Podemos veut légaliser la culture et la consommation du cannabis en Espagne

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Le premier secrétaire de Podemos, Pablo Iglesias, au Congrès des députés, à Madrid (photographie : Juan Carlos Hidalgo, EFE et El País)

Alors que l’Uruguay, neuf États des États-Unis d’Amérique et, plus récemment, le Canada ont légalisé la culture et la consommation du cannabis dans tous les cas, le parti de « gauche radicale » Podemos, dirigé par son premier secrétaire, Pablo Iglesias, a proposé une nouvelle fois ce jeudi 18 octobre, au Congrès des députés (chambre basse des Cortes, le Parlement espagnol), la légalisation de cette substance stupéfiante dans le pays. Iglesias estime en effet qu’il est absurde de permettre l’achat de gin ou de téquila et pas de marijuana.

Cette proposition est particulièrement destinée aux agriculteurs qui, en cas de mauvaises récoltes ou de circonstances climatiques adverses, pourraient planter du cannabis afin de pallier les conséquences d’une année désastreuse. Podemos souhaite également favoriser la culture vivrière à des fins personnelles, la plantation de cannabis dans des petites et moyennes exploitations ou encore la mise en œuvre de coopératives agricoles centrées autour de cette plante. À l’heure actuelle, la culture et la vente de marijuana sont illégales en Espagne et leur consommation et possession ne sont tolérées que dans le domaine privé.

Source : https://elpais.com/sociedad/2018/10/17/actualidad/1539796074_606354.html

L’Union européenne exigera un ajustement financier (même minime) de la part du gouvernement espagnol

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La ministre espagnole de l’Économie et de l’Entreprise, Nadia Calviño (Parti socialiste ouvrier espagnol – gauche), en compagnie du Français Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l’Union douanière (photographie : Víctor Lerena, EFE et El País)

Alors que le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol), a récemment scellé un pacte fiscal et politique avec le premier secrétaire de Podemos, Pablo Iglesias, et qu’il a envoyé son projet de budget de l’État pour l’année 2019 à Bruxelles, la Commission européenne va demander, selon plusieurs sources, un ajustement financier à notre voisin ibérique afin de le contraindre à réduire son déficit public. De fait, si les projets de l’exécutif espagnol sont expansifs en matière financière aussi bien pour 2019 que pour 2020, les instances communautaires risquent fort de prendre des mesures de rétorsion à l’égard de Madrid.

L’Italie du président du Conseil Paolo Conte est elle aussi dans la même situation. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l’Union douanière, le Français Pierre Moscovici, s’emploie toutefois à différencier le cas espagnol du cas italien étant donné la dégradation des relations entre Rome et Bruxelles depuis l’entrée en fonction du gouvernement populiste de l’autre côté des Alpes. C’est notamment l’augmentation du salaire minimal interprofessionnel qui inquiète l’UE.

Source : https://elpais.com/economia/2018/10/12/actualidad/1539372016_196728.html

Le président du principal syndicat patronal espagnol passera la main en décembre

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Juan Rosell, actuel président de la CEOE (Confédération espagnole des Organisations entrepreneuriales), principale syndicat patronal d’Espagne (photographie : El Economista)

C’est cette semaine que le principal syndicat patronal espagnol, la CEOE (Confédération espagnole des Organisations entrepreneuriales), fondée en 1977, verra son actuel directeur, Juan Rosell, présider son dernier comité exécutif de l’organisme avant les élections internes qui auront lieu le 21 novembre prochain. Né à Barcelone (Catalogne) en 1957, Rosell s’en va sur une note négative pour la CEOE suite à l’accord fiscal récemment scellé entre le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol), et le premier secrétaire de Podemos, Pablo Iglesias.

Le patronat estime en effet que ce pacte est nocif pour la vie économique de notre voisin pyrénéen et qu’il nuit également au dialogue social dans le pays. Après avoir été président de la principale organisation patronale catalane, Fomento del Trabajo nacional, Juan Rosell est devenu président de la CEOE le 11 juin 2011. Son successeur devrait être l’actuel président du syndicat des PME, CEPYME, Antonio Garamendi, né à Guecho, dans la province de Biscaye (Pays basque), en 1958.

Source : https://www.eleconomista.es/economia/noticias/9449478/10/18/Rossell-se-despide-esta-semana-de-una-CEOE-alterada-por-el-acuerdo-presupuestario-de-Sanchez-e-Iglesias.html

Pedro Sánchez et Pablo Iglesias passent un nouveau pacte financier et politique

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Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol – à gauche), serre la main du premier secrétaire de Podemos, Pablo Iglesias, au palais de La Moncloa, à Madrid (photographie : Zipi et EFE)

Ce jeudi 11 octobre au matin, le président du gouvernement, Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol), et le premier secrétaire du parti de « gauche radicale » Podemos, Pablo Iglesias, ont signé au palais de La Moncloa, à Madrid, un nouveau pacte financier et politique par lequel la formation violette s’engage à soutenir le projet de budget de l’État de l’exécutif au Congrès des députés (chambre basse des Cortes, le Parlement espagnol). Ce nouveau projet contient notamment une augmentation de 164 euros du salaire minimal par mois, pour que ce dernier atteigne 900 euros nets.

Les pensions de retraite devraient, si ce texte est adopté, augmenter en fonction de l’indice des prix à la consommation (c’est-à-dire de l’inflation) tandis que l’impôt sur le revenu devrait augmenter pour les personnes touchant plus de 130 000 euros et de 300 000 euros par an. Quant à l’impôt sur les fortunes supérieures à 10 millions d’euros par an, il augmentera de 1 % et l’impôt sur les sociétés verra son taux minimal progresser jusqu’à 15 %. D’autres mesures ont été prévues comme l’instauration d’une forme de taxe Tobin sur les transactions financières et des mécanismes pour limiter l’augmentation excessive des loyers.

En matière politique, l’on retiendra un autre accord scellé entre Pedro Sánchez et Pablo Iglesias : la modification des articles du Code pénal qui régulent les offenses faites aux sentiments religieux ou à la Couronne. Podemos n’a jamais cessé de critiquer les dispositions officielles en ce sens, qu’il juge « médiévales », de même qu’il a obtenu de Pedro Sánchez une révision de la « loi-bâillon » (ley mordaza), surnom péjoratif donné à un texte de loi présenté par l’ancien gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire) et qui, selon ses détracteurs, limitait la liberté d’expression.

Sources : http://www.elmundo.es/espana/2018/10/10/5bbe692b22601d10578b456f.html et http://www.elmundo.es/espana/2018/10/11/5bbf324ce5fdea945b8b4701.html

Huit Espagnols sur dix n’ont que peu, voire pas confiance en Mariano Rajoy

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (photographie : EFE et El Español)

Selon les données du dernier baromètre politique divulgué par le Centre des Recherches sociologiques (CIS), organisme public chargé de réaliser des enquêtes d’opinion à intervalle régulier outre-Pyrénées, environ huit Espagnols sondés sur dix (78,2 % exactement) n’ont qu’une confiance limitée (voire pas confiance du tout) envers l’actuel président du gouvernement, Mariano Rajoy (Parti populaire). Les personnes interrogées lui donnent d’ailleurs la note de 2,87 sur 10, un peu plus que le premier secrétaire de Podemos, Pablo Iglesias (2,54).

Si l’actuel chef de l’exécutif a longtemps profité de la médiocrité de ses principaux compétiteurs au palais de La Moncloa (résidence officielle du président du gouvernement espagnol, à Madrid), il est de plus en plus contesté, notamment sur sa gestion du défi séparatiste catalan, au profit de Citoyens (C’s), formation apparemment plus intraitable en la matière. Son président, Albert Rivera, obtient d’ailleurs la meilleure note de la part des personnes sondées (4/10), juste devant le député valencien Joan Baldoví (Engagement), la représentante canarienne Ana Oramas (Coalition canarienne) et le premier secrétaire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sánchez.

Par ailleurs, 55 % des citoyens consultés estiment que la gestion du gouvernement par le PP est mauvaise ou très mauvaise (et 32,1 % la pensent à peine correcte). Toutefois, le PSOE ne sort pas mieux loti de ce sondage réalisé du 2 au 14 janvier derniers, puisque 89,5 % des Espagnols interrogés affirment que ce parti n’a pas une gestion bien meilleure en tant que principale formation d’opposition.

Source : https://www.elespanol.com/espana/politica/20180205/espanoles-poca-ninguna-confianza-rajoy-cis/282722161_0.html

Dissensions au sein de la coalition Unidos Podemos entre la Gauche unie et Podemos

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Le coordinateur fédéral de la Gauche unie (IU), Alberto Garzón (au centre), en compagnie du premier secrétaire de Podemos, Pablo Iglesias (debout à droite) et de l’une des figures de proue de ce parti, Íñigo Errejón, au Congrès des députés, à Madrid (photographie : EFE et Libertad Digital)

L’échec cuisant de la « confluence » régionale de Podemos, En Comú-Podem, lors des élections catalanes du 21 décembre 2017 a approfondi le malaise au sein de la formation mais aussi au sein de la coalition qu’elle constitue au niveau national avec le parti Gauche unie (IU), Unidos Podemos, qui comprend notamment le Parti communiste espagnol (PCE). Ce jeudi 11 novembre, le coordinateur fédéral d’IU, Alberto Garzón, a révélé quelques éléments d’un rapport qu’il compte présenter au bureau politique de son parti et dans lequel il exprime son inquiétude face à l’érosion électorale d’Unidos Podemos.

Il a d’ailleurs clairement lancé un ultimatum à la formation de Pablo Iglesias, lui laissant trois mois pour rectifier le tir et lui communiquer sa volonté ou son refus de participer en coalition aux élections municipales et régionales prévues pour 2019. Il demande également de préciser, les cas échéant, les modalités d’une telle coalition. La porte-parole adjointe d’Unidos Podemos au Congrès des députés, Ione Belarra, a pour le moment adressé une fin de non recevoir à Alberto Garzón, dont le parti est visiblement le dindon de la farce de la politique menée par la formation de Pablo Iglesias.

Source : http://www.libertaddigital.com/espana/2018-01-11/garzon-critica-la-estrategia-de-iglesias-en-cataluna-y-da-un-plazo-de-tres-meses-para-reeditar-las-confluencias-1276611931/

Le roi Philippe VI, personnalité espagnole la mieux notée dans le cadre de la gestion de la crise catalane selon un sondage

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Le roi Philippe VI (à gauche) en compagnie du président du parti Citoyens (C’s), Albert Rivera, au palais de La Zarzuela, à Madrid (photographie : EFE et OK Diario)

Selon un sondage réalisé par l’institut SocioMétrica du 22 au 29 décembre 2017 pour le journal El Español, le roi Philippe VI, le président du parti Citoyens (C’s), Albert Rivera, et la tête de file de cette formation en Catalogne, Inés Arrimadas, sont les trois personnalités espagnoles les mieux notées pour leur gestion de la crise catalane par les personnes interrogées. Concrètement, le monarque obtient une note de 6,3 sur 10, tandis que Rivera atteint 5,8 et Arrimadas, 5,1. Tous les autres responsables politiques proposés dans le cadre de cette enquête sont en-dessous de la moyenne : le premier secrétaire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sánchez, culmine à 4,1 ; le président du gouvernement, Mariano Rajoy (Parti populaire), ne dépasse pas 3,7 ; le premier secrétaire de Podemos, Pablo Iglesias, en est à 2 ; l’ancien vice-président de la Généralité de Catalogne et ancien conseiller régional à l’Économie et aux Finances, Oriol Junqueras, atteint 1,3 ; et l’ancien président de la Généralité, Carles Puigdemont, en est à 0,6.

Ce sondage corrobore d’autres études du même genre puisque, toujours selon un sondage d’El Español, 84 % des personnes interrogées ont approuvé le contenu de l’allocution télévisée de Philippe VI du 24 décembre dernier. Par ailleurs, les élections régionales anticipées en Catalogne du 21 décembre 2017 ont aussi donné les meilleurs résultats au parti Citoyens. Enfin, notons qu’un sondage précédent montrait la façon dont les Espagnols saluaient l’action de Philippe VI dans le cadre du défi séparatiste catalan. D’après El Español, 58 % des personnes sondées estiment que la situation en Catalogne devrait empirer au cours de l’année 2018 et seuls 5 % pensent qu’elle va s’améliorer. 43 % d’entre eux désapprouvent par ailleurs la date très précoce choisie par Mariano Rajoy pour organiser les élections catalanes de l’année dernière.

Source : https://www.elespanol.com/espana/20180106/felipe-vi-rivera-arrimadas-valorados-gestion-catalana/274973151_0.html

« Élections régionales catalanes de 2017 – Un coup d’épée dans l’eau »

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La tête de liste du parti Citoyens (C’s) lors des dernières élections régionales catalanes, Inés Arrimadas (photographie : Álvaro Sánchez, EFE et AS)

Cet article rédigé par les soins de votre serviteur et publié le 23 décembre sur le site du Cercle Aristote livre les principales clefs de compréhension des dernières élections régionales catalanes, qui se sont déroulées le jeudi 21 décembre : http://cerclearistote.com/elections-regionales-catalanes-de-2017-un-coup-depee-dans-leau-par-nicolas-klein/

Podemos veut présenter un recours en inconstitutionnalité contre l’application de l’article 155 en Catalogne

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Le premier secrétaire de Podemos, Pablo Iglesias (photographie : EFE et ABC)

Jamais avare de décisions et de déclarations clairement opposées au maintien de l’unité nationale espagnole, le mouvement de « gauche radicale » Podemos s’était déjà montré défavorable à l’application de l’article 155 de la Constitution espagnole (qui prévoit la suspension temporaire de l’autonomie d’une région) en Catalogne. Ce jeudi 30 novembre, le parti a franchi un nouveau palier en affirmant qu’il présenterait auprès de la Cour constitutionnelle espagnole un recours en inconstitutionnalité concernant cette décision du Sénat et du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (Parti populaire). Outre le fait qu’il s’agit d’une déclaration de guerre supplémentaire à l’égard de l’ensemble de l’Espagne, cette décision, qui doit encore être concrétisée, montre aussi que Podemos s’enferre dans une stratégie qui s’avère perdante jusqu’à présent : accepter de laisser filer des voix dans quasiment toute l’Espagne pour se consolider dans l’un de ses bastions les plus prolifiques, à savoir la Catalogne. Or, non seulement les derniers sondages nationaux montrent une lourde chute de la formation mais même les enquêtes d’opinion réalisées pour les élections catalanes anticipées du 21 décembre prochain semblent indiquer que la liste soutenue par Podemos perdra des sièges par rapport au scrutin de septembre 2015.

Par ailleurs, rien ne dit que la Cour constitutionnelle espagnole pourra effectivement accepter ce recours. L’article 27 de la loi organique de ce tribunal signale quels sont les textes susceptibles de faire l’objet d’un tel examen : les statuts d’autonomie des régions, les lois organiques, les lois ordinaires, les dispositions normatives et autres actes d’État ayant rang de loi, les traités internationaux, le règlement des chambres législatives nationales ou régionales et les lois et autres actes ayant un tel rang au niveau des communautés autonomes. L’accord du Sénat concernant l’application de l’article 155 de la Constitution n’entre donc a priori pas dans cette liste. Il faudra cependant attendre la décision de la Cour constitutionnelle à ce sujet.

Mais il y a plus intéressant encore. Cette annonce de Pablo Iglesias, premier secrétaire de Podemos, résonne comme un blanc-seing donné à Xavier Domènech, premier représentant de Podemos au niveau catalan, et au maire de Barcelone, Ada Colau. Cette tactique électorale a déjà été très critiquée en interne (notamment par l’un des membres historiques de la formation, Carolina Bescansa, qui a été « purgée » pour cette raison) et les atermoiements de la « gauche radicale » espagnole concernant l’indépendantisme catalan ont provoqué des fractures au sein du parti. Désormais, les principaux responsables de Podemos craignent qu’un rapprochement supplémentaire entre la formation et les séparatistes ne constitue le coup de grâce au niveau national.

Sources : http://www.abc.es/espana/abci-miedo-podemos-hundir-voto-resto-espana-tras-recurrir-aplicacion-155-201712010214_noticia.html et http://www.abc.es/espana/abci-recurso-ante-genera-dudas-201712010305_noticia.html

Dernières conférences et parution de mes premiers ouvrages

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Un drapeau espagnol et un drapeau catalan se mêlent lors d’une manifestation unioniste à Barcelone, en 2013 (photographie : El Mundo)

Votre serviteur a prononcé au mois d’octobre plusieurs conférences, dont l’une pour présenter son premier ouvrage, intitulé Rupture de ban – L’Espagne face à la crise (23 octobre, Cercle Aristote, Paris) : https://youtu.be/igpW7Y314fg. Cette conférence a d’ailleurs été mise en ligne en version audio par le très bon site Ekouter.net : http://ekouter.net/l-espagne-en-crise-avec-nicolas-klein-au-cercle-aristote-3379

Deux jours plus tard, j’étais l’invité du Club du Mercredi de Nancy pour m’exprimer sur le défi séparatiste catalan : https://youtu.be/RxDRLH4yIr8.

J’ai également sorti au cours du mois d’octobre la traduction de deux ouvrages de l’arabisant espagnol Serafín Fanjul, réunis en un seul volume intitulé Al-Andalus, l’invention d’un mythe (éditions de L’Artilleur) et consacrés à cette page de l’histoire espagnole.