros de Baler, situé sur la place du Comte-de-la-Vallée-de-Súchil, à Madrid (photographie : Twitter)

Ce lundi 13 janvier 2020, le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida (Parti populaire), et le chef d’état-major de l’armée, le général Francisco Varela, ont inauguré dans la capitale espagnole, sur la place du Comte-de-la-Vallée-de-Súchil, un monument en forme de statue visant à rendre hommage aux héros espagnols des Philippines. Il s’agit précisément d’honorer les soldats de notre voisin ibérique qui se sont battus lors du siège de l’église de la ville de Baler, bâtiment dans lequel ils s’étaient retranchés pour faire face aux combattants de l’indépendance philippine.

Ce siège a duré 337 jours, du 1er juillet 1898 au 2 juin 1899, et a marqué la fin de la souveraineté espagnole sur l’archipel asiatique. La statue a été réalisée par le sculpteur espagnol Salvador Amaya à partir d’une peinture réalisée par son compatriote, le peintre Augusto Ferrer-Dalmau. Il s’agit pour la municipalité de Madrid et l’État espagnol de commémorer le 120e anniversaire de la fin de ce siège épique, qui a prouvé la valeur et la détermination des troupes espagnoles.

Source : http://www.ejercito.mde.es/agenda/2020/01/7799_estatua_baler_elaboracion.html

Des chercheurs espagnols et taïwanais sont en quête d’une ancienne ville hispanique sur l’île asiatique

Un document utilisé dans le cadre des recherches sur cette ancienne ville espagnole à Taïwan (photographie : La Razón)

Au cours des XVIe et XVIIe siècles, l’Empire espagnole installe au Sud de l’île de Formose (actuel État de Taïwan) des comptoirs et bases visant à lutter contre l’hégémonie commerciale néerlandaise dans la zone et à contrôler les routes maritimes autour de la Chine et des Philippines. Depuis plusieurs mois, une équipe de chercheurs espagnols et taïwanais est en quête de l’une de ces anciennes villes hispaniques sur l’île asiatique, San Salvador, qui est occupée par les Espagnols de 1626 à 1642.

Elle correspond à l’actuelle cité portuaire de Keelung et les archéologues y ont déjà mis au jour des restes humains ainsi que six tombes. Les recherches sont dirigées sur place par Tsang Cheng-hwa, professeur à l’Institut d’Anthropologie de l’Université Tsing Hua. Entre 2011 et 2016, une précédente campagne de fouilles a déjà permis de dévoiler les vestiges d’une ancienne chapelle espagnole. De son côté, une équipe taïwanaise se trouve actuellement outre-Pyrénées afin de tourner un documentaire sur le débarquement des premiers évangélisateurs catholiques espagnols à Formose.

Source : https://www.larazon.es/internacional/en-busca-de-la-ciudad-espanola-perdida-en-taiwan-BH24762704

Le journal britannique « The Guardian » place une cascade espagnole en tête de son classement mondial des chutes d’eau

La Queue de Cheval, situé dans le Parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu, dans la province de Huesca, en Aragon (photographie : Gonzalo Azumendi)

Selon le journal britannique conservateur The Guardian, à la suite d’une enquête menée à bien auprès de ses lecteurs, la cascade de la Queue de Cheval (Cola de Caballo, en espagnol) est la plus belle du monde. Située au sein du Parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu (province de Huesca, Aragon), qui commémorait en 2018 les cent ans de sa proclamation en tant que parc national. L’ascension de la Queue de Cheval, qui ne présente pas de difficulté technique particulière, est en revanche très longue à pied (de six à sept heures).

Les cascades suivantes dans le classement du Guardian sont :

  • cascades d’Acquafraggia (Italie) ;
  • cascade Grawa (Autriche) ;
  • Svartifoss (Islande) ;
  • Søtefossen (Norvège) ;
  • cascade De Glen Maye (Royaume-Uni) ;
  • cascade Cora Linn (Royaume-Uni) ;
  • cascade Mill and Whitfield Gill Force (Royaume-Uni) ;
  • cascade de la gorge de Baatara (Liban) ;
  • cascade Gocta (Pérou) ;
  • chute du Moconá (Brésil et Argentine) ;
  • cascade de Snoqualmie (États-Unis d’Amérique) ;
  • chute de Sunwapta (Canada) ;
  • chutes de Kalandula (Angola) ;
  • cascade du bois de Ngare Ndare (Kenya) ;
  • chutes Tappiya (Philippines) ;
  • chute Nachi (Japon) ;
  • cascade Khe Kem (Vietnam) ;
  • Weeping Wall (États-Unis d’Amérique) ;
  • et chutes Whangarei (Nouvelle-Zélande).

Source : https://www.abc.es/viajar/top/abci-mejor-cascada-mundo-esta-espana-segun-guardian-201908021230_noticia.html

Décès de la célébrité espagnole Esperanza Ridruejo

La célébrité espagnole Esperanza Ridruejo (photographie : Emilia Gutiérrez et La Vanguardia)

L’on apprenait ce lundi 6 mai 2019 le décès de la célébrité espagnole Esperanza Ridruejo (dite « Pitita » Ridruejo) à son domicile de Madrid à l’âge de 88 ans. Née à Soria (Castille-et-León) en 1931, elle a étudié au collège de l’Assomption, dans la capitale espagnole, avant de se spécialiser en littérature anglaise à Belmont (Royaume-Uni) et à Genève (Suisse). En 1957, elle épouse le diplomate philippin Mike Stilianopoulos et de leur union naissent trois enfants : Ana (1964), Carlos (1966) et Claudia (1973).

Artiste de passion, célèbre pour son art de la peinture qu’elle a perfectionné à Rome (Italie) à partir de 1967, elle suit son mari, qui a obtenu la nationalité espagnole, à Manille, où il devient ambassadeur d’Espagne. « Pitita » se fait connaître en 1987, année à partir de laquelle elle affirme être l’objet d’apparitions mariales.

Source : https://www.lavanguardia.com/gente/20190506/462061620645/muere-pitita-ridruejo.html

L’Espagne comptait en 2018 plus de millionnaires qu’en 2017

Amancio Ortega, homme le plus riche d’Espagne et fondateur du groupe textile Inditex (photographie : Cinco Días)

Selon la définition communément admise, un multimillionnaire est une personne dont le patrimoine atteint au moins 30 millions de dollars, soit environ 27 millions d’euros. En 2020, la planète devrait dépasser les 20 millions de millionnaires (nouveau témoignage de l’accroissement des inégalités), notamment dans des pays asiatiques comme la Chine, l’Inde et les Philippines. Selon une étude de la société britannique Knight Frank, en 2018, il y avait en Espagne 4 111 citoyens dont la richesse dépassait les 30 millions de dollars.

Ce chiffre suppose une augmentation de 5 % par rapport à l’année 2017 tandis que les millionnaires « simples » étaient, pour leur part, 261 435 (soit un accroissement de 4 % par rapport à 2017). L’homme le plus riche du pays reste Amancio Ortega, fondateur et ancien président directeur général du groupe textile Inditex (qui comprend notamment la marque Zara). L’investissement dans l’immobilier, notamment à Madrid et Barcelone (Catalogne), reste un bon moyen de s’enrichir outre-Pyrénées.

Source : https://cincodias.elpais.com/cincodias/2019/04/09/fortunas/1554838288_758771.html

Deux monuments espagnols font partie des lieux les plus photographiés du moment sur Instagram

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La Muraille rouge de Calpe, dans la province d’Alicante (Communauté de Valence) – Photographie : ABC

Fondé en 2010, le réseau social américain Instagram, qui regroupe les clichés de millions d’utilisateurs de par le monde, est devenu un outil indirect de promotion touristique et c’est pourquoi les pays de la planète entière regardent régulièrement s’ils apparaissent massivement sur ce site. C’est de fait le cas de deux monuments espagnols très à la mode actuellement sur Instagram. Le premier d’entre eux est le Palais de Cristal (Palacio de Cristal) du parc du Buen Retiro, à Madrid, construit en 1887 par Ricardo Velázquez dans la capitale à l’occasion de l’Exposition des îles Philippines.

Mais c’est aussi le cas de la Muraille rouge (Muralla roja), achevée en 1973 par Ricardo Bofill dans la ville côtière de Calpe, située dans la province d’Alicante (Communauté de Valence) et aujourd’hui peuplée d’environ 21 000 habitants. Fondé sur la géométrie, le plan de cet ensemble de logements pour particuliers est l’un des plus grands chefs-d’œuvre du constructivisme en Espagne et dans le monde.

Source : https://www.abc.es/viajar/noticias/abci-eligen-sitios-espana-entre-mas-moda-instagram-201809190157_noticia.html#ns_campaign=mod-abc.es&ns_mchannel=cross-linking-externo&ns_source=el-economista&ns_linkname=https://www.abc.es/viajar/noticias/abci-eligen-sitios-espana-entre-mas-moda-instagram-201809190157_noticia.html&ns_fee=0

Interview exclusive de Jesús Laínz pour le blog

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Le monument aux Batailles de Jaén, en Andalousie (photographie : Wikipedia)

N.B. : nous publions ci-dessous la version intégrale et traduite que nous avons réalisée auprès d’un penseur espagnol méconnu en France, Jesús Laínz, concernant la situation présente et passée de l’histoire. Nous ne sommes pas nécessairement en accord avec l’ensemble de ses positions mais estimons qu’elles méritent d’être relayées auprès d’un public francophone.

  • Avant toute chose, je vous demanderai de bien vouloir vous présenter brièvement pour tous les lecteurs français qui ne vous connaîtraient pas. Quelle est votre formation académique ? Quels sont vos principaux centres d’intérêt ? Quels livres avez-vous déjà publiés ? Dans quels médias, revues, journaux intervenez-vous ?

Je suis né en 1965, je suis licencié en droit et, depuis vingt ans, j’ai publié dans divers médias plusieurs centaines d’articles d’opinion historico-politiques relatifs aussi bien à l’Espagne qu’aux affaires internationales. Depuis 2014, j’écris une colonne hebdomadaire pour Libertad Digital. J’ai publié sept ouvrages qui concernent pour l’essentiel le problème séparatiste basque et catalan. Le dernier d’entre eux, El privilegio catalán (éditions Encuentro, 2017), s’intéresse plus spécifiquement à la facette économique du nationalisme catalan à travers un parcours historique qui s’étend du XVIIIe siècle à l’actualité. Dans les prochains mois paraîtront une édition anglaise et probablement une autre édition en français.

  • Commençons notre voyage dans l’actualité espagnole avec Pablo Casado, qui a été élu il y a peu président du Parti populaire. Nombre de commentateurs ont voulu voir dans cette élection un changement de cap radical au sein de la principale formation conservatrice espagnole, comme si Pablo Casado cherchait à ouvrir une nouvelle ère plus libérale et plus à droite en son sein. Une telle analyse vous semble-t-elle justifiée ? À votre avis, le PP peut-il reconquérir l’électoral qu’il a perdu ? Peut-il à nouveau être au centre de larges majorités organisées autour d’un projet rénové ? Ne nous trouvons-nous pas au contraire face à un changement superficiel ?

Il est un peu tôt pour le savoir. Pour le moment, nous n’avons pas beaucoup d’informations concernant l’idéologie et les projets de Casado. Je serais toutefois surpris qu’il y ait de grands changements. D’un point de vue doctrinal, la droite espagnole est la plus vide de toute l’Europe et elle se contente de gérer les affaires économiques. Elle se caractérise également par son adhésion idéologique totale à la gauche et aux séparatismes, qui forment les deux courants qui ont conçu à peu près tout en Espagne depuis l’instauration du régime actuel, en 1978.

Concernant la gauche, il suffit de rappeler que le système éducatif, mis en œuvre par le PSOE de Felipe González dans les années 80, a entraîné un égalitarisme aberrant qui a provoqué un analphabétisme universitaire qui était inconcevable rien qu’une génération en arrière. C’est de ce système éducatif que sont sortis des millions de jeunes gens endoctrinés par la pensée unique, habitués à réussir leurs examens sans aucun effort et majoritairement désireux de gagner leur vie en tant que fonctionnaires. L’apparition de Podemos, version post-moderne du bolchévisme le plus rance, est le fruit manifeste du désastre de l’éducation socialiste.

Quant aux gouvernements de droite, ils ont été incapables d’en modifier ne serait-ce qu’une virgule, même lorsqu’ils ont disposé d’une majorité absolue, comme cela a été le cas à plusieurs reprises. En matière de séparatisme, je comprends qu’il doit être difficile de saisir la situation espagnole au Nord des Pyrénées mais la clef de l’Espagne actuelle réside dans la chose suivante : aussi bien les gouvernements du PSOE que ceux du PP permettent depuis quarante ans la construction de régimes totalitaires dans deux des régions espagnoles, à savoir le Pays basque et la Catalogne. Dans le premier cas, il faut ajouter un facteur aggravant, c’est-à-dire la présence de criminels de l’ETA qui ont assassiné des opposants au séparatisme. Le coup d’État en Catalogne n’est que la dernière étape d’un processus de domination et d’endoctrinement totalitaire des Catalans débuté en 1978.

  • L’on a peu parlé, en France, du nouveau président de la Généralité de Catalogne, Joaquim Torra, même si certains articles ont mis l’accent sur ses déclarations xénophobes. Nous trouvons-nous véritablement face à un personnage xénophobe ? D’après vous, Torra peut-il être autre chose qu’un simple pantin de Carles Puigdemont ?

L’on est un peu injuste avec Torra car il n’est ni plus, ni moins xénophobe que ses prédécesseurs, à commencer par le fondateur de l’actuel régime catalan, Jordi Pujol, personnage xénophobe, hispanophobe et totalitaire archétypique. La conception raciale d’une Catalogne aryenne face à une Castille sémitique (c’est dans ces mots que la situation était décrite par les séparatistes catalans, un demi-siècle avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir), le complexe de supériorité et le mépris envers les autres Espagnols sont à l’origine même du catalanisme politique. L’on peut retrouver de tels propos chez des intellectuels comme Pompeu Gener, qui a même affirmé que les Castillans sont forcément des imbéciles car ils respirent l’air de la Meseta centrale tandis que les Catalans sont plus intelligents car ils vivent en bord de mer. On peut aussi les retrouver dans les écrits de Prat de la Riba, fondateur du nationalisme catalan. La situation n’a d’ailleurs pas changé depuis plus d’un siècle.

En revanche, il faut reconnaître que Torra est moins sibyllin que Pujol et consorts. Il faut signaler un détail essentiel concernant cette xénophobie : elle ne s’exerce qu’à l’égard des autres Espagnols. Il se produit tout l’inverse avec les personnes venues d’autres continents, appelés Nous Catalans [Nouveaux Catalans], qui ont été généreusement subventionnés par les gouvernements catalans successifs pour obtenir leur adhésion au projet séparatiste. Les séparatistes ont clairement fait comprendre que l’on pouvait être un Catalan pakistanais, indien, maghrébin, sénégalais, thaïlandais ou arabe mais pas un Catalan espagnol – alors que c’est précisément ce que sont les Catalans depuis deux millénaires. Le nationalisme catalan, qui est le fruit d’une ignorance et d’une haine insondables, pourrait être résumé de la façon suivante : « Les Espagnols, dehors ; tous les autres, avec nous ».

  • Que pensez-vous de la récente décision allemande de ne pas extrader Carles Puigdemont pour rébellion ? Quelles conséquences cette décision peut-elle avoir sur l’évolution du défi séparatiste et dans l’opinion publique espagnole ?

Elle est scandaleuse du point de vue juridique et politique. L’unité européenne supposée a fait la preuve de son inutilité dans une affaire d’une telle gravité. Un tribunal allemand considère que des faits survenus en Espagne ne constituent pas un délit alors que, s’ils étaient survenus en Allemagne, ils auraient immédiatement entraîné des peines de prison pour tous les responsables concernés. Quant aux conséquences que cette décision peut avoir, elles sont entre les mains du pouvoir judiciaire espagnol qui, pour le moment, fait preuve d’un professionnalisme, d’une indépendance et d’un attachement à la loi dont ne peuvent se vanter les deux autres pouvoirs, lesquels sont lamentablement liés par des intérêts partisans.

  • Dans votre dernier livre, El privilegio catalán, vous développez la thèse selon laquelle la Catalogne est une région qui a toujours su tirer un profit économique du gouvernement central espagnol, y compris durant la dictature franquiste. Une telle idée peut sembler étrange aux yeux des Français, qui ne connaissent généralement pas bien l’histoire espagnole. Pourriez-vous nous donner quelques exemples à ce sujet ? Comment peut-on concevoir que Madrid ait toujours cédé aux exigences de Barcelone ?

Il faut, en premier lieu, avoir présent à l’esprit le fait que le XIXe siècle (contrairement à ce qui s’est produit en France) a été le siècle noir de l’histoire espagnole. Alors que la France, en dépit de tous les soubresauts politiques, a pu jouir d’un XIXe siècle glorieux dans le domaine des lettres, de la musique, de la science, de l’art ou de l’industrie, l’Espagne (exception faite de quelques cas bien connus) est restée en retrait. Plus important encore : à une époque où la France et d’autres pays européens bâtissaient leur empire colonial, l’Espagne, première et principale puissance impériale, perdait en 1898 les derniers morceaux de son propre empire (Cuba, les Philippines et Porto Rico). C’est un fait essentiel pour comprendre la démoralisation, l’échec politique et militaire et (ce qui concerne plus directement votre question) le retard économique et industriel du pays.

Les deux régions qui sont parvenues à mener à bien leur révolution industrielle à un rythme comparable à celui du reste de l’Europe occidentale sont les provinces basques et la Catalogne. C’est la raison pour laquelle c’est dans ces régions que sont apparus les séparatismes autour de 1898 – et non pas dans d’autres endroits de l’Espagne. Faisons un parallèle avec la France : si, en 1918, la France avait perdu la Grande Guerre, bon nombre d’Alsaciens et de Lorrains n’auraient-ils pas préféré continuer à faire partie de l’Allemagne victorieuse plutôt que de passer à la France défaite ? N’est-il pas significatif que le séparatisme bavarois et rhénan apparaisse justement entre 1918 et 1923 ?

En raison de ce retard industriel, l’Espagne s’est montrée intensément protectionniste durant plus de deux siècles afin de garantir à l’industrie espagnole si fragile un marché national totalement captif et de rendre plus difficile la pénétration de produits étrangers (surtout anglais et français). C’est ce qui a énormément enrichi des régions productives comme la Catalogne tandis qu’une telle politique pénalisait des régions exportatrices comme Valence. C’est aussi pourquoi la bourgeoisie catalane est celle qui la plus bénéficié des gouvernements espagnols deux siècles durant. Un exemple capital dans ce cadre : la région la plus belliciste, la plus impérialiste et la plus esclavagiste du XIXe siècle en Espagne a été la Catalogne, dont le poids dans l’industrie péninsulaire et ultramarine était très grand. Une grande partie de la magnifique Barcelone Art Déco a été bâtie avec l’argent des colonies et de l’esclavage – à commencer par le fameux parc Güell. D’ailleurs, les plus farouches opposants aux demandes cubaines de liberté de commerce et d’autonomie administrative ont été les administrations provinciales et patronales catalanes, qui ont également été les principaux partisans de la guerre d’indépendance de 1895-1898. Et ce sont ces mêmes institutions et ces mêmes personnes qui, après le désastre de 1898, ont demandé l’autonomie de la Catalogne et même sa sécession. L’argent n’a pas de patrie.

Concernant le régime franquiste, je ne donnerai que deux éléments. En premier lieu, le Catalan Pedro Gual Villalbí a été, de 1957 à 1965, ministre sans portefeuille à la seule et unique fin de représenter les intérêts de la bourgeoisie industrielle catalane qui s’asseyait à la droite de Franco ! Jamais une autre région espagnole n’a joui d’un tel privilège. En second lieu, lorsque Franco est mort, en 1975, la Catalogne, qui représentait 6 % du territoire national, disposait de 45 % des autoroutes espagnoles. L’on pourrait continuer à égrener de telles données à l’envi.

  • Pensez-vous, comme l’affirment certains journalistes, que l’économie catalane connaît un déclin palpable depuis plusieurs années au sein de l’ensemble espagnol ?

C’est une évidence. Les politiques totalitaires et linguistiques asphyxiantes des gouvernements séparatistes ont entraîné la contraction progressive du poids de l’économie catalane dans l’ensemble espagnol. De nombreuses entreprises françaises qui y sont installées l’ont souffert dans leur propre chair. Uniquement au cours des neuf premiers mois qui se sont écoulés depuis le coup d’État d’octobre 2017, plus de cinq mille entreprises catalanes ont déménagé leurs quartiers généraux vers d’autres provinces espagnoles, principalement Madrid. Plus de mille d’entre elles ont également transféré leur siège fiscal.

Il faut y ajouter la chute considérable qui a touché nombre de secteurs comme l’hôtellerie, la fuite des dépôts bancaires, le gel des investissements étrangers ou les grands projets qui ont décidé de s’implanter dans d’autres lieux, comme l’Agence européenne du Médicament. Le journal barcelonais La Vanguardia, notoirement pro-séparatiste, a signalé qu’au cours du premier trimestre de l’année 2018, qui a immédiatement suivi le coup d’État d’octobre 2017, l’investissement étranger en Catalogne s’est réduit de 62 % tandis qu’au niveau national, il a augmenté de 22 %.

  • Concentrons-nous à présent sur le gouvernement de Pedro Sánchez. Combien de temps lui donnez-vous avant qu’il ne doive organiser des élections anticipées ? Pourra-t-il aller jusqu’au bout de la présente législature ? Aura-t-il la possibilité de développer un véritable programme politique ?

C’est difficile à dire. Il se trouve bien entendu en situation de minorité, même s’il est soutenu par les communistes de Podemos et les séparatistes. Tant que ces derniers auront intérêt à le maintenir au pouvoir pour qu’il continue à céder à toutes leurs exigences profondément antidémocratiques, il restera en place. Mais je suis absolument certain qu’il sera capable de leur céder même ce qu’ils n’auront pas exigé car la gauche espagnole est ainsi faite qu’elle est la seule dans toute l’Union européenne à être allergique à sa propre nation – ce qui constitue un autre détail essentiel mais difficile à comprendre pour un Français.

  • Quel est votre avis sur les premières annonces et mesures de ce gouvernement ? Cède-t-il vraiment beaucoup de terrain aux séparatistes catalans ? Et que faut-il penser du possible transfert du corps de Francisco Franco hors de son mausolée du Valle de los Caídos ?

L’on peut tout attendre de l’adhésion de la gauche aux thèses séparatistes, même l’absence de respect envers l’État de droit et la séparation des pouvoirs. Mais, pour être honnête, il faut bien dire que la droite, afin de ne pas être accusée du terrible péché de néofranquisme, n’est pas en reste dans cette affaire.

Quant au Valle de los Caídos, il ne s’agit que d’un pas de plus dans l’éternelle stratégie de la gauche espagnole, qui tend toujours vers la guerre civile et qui s’acharne à vouloir remporter le conflit qu’elle a perdu il y a quatre-vingts ans – même au prix du retour de vieilles rancœurs ou d’un empoisonnement généralisé de la société espagnole.

  • Au cours des dernières années, l’Espagne a peu à peu rattrapé le temps perdu avec la crise économique de 2008. À votre sens, ne s’agit-il que d’une rémission provisoire ou le modèle économique du pays a-t-il vraiment changé grâce, par exemple, aux exportations ?

Le modèle économique espagnol est traditionnellement déficitaire en matière industrielle – et c’est toujours le cas à l’heure actuelle, sauf à de rares exceptions près. C’est ce qui explique que le chômage soit la maladie incurable de l’économie espagnole.

  • Tâchons de changer un peu d’échelle. Quel avenir l’Espagne peut-elle avoir au sein de l’Union européenne ? Faudrait-il, selon vous, défendre un Spainexit, à l’image de ce qui s’est passé avec le Brexit ?

Pour le moment, ce que l’on appelle l’euroscepticisme est faible en Espagne. Mais certains événements, comme la sentence allemande dont nous parlions plus haut ou une position tiède de l’Union européenne face au coup d’État séparatiste, peuvent entraîner des bouleversements. Ne sous-estimons pas le nationalisme espagnol, qui est dans un état léthargique depuis des décennies et qui est dominé par les conséquences de l’antifranquisme mais qui vient d’ouvrir un œil en raison des événements catalans.

  • Ne pourrions-nous pas dire que la clef de l’avenir de l’Espagne réside de l’autre côté de l’océan Atlantique, dans sa relation avec l’Amérique ibérique ?

Il s’agit d’un vieux serpent de mer en Espagne depuis le XIXe siècle et nous ne nous sommes toujours pas mis d’accord à ce sujet. En effet, l’Espagne constitue le pont de l’Europe vers une Amérique avec laquelle elle partage 500 millions d’hispanophones mais elle est aussi, depuis la chute de l’Empire romain, l’une des cinq grandes nations qui ont construit l’Europe.

Mais cela va plus loin : il s’agit de la seule grande nation européenne à avoir volontairement adhéré à cette identité car elle est la seule à avoir lutté des siècles durant pour rejeter l’Islam et affirmer l’hégémonie gréco-romaine et chrétienne qui fait l’essence de l’Europe. Le combat de Charles Martel est un épisode isolé en comparaison d’un phénomène qui, en Espagne, a duré sept cents ans.

Trois enfants espagnols remportent les championnats du monde de calcul mental

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Des enfants espagnols qui participent aux championnats du monde de calcul mental en Russie (photographie : Aloha et Antena 3)

Trois enfants espagnols ont remporté les derniers championnats du monde de calcul mental dans leur catégorie respective, au cours d’une compétition qui se déroulait cette année en Russie. Ils devaient calculer sans erreur, comme tous leurs concurrents, plus de 70 opérations en cinq minutes au maximum.

Il s’agit de deux frères de sept et huit ans respectivement, Pablo et Álvaro Quintero, qui étudient à l’établissement de la Vierge-de-la-Charité, à Illescas, dans la province de Tolède (Castille-La Manche), et de Maikel Amores, âgé de dix ans, qui étudie à l’établissement Cervantes de Castellón de la Plana (Communauté de Valence).

Plus de 600 élèves âgés de cinq à treize ans participaient à cette édition des championnats du monde de calcul mental, qui regroupaient plus de seize pays, dont l’Espagne (qui envoyait cette année sa plus importante délégation), l’Inde, le Portugal, l’Irlande, la Chine, l’Allemagne, la Russie, Panamá, l’Équateur, la Croatie, la Malaisie, l’Ouzbékistan ou encore les Philippines.

Source : https://www.antena3.com/noticias/sociedad/tres-ninos-espanoles-gana-campeonato-mundial-calculo-mental-rusia_201807235b5607a90cf21229bb57084e.html