« Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? – L’Espagne et son système de santé face au coronavirus »

Le ministre espagnol de la Santé, Salvador Illa (Parti socialiste ouvrier espagnol) – Photographie : Teller Report

Cet article de mon cru, intitulé « Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? – L’Espagne et son système de santé face au coronavirus » et publié le mercredi 8 avril 2020 sur le site Internet du club de réflexion français du Cercle Aristote, revient sur l’épidémie de coronavirus outre-Pyrénées et ses conséquences tout en se proposant un rapide tour d’horizon du système sanitaire espagnol : https://cerclearistote.com/2020/04/faut-il-jeter-le-bebe-avec-leau-du-bain-lespagne-et-son-systeme-de-sante-face-au-coronavirus-par-nicolas-klein/?fbclid=IwAR1Qnz4mdFfYfgA-H34NfwzQqr82XkrEXBpBj24xuvqgV5_F-w8FuA1CgcQ#_ftn22

L'Espagne est sanctionnée financièrement par l'UE en raison des déficiences dans sa politique d'épuration

Une vue aérienne de la station d’épuration de Barbate, dans la province de Cadix, en Andalousie (photographie : Marcos Moreno et El País)

C’était en juillet 2018 : l’Union européenne (UE) sanctionnait lourdement l’Espagne en raison des graves déficiences dans sa politique d’épuration des eaux usées et le montant de l’amende ne fait que grimper depuis. Il était, à l’époque, de 32,7 millions d’euros et représente aujourd’hui la plus importante sanction financière jamais imposée par l’UE à notre voisin ibérique. Outre l’amende forfaitaire, en effet, s’ajoutent des malus trimestriels qui ne devraient s’arrêter qu’en 2023, date à laquelle l’actuel gouvernement espagnol de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol) estime que l’ensemble des problèmes liés à l’épuration des eaux sales sera réglé.

Plusieurs stations d’épuration sont tout particulièrement dans le viseur des autorités communautaires en raison de leur mauvais traitement de l’eau :

  • Matalascañas (commune d’Almonte), dans la province de Huelva (Andalousie) ;
  • Alhaurín el Grande, dans la province de Málaga (Andalousie) ;
  • Isla Cristina, dans la province de Huelva ;
  • Tarifa, dans la province de Cadix (Andalousie) ;
  • Coín, dans la province de Málaga ;
  • Nerja, dans la province de Málaga ;
  • Barbate, dans la province de Cadix ;
  • Gijón Est, dans la Principauté des Asturies ;
  • et Valle de Güímar (commune de Güímar), dans la province de Santa Cruz de Ténérife, sur l’île du même nom (îles Canaries).

Source : https://elpais.com/sociedad/2020/02/14/actualidad/1581683996_535412.html

La RENFE dépense 30 millions d'euros en cinq ans afin de rembourser des clients en cas de retard

Des TGV espagnols à quai en gare de Puerta de Atocha, à Madrid (photographie : EFE et El Confidencial)

L’opérateur national des chemins de fer espagnol, la RENFE, a dépensé pas moins de 30 millions d’euros sur les cinq dernières années afin de rembourser ses clients en cas de retard. Entre 2014 et 2018, ce sont exactement 29,8 millions d’euros qui ont été déboursés par la firme publique, soit quasiment autant que le budget de l’île de Formentera (îles Baléares) ou la ligne budgétaire allouée au traitement du problème des mineurs migrants non accompagnés. La ligne de trains à grande vitesse (AVE) la plus problématique – et la plus chère – outre-Pyrénées est celle reliant Madrid à Barcelone (Catalogne), avec 750 incidents ayant donné lieu à remboursement.

La deuxième ligne la plus chère, dans ce cadre, est celle qui rallie Madrid à Séville (Andalousie), qui a entraîné des remboursements de 4,2 millions d’euros en un lustre pour 480 incidents et retards. Ces données ont été directement fournies par le gouvernement de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol) suite à une question parlementaire. C’est l’année 2017 qui a été la plus chargé de ce côté, avec environ 7,4 milliards d’euros d’indemnités versées aux voyageurs, suivie de l’année 2018 (6,4 milliards d’euros environ) et de l’année 2019 (5,2 milliards d’euros).

Source : https://www.elconfidencial.com/espana/2020-02-11/renfe-ave-retrasos-30milllones-indemnizaciones_2450443/

Après la crise sanitaire, la crise économique : près de 835 000 emplois détruits au mois de mars 2020 en Espagne

Un chantier provisoirement à l’arrêt en Espagne en raison de la pandémie de coronavirus (photographie : El Mundo)

La pandémie de coronavirus qui touche en ce moment particulièrement l’Europe (et notamment l’Espagne) entraîne dans son sillage une crise économique que nos voisins pyrénéens commencent à percevoir. Les données du mois de mars 2020 outre-Pyrénées sur le front de l’emploi sont en effet désastreuses avec la destruction de 833 979 postes de travail, selon les chiffres correspondant aux personnes enregistrées à la Sécurité sociale (Seguridad Social) et 302 000 chômeurs supplémentaires par rapport au mois de février 2020.

La ministre espagnole du Travail et de l’Économie sociale, Yolanda Díaz (Unidas Podemos), a décrit la situation économique que vit actuellement son pays comme un « état d’urgence nationale ». Son constat est d’autant plus juste que les chiffres fournis par le gouvernement de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol) hier encore ne prennent pas en compte le chômage partiel (Expediente de Regulación Temporal de Empleo, soit « Dossier de Régulation temporaire de l’Emploi » en français), auquel ont recours de nombreuses entreprises face au confinement généralisé décrété par l’exécutif. L’on estime que cette modalité concerne pour le seul mois de mars environ 620 000 personnes.

Source : https://www.elmundo.es/economia/2020/04/02/5e85937b21efa035618b460c.html

Seules trois communautés autonomes espagnoles disposeraient de caisses de retraite viables en cas de rupture du système national

La ministre espagnole du Travail, Yolanda Díaz (Unidas Podemos) – Photographie : En Común Unidas Podemos et El Correo Gallego

Alors que le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol) réfléchit au transfert de la caisse de Sécurité sociale (Seguridad Social) basque aux autorités de la communauté autonome, un rapport émis par le quotidien économique El Economista montre qu’en cas de rupture du système national de pension, seules trois communautés autonomes de notre voisin ibérique disposeraient d’une caisse de retraite viable : les îles Baléares, les îles Canaries et la Communauté de Madrid. Au contraire, celle du Pays basque devrait assumer un déficit de 2,5 % du produit intérieur brut (PIB) régional, soit environ 72 milliards d’euros selon les données correspondant à la fin de l’année 2018.

La situation basque est particulière car la communauté autonome connaît un vieillissement accentué de sa population tandis que les pensions de retraite y sont en moyenne plus élevées que dans le reste de l’Espagne en raison de carrières longues souvent liées au monde de l’industrie. De leur côté, en suivant l’hypothèse d’El Economista, les îles Baléares enregistreraient un excédent de 1,8 % de leur PIB ; les îles Canaries, un excédent de 1,5 % de leur PIB ; et la Communauté de Madrid, un excédent de 1,4 % de son PIB. Elles sont suivies de deux autres autonomies qui afficheraient un déficit : la Région de Murcie (- 0,5 % de son produit intérieur brut) et la Communauté forale de Navarre (- 1 %).

Source : https://www.eleconomista.es/economia/noticias/10345661/02/20/Solo-Baleares-Canarias-y-Madrid-son-viables-si-se-trocea-la-Seguridad-Social.html

Les travaux publics atteignent un nouveau maximum en 2019 en Espagne

L’aéroport de Grande Canarie, situé sur le territoire de la commune de Telde, sur l’île de Grande Canarie, dans la province du même nom, aux îles Canaries (photographie : Cinco Días)

Si l’on tient compte de l’ensemble des administrations espagnoles, les travaux publics outre-Pyrénées ont atteint en 2019 le montant total de 18,5 milliards d’euros environ, soit 11,8 % de plus qu’en 2018. Ces données, fournies par le syndicat professionnel des entreprises de construction et d’infrastructures SEOPAN, supposent un nouveau record sur la dernière décennie, après les 26 milliards d’euros investis par les autorités publiques en 2011, juste avant que ne commencent les coupes claires dans le domaine, en pleine crise économique.

Paradoxalement, c’est au cours d’une année où le gouvernement de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol) a été pour l’essentiel incapable de mener une politique au sens propre du terme en raison des élections générales anticipées du 28 avril et du 10 novembre. Il faut dire que ce sont les communautés autonomes qui ont assumé le plus gros de ces investissements l’année passée – environ 6 milliards d’euros.

Source : https://cincodias.elpais.com/cincodias/2020/02/09/companias/1581250221_404810.html

La France détruit une partie de la mémoire historique de l'exil de la Guerre civile

La frontière franco-espagnole au niveau du Perthus (Pyrénées-Orientales), en 1939 (photographie : ABC)

La mémoire historique de la Guerre civile espagnole (1936-1939) passe en grande partie par des archives et documents de diverses natures conservées en partie en France, pays frontalier qui a accueilli une partie de l’exil des républicains chassés par la défaite de leur camp durant le conflit. L’année 2019 a justement été l’occasion, outre-Pyrénées, de commémorer les 80 ans de la fin de cette guerre particulièrement meurtrière mais, à la même époque, la direction des Archives départementales de Haute-Garonne, à Toulouse, a détruit une bonne partie des documents relatifs à cet exil. Ils étaient très nombreux car Toulouse était le point de rassemblement de bien des exilés ibérique.

La ville était d’ailleurs considérée comme la capitale de l’exil espagnol ou la cinquième province de la Catalogne (en référence aux quatre provinces de cette communauté autonome : Barcelone, Gérone, Lérida et Tarragone). Cette destruction, qui suit la loi française, a été signalée par l’écrivain espagnol Juan Manuel de Prada, qui travaille à l’heure actuelle sur une biographie de sa compatriote, la poétesse et syndicaliste féministe Ana María Martínez Sagi (1907-2000). Le gouvernement de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol) a eu vent de cette destruction en 2019 mais le pays se trouvait alors plongé dans un long processus électoral, ce qui a empêché l’exécutif d’agir.

Source : https://www.abc.es/cultura/abci-francia-destruye-parte-memoria-historica-exilio-ante-inaccion-gobierno-espanol-202002020035_noticia.html

Barcelone organisera cette année le principal congrès au monde concernant l’économie durable

Le quartier de la Foire de Barcelone, à Hospitalet de Llobregat, en Catalogne (photographie : Barcelona Bus Turístic)

Cette année, du 26 au 28 mai, la ville de Barcelone (Catalogne) organisera le principal congrès international concernant l’économie durable, BForPlanet, salon qui devrait réunir plusieurs milliers d’entrepreneurs, d’activistes, de responsables et de membres de la société civile autour des Objectifs du Développement durable (ODS) fixés pour 2030 par l’Organisation des Nations unies (ONU), sise à New York (États-Unis d’Amérique). L’événement est parrainé par cet organisme mais également par le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol), la Généralité de Catalogne, la mairie de Barcelone – dont l’actuelle dirigeante est Ada Colau (Barcelone en Commun, liste soutenue par Podemos) – et l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE – le « club des pays riches »).

Lors de l’inauguration du congrès, le maire de la capitale catalane ainsi que la quatrième vice-présidente du gouvernement, en charge de la Transition écologique et du Défi démographique, Teresa Ribera (PSOE), devraient être présentes. De fait, la ville de Barcelone devrait accueillir le salon BForPlanet chaque année jusqu’en 2029, date à laquelle les Objectifs du Développement durable seront révisés par l’ONU. Barcelone a été préférée par les organisateurs du congrès à Lisbonne (Portugal) et Dublin (Irlande). Cette année, des pointures internationales comme la philanthrope américaine Melinda Gates ou l’entrepreneur d’origine sud-africaine Elon Musk devraient être de la partie.

Source : https://www.elconfidencial.com/empresas/2020-01-29/barcelona-se-queda-con-bforplanet-una-feria-de-sostenibilidad-con-el-apoyo-de-la-onu_2433420/