Crise diplomatique hispano-américaine autour de l’Iran

La frégate espagnole Méndez-Núñez (au centre), en compagnie du groupe de combat américain commandé par le porte-avions Abraham-Lincoln (photographie : Jeremiah Bartelt, AFP et El País)

Dans le cadre de tensions diplomatiques croissantes avec l’Iran, les États-Unis d’Amérique ont dépêché dans le golfe Persique un groupe de combat naval dirigé par le porte-avions Abraham-Lincoln et dont faisait partie jusqu’à il y a peu l’un des plus importants navires espagnols, la frégate Méndez-Núñez. Le gouvernement de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol) a toutefois décidé de retirer ce bâtiment de la flottille américaine pour l’envoyer à Bombay (Inde), marquant ainsi son refus (intelligent) de participer à une escalade des tensions dans la région.

Cette décision, communiquée par la ministre de la Défense, Margarita Robles (PSOE), a été très mal reçue à Washington, même si aucune plainte officielle n’a été transmise au gouvernement de Madrid. De telles tensions rappellent celles qui avaient éclaté entre le président américain George W. Bush et le président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero lorsque ce dernier avait engagé, en 2004, le retrait des soldats espagnols basés en Irak. Les conséquences d’un tel désaccord sont pour le moment difficiles à évaluer même si l’entreprise publique espagnole de construction navale Navantia craint pour le contrat concernant une vingtaine de navires que souhaitent acheter les États-Unis.

Sources : https://elpais.com/politica/2019/05/14/actualidad/1557856419_574691.html et https://www.larazon.es/espana/crisis-de-la-fragata-navantia-pendiente-de-un-contrato-de-16400-millones-de-euros-FG23348638?fbclid=IwAR2U8UHcvDCryiDb_rtq6lvj2PWGfwZV-AJgvwhpNLopRaNHJ8wgfJGuBkM

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Le théâtre de Federico García Lorca triomphe en Iran

Un extrait d’une représentation de La Maison de Bernarda Alba au théâtre Vahdat de Téhéran, en Iran (photographie : El Mundo)

C’est dans une version traduite en farsi par l’un des plus célèbres poètes iraniens contemporains, Ahmad Shamlu (1925-2000), que la célèbre pièce de théâtre de l’écrivain espagnol Federico García Lorca (1898-1936) La Maison de Bernarda Alba triomphe actuellement en Iran, où elle est représentée à guichets fermés dans une mise en scène d’Ali Rafiei (né en 1938 à Ispahan), grande figure de la scène dans son pays.

Plus globalement, c’est toute l’œuvre de García Lorca (notamment son œuvre théâtrale), qui est très appréciée de la société iranienne. Dans un pays où la morale islamique est la base de la vie quotidienne et des institutions, l’honneur de la famille, la réclusion des femmes et l’importance donnée à l’apparence sont autant de thèmes exploités par l’écrivain andalou qui séduisent un public nombreux.

Source : https://www.elmundo.es/cultura/teatro/2019/01/04/5c2e50c5fc6c832e668b45ae.html

Les films « El reino » et « Campeones », favoris pour les Goya 2019

Les acteurs espagnols Antonio de la Torre (à gauche) et Nacho Fresneda dans le rôle qu’ils campent dans le long métrage « El reino » (photographie : El Mundo)

Le 2 février 2019 se déroulera à Madrid la cérémonie des Goya, qui récompense le meilleur du cinéma espagnol, et les productions choisies dans les différentes catégories ont été révélées ce mercredi 12 décembre. Parmi les grands favoris et les films qui ont été les plus retenus par l’Académie des Arts et des Sciences cinématographiques (AACCE), l’on peut citer en premier lieu El reino (littéralement, Le Royaume), long métrage de Rodrigo Sorogoyen traitant de la corruption dans les communautés autonomes espagnoles. Cette production a été nommée 13 fois en tout et pour tout.

Il est suivi par la comédie Campeones (littéralement, Champions), réalisée par Javier Fesser, qui nous montre les aventures d’une équipe de basketball formée par des personnes atteintes d’un handicap mental, avec 11 nominations. Avec 8 nominations, l’on retrouve le long métrage Carmen y Lola (littéralement, Carmen et Lola), de la réalisatrice Arantxa Echevarría, et Everybody knows (Todos lo saben, en version originale), du cinéaste iranien Asghar Farhadi. Reste le cas d’Entre dos aguas (littéralement, Entre deux eaux), d’Isaki Lacuesta, qui a reçu la Conque d’Or au Festival de Saint-Sébastien (province de Guipuscoa, Pays basque) cette année. Ce film est nommé dans les deux catégories reines : meilleur long métrage et meilleur réalisateur.

Source : https://www.elmundo.es/cultura/cine/2018/12/12/5c10e1edfc6c83df338b4705.html

Le Canadien Philippe Lesage remporte l’Épi d’Or de la Semaine internationale du Cinéma de Valladolid

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La reine Letizia (au centre) en compagnie des autorités et représentants de la Semaine internationale du Cinéma de Valladolid, en Castille-et-León (photographie : Maison de Sa Majesté le Roi)

La Semaine internationale du Cinéma de Valladolid (Castille-et-León), qui tenait sa soixante-troisième édition à la fin du mois d’octobre, a reçu de façon exceptionnelle la reine d’Espagne, Letizia, qui a assisté à la projection d’un classique du cinéma muet, Monte là-dessus !, film américain de 1923. Par ailleurs, son palmarès est tombé le dimanche 27 octobre, avec l’Épi d’Or (Espiga de Oro, en espagnol), sa récompense suprême, décerné au réalisateur canadien Philippe Lesage pour son long métrage Genèse.

La deuxième plus haute récompense du festival, l’Épi d’Argent (Espiga de Plata), a été remportée pour sa part par la réalisatrice irano-américaine Desiree Akhavan pour le film Come as your are. Le titre de meilleur acteur est revenu au Canadien Théodore Pellerin pour son rôle dans Genèse et celui de la meilleure actrice à l’Islandaise Halldóra Geirharðsdóttir pour son interprétation de Halla dans le long métrage Woman at war. Philippe Lesage a de son côté également raflé le prix du meilleur réalisateur.

Source : https://www.elmundo.es/cultura/cine/2018/10/27/5bd445b2e2704eb4af8b4623.html

Madrid, grande capitale espagnole et mondiale du spectacle musical

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Une représentation de la comédie musicale américaine West Side Story sur une scène madrilène (photographie : Javier Nadal et ABC)

Madrid est à l’heure actuelle (et ce depuis plusieurs décennies) la grande capitale espagnole du spectacle musical et la troisième ville au monde pour le nombre de représentations de ce type derrière New York (États-Unis d’Amérique) et Londres (Royaume-Uni). La Gran Vía se place ainsi derrière Broadway et le West End, ce que peu de Français savent. Si les Espagnols sont très friands de comédies musicales et des nombreux titres variés proposés dans leur capitale, les touristes étrangers s’y mettent eux aussi de plus en plus.

Environ 22 % des spectateurs de comédies musicales à Madrid viennent de l’étranger ou d’une autre communauté autonome. Outre Le Médecin d’Ispahan, spectacle à gros budget, l’on retrouve d’autres productions à succès comme Anastasia, qui nous transporte dans la Russie impériale au théâtre Coliseum, ou encore Le Roi lion, qui fait voyager les spectateurs du théâtre Lope-de-Vega en Afrique. Madrid compte chaque année entre 3 et 3,3 millions de spectateurs pour ces comédies musicales.

Source : https://www.abc.es/espana/madrid/abci-madrid-capital-musicales-espanol-22-por-ciento-espectadores-turistas-201810210103_noticia.html#ns_campaign=rrss-inducido&ns_mchannel=abc-es&ns_source=tw&ns_linkname=noticia-foto&ns_fee=0

« Le Médecin d’Ispahan », plus grosse comédie musicale jamais produite en Espagne

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Des comédiens en costume dans le décor de la comédie musicale Le Médecin d’Ispahan (photographie : El Mundo)

Adaptée du roman éponyme du romancier américain Noah Gordon (né en 1926), publié en 1986, la comédie musicale Le Médecin d’Ispahan (produite sous le nom espagnol El médico) est le plus gros spectacle de ce type jamais produit sur le sol espagnol. Relatant le voyage d’un jeune chirurgien de Londres (Royaume-Uni) à l’antique Perse (actuel Iran) au XIXe siècle, ce roman avait déjà été porté sur grand écran en 2013 par le Britannique Ben Kingsley et son compatriote Tom Payne et il fait aujourd’hui l’objet d’une superproduction ibérique qui dispose de l’assentiment de Noah Gordon lui-même.

Avec 40 acteurs, des costumes d’une grande beauté et des décors somptueux, El Médico a été créé au théâtre Nuevo Apolo de Madrid grâce à l’ouvrage, entre autres, du compositeur espagnol Iván Macías. La mise en scène est due à son concitoyen José Luis Sixto et le tout a coûté environ 4 millions d’euros, soit la plus grosse somme jamais investie dans un spectacle musical produit outre-Pyrénées.

Source : https://www.elmundo.es/metropoli/teatro/2018/10/18/5bc8651cca474166258b45aa.html

Le film « Campeones » tentera de représenter l’Espagne aux Oscar 2019

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Un extrait du long métrage espagnol Campeones (photographie : El País)

Alors qu’il a remporté un immense succès populaire ces derniers mois, le long métrage Campeones (littéralement, Champions), du réalisateur espagnol Javier Fesser, tentera de représenter l’Espagne lors de l’édition 2019 des Oscar, dans la catégorie du meilleur film étranger (en dehors des longs métrages de langue anglaise).

L’Académie des Arts et des Sciences cinématographiques de notre voisin ibérique a choisi ce film sur une présélection de trois longs métrages, les deux autres étant Everybody knows, du réalisateur iranien Asghar Farhadi (financé par l’Espagne et avec bon nombre d’acteurs espagnols, dont Penélope Cruz et Javier Bardem) ; et Handia, des réalisateurs basques Aitor Arregi et Jon Garaño.

Source : https://elpais.com/cultura/2018/09/06/actualidad/1536189970_877421.html

Les transporteurs portugais font leur plein en Espagne

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Un camionneur portugais sur une aire de repos (photographie : El Economista)

La récente augmentation du prix du baril de pétrole suite aux tensions entre les États-Unis d’Amérique et l’Iran a touché tous les pays du monde, y compris les nations développées, et le Portugal en fait particulièrement les frais puisque l’or noir y est plus taxé qu’en Espagne. C’est ce qui explique qu’au cours des dernières semaines, les grandes entreprises de transport par poids lourds du Portugal aient choisi de faire faire le plein de leur camion de l’autre côté de la frontière car elles peuvent économiser entre 150 et 180 euros par achat en Espagne.

Le diésel coûte en moyenne entre 1,35 et 1,40 euro le litre au Portugal, soit vingt centimes de plus qu’outre-Pyrénées et, de façon générale, le Portugal est le pays où le combustible coûte le plus cher même avant l’ajout de taxes. C’est ainsi que certaines zones d’Espagne, comme la province de Salamanque (Castille-et-León), sont « prises d’assaut » par les camionneurs portugais qui viennent y remplir le réservoir de leur véhicule.

Source : http://www.eleconomista.es/energia/noticias/9168001/05/18/Exodo-de-camioneros-portugueses-para-respostar-en-Espana-se-ahorran-hasta-180-euros-por-deposito.html

Des facteurs extérieurs menacent la croissance espagnole

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La grande raffinerie de l’entreprise pétrolière espagnole Repsol à Puertollano, dans la province Ciudad Real, en Castille-La Manche (photographie : Twitter)

Après plusieurs années de forte croissance du produit intérieur brut qui ont permis à l’Espagne de surmonter au moins partiellement la crise économique de 2008, des facteurs extérieurs menacent désormais le potentiel d’expansion de l’économie de notre voisin ibérique. La première de ces menaces est probablement celle du pétrole brut, puisque le prix du baril devrait augmenter cette année. Cette augmentation de 55 à 65 dollars environ devrait coûter à l’Espagne, selon le ministre de l’Économie, de l’Industrie et de la Compétitivité, Román Escolano (Parti populaire), environ 5,5 milliards de dollars en 2018 en raison des actuelles tensions entre les États-Unis d’Amérique et l’Iran, sachant que notre voisin pyrénéen importe chaque année 450 millions de barils de pétrole.

L’Espagne importe de façon générale 73 % de son énergie primaire, dont 43 % de pétrole, et toute secousse dans le prix de cette matière première peut entraîner pour elle jusqu’à une perte de 0,5 % du PIB. Par ailleurs, à court terme, la Banque centrale européenne (BCE) devrait normaliser sa politique monétaire et progressivement cesser d’émettre autant d’argent. Or, cette « planche à billets » dénoncée par certains avait grandement aidé les pays « périphériques » de la zone euro (Espagne, Italie, Grèce, Portugal, Irlande) à se sortir de l’ornière après la crise économique de 2008. Par ailleurs, des analystes estiment que la reprise du tourisme dans des destinations comme l’Égypte, la Tunisie ou la Turquie pourrait également miner une source de revenus importante pour le pays.

Sources : https://elpais.com/economia/2018/05/10/actualidad/1525979555_586174.html et http://www.elmundo.es/economia/macroeconomia/2018/05/11/5af49231468aeb894b8b46b6.html

L’architecte espagnol Rafael Moneo est l’un des nouveaux lauréats du Praemium Imperiale

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Le « cube de Moneo », agrandissement du musée du Prado dû à l’architecte espagnol Rafael Moneo (photographie : Mi propuesta)

Créé en 1989, le Praemium Imperiale constitue la principale récompense délivrée par l’Empire du Japon à un représentant de la musique, de la peinture, de l’architecture, de la sculpture et des arts de la scène après plusieurs années ou décennies d’une carrière prolifique. La famille impériale japonaise remet ainsi chaque année ce prix à une personne s’étant distinguée dans chacune de ces disciplines. Plusieurs citoyens espagnols l’ont déjà reçu comme le peintre Antoni Tàpies (1923-2012) en 1990, le sculpteur Eduardo Chillida (1924-2002) en 1991 ou le ténor Plácido Domingo (né en 1941) en 2013.

Cette année, dans la catégorie architecture, c’est un autre Espagnol qui a été récompensé : Rafael Moneo, né en 1937 à Tudela, en Navarre. Il recevra son prix le 18 octobre prochain à Tokyo aux côtés de l’artiste peintre iranienne Shirin Neshat, du sculpteur ghanéen El Anatsui, du musicien sénégalais Youssou N’Dour et du danseur, chorégraphe et acteur letton Mikhaïl Barychnikov.

Au fil des décennies, Rafael Moneo s’est imposé comme l’une des références de l’architecture espagnole avec des réalisations de première importance dans le monde des arts, de la culture ou du transport, comme le Musée national d’Art romain de Mérida (Estrémadure), l’agrandissement de la gare d’Atocha ou l’extension du musée du Prado, à Madrid.

Source : http://thediplomatinspain.com/rafael-moneo-galardonado-con-el-principal-premio-de-las-artes-de-japon/