Mariano Rajoy va-t-il devoir passer la main au sein du Parti populaire ?

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (Parti populaire, à droite), en compagnie du président de la Junte de Galice, Alberto Núñez Feijóo (PP) – Photographie : Salvador Sas, EFE et El Periódico

L’actuel président conservateur du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (Parti populaire), a résisté à bien des crises et a remporté les élections générales de 2015 et 2016, parvenant contre toute attente à rester à La Moncloa. Ce survivant tranquille est toutefois confronté à l’heure actuelle à une crise politique sans précédent. La reprise économique espagnole, qui s’est matérialisée à partir de 2014, ne semble plus suffire alors que le PP est très affaibli par de nombreux scandales de corruption, que le chef de l’exécutif lui-même a dû témoigner dans une affaire qui touche sa formation, que l’essor du parti Citoyens (C’s) dans les sondages semble imparable et que la gestion de la crise catalane par le gouvernement est très critiquée.

Il ne s’agit pour le moment que de rumeurs mais elles sont insistantes : le président de C’s, Albert Rivera, et le premier secrétaire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sánchez, en sont persuadés, ils n’auront pas à affronter Mariano Rajoy lors des prochaines élections générales, prévues pour le premier semestre de l’année 2020. Seul le président du gouvernement, tout-puissant au sein du PP, aura réellement la faculté de décider s’il se retire et quel successeur il se choisira. Toutefois, la difficulté à faire passer le budget national pour l’année 2018 au Congrès des députés (chambre basse des Cortes, le Parlement espagnol), le sentiment généralisé de paralysie législative et les mauvais résultats lors des élections régionales catalanes anticipées du 21 décembre dernier semblent devoir lui forcer la main.

Même au sein du Parti populaire, de plus en plus de voix s’élèvent en prévision du long cycle électoral qui commencera en 2019. Cinq personnalités apparaissent en favorite pour remplacer Mariano Rajoy : María Dolores de Cospedal, actuelle ministre de la Défense et secrétaire générale du PP ; Soraya Sáenz de Santamaría, vice-présidente du gouvernement, ministre de la Présidence et des Administrations territoriales, qui devra toutefois faire taire ceux qui la critiquent pour sa gestion de la crise séparatiste catalane ; le président de la Junte de Galice, Alberto Núñez Feijóo ; la présidente du Congrès des députés, Ana Pastor ; et la présidente de la Communauté de Madrid, Cristina Cifuentes, qui est toutefois empêtrée ces dernières semaines dans un scandale concernant son cursus universitaire.

Sources : https://politica.elpais.com/politica/2018/03/29/actualidad/1522338324_254109.html, https://politica.elpais.com/politica/2018/04/01/actualidad/1522568557_898897.html et http://www.elmundo.es/espana/2018/04/01/5abfe472ca474193038b45d6.html

Depuis 2011, seuls trois ministres de Mariano Rajoy sont restés en poste

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Le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy (Parti populaire), le vendredi 9 mars 2018, devant le palais de La Moncloa, à Madrid (photographie : EFE et ABC)

Alors que l’ancien ministre de l’Économie, de l’Industrie et de la Compétitivité, Luis de Guindos (Parti populaire), a été formellement remplacé par Román Escolano le 8 mars dernier suite à son départ pour la vice-présidence de la Banque centrale européenne (BCE), les médias espagnols ont constaté que l’exécutif de notre voisin ibérique avait considérablement changé depuis l’élection de Mariano Rajoy à la Présidence du gouvernement, en décembre 2011. Concrètement, seuls trois des ministres qu’il avait nommés dans son premier cabinet sont encore en exercice aujourd’hui : la vice-présidente du gouvernement, ministre de la Présidence et des Administrations territoriales, Soraya Sáenz de Santamaría ; le ministre des Finances et de la Fonction publique, Cristóbal Montoro ; et la ministre de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Fátima Báñez.

Les remaniements ministériels n’ont pourtant pas été légion durant l’ère Rajoy car ce dernier a toujours préféré les changements au compte-gouttes aux grands chambardements. L’ancien ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Environnement, Miguel Arias Cañete, est parti en 2014 après avoir été nommé commissaire européen au Climat et à l’Énergie et il a été remplacé à ce poste par Isabel García Tejerina. Le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardón a abandonné son poste en 2014 après avoir été désavoué par Mariano Rajoy et son remplaçant n’est autre que Rafael Catalá. En 2016, José Manuel Soria, alors ministre de l’Industrie, de l’Énergie et du Tourisme, a préféré démissionner alors que son nom était cité dans le scandale dit des Panama Papers. En 2015, c’est le ministre de l’Éducation, de la Culture et du Sport de l’époque, José Ignacio Wert, qui a quitté l’exécutif face à sa forte impopularité, et il a été remplacé par Íñigo Méndez de Vigo. En 2014, Ana Mato, alors ministre de la Santé, des Services sociaux et de l’Égalité, démissionne à son tour pour une affaire de corruption présumée. Elle est remplacée par Alfonso Alonso, lequel ne reste en poste que deux ans afin de concourir aux élections régionales basques de 2016. Il est à son tour remplacé par Dolors Montserrat.

Lors du remaniement consécutif aux élections générales du 26 juin 2016, José Manuel García-Margallo perd son poste de ministre des Affaires étrangères et de la Coopération au profit d’Alfonso Dastis. De son côté, le ministre de la Défense, Pedro Morenés, laisse son maroquin à María Dolores de Cospedal. Le Ministère de l’Intérieur voit Juan Ignacio Zoido se substituer à Jorge Fernández Díaz. Enfin, suite à son élection à la Présidence du Congrès des députés (chambre basse des Cortes, le Parlement espagnol), Ana Pastor quitte le Ministère de l’Équipement, qui échoit alors à Íñigo de la Serna.

Source : http://www.abc.es/espana/abci-santamaria-montoro-y-banez-unicos-supervivientes-rajoy-201803091131_noticia.html

Le parti Citoyens connaît un grand essor ces derniers mois

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Le président du parti Citoyens, Albert Rivera, lors d’une émission de télévision (photographie : El Economista)

Porté par le défi séparatiste catalan et l’intensification du débat autour du modèle territorial espagnol, le parti centriste et libéral Citoyens (Ciudadanos, en espagnol) connaît ces derniers mois un véritable essor. Ce sont en premier lieu les enquêtes d’opinion qui le placent désormais en troisième position en cas de nouvelles élections générales – certains instituts, comme SocioMétrica, allant jusqu’à lui accorder 20,6 % des suffrages exprimés et 70 sièges au Congrès des députés (chambre basse des Cortes, le Parlement espagnol). Il faut dire que dans le grand mouvement de nombreux électeurs espagnols vers des positions plus fermes concernant le traitement de l’indépendantisme catalan, la formation dirigée par Albert Rivera apparaît comme la plus cohérente et la plus intraitable. Fondé en 2006 à Barcelone sous le nom de Ciutadans de Catalunya, ce parti a en effet toujours fait de l’anti-sécessionnisme l’un de ses chevaux de bataille.

Aux élections générales de décembre 2015, le parti remporte 40 députés mais il chute à 32 sièges lors du scrutin anticipé de juin 2016. D’aucuns pensent que l’heure d’Albert Rivera et des siens est enfin arrivée, même s’il faut évidemment se méfier des sondages électoraux. Quoi qu’il en soit, c’est aussi le nombre d’adhérents du parti qui augmente grandement depuis le mois de septembre : 18 %, soit 22 000 membres en tout et pour tout. Selon le Secrétariat à l’Organisation de la formation, c’est en Catalogne que le nombre d’adhérents a le plus augmenté durant la même période (+32 %). La Communauté de Madrid, l’Andalousie et la Catalogne sont certes les communautés autonomes où Citoyens séduit le plus, mais elles sont désormais rejointes par la Région de Murcie, les îles Canaries et les îles Baléares.

Source : http://www.eleconomista.es/politica-eleconomista/noticias/8770607/11/17/Ciudadanos-aumenta-un-18-sus-afiliados-desde-septiembre-y-registra-la-mayor-subida-en-Cataluna-un-32.html

L’objectif des trois millions de voitures construites en Espagne ne sera sans doute pas atteint à la fin de l’année

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L’usine automobile de la marque Volkswagen située en Navarre (photographie : Cinco Días)

Au cours de l’été 2017, l’Association espagnole des Fabricants d’Automobiles et de Camions (ANFAC) s’était fondée sur les très bons chiffres du secteur automobile national enregistrés depuis le mois de janvier pour affirmer que le pays atteindrait sans nul doute les trois millions de véhicules construits à la fin de l’année. Ce mardi 14 novembre, cependant, le vice-président exécutif de l’institution, Mario Armero, s’est montré plus pessimiste, expliquant que cet objectif fixé il y a cinq ans serait probablement repoussé d’une année. Lors d’une conférence prononcée dans le cadre de la trente-deuxième Rencontre de l’Automobile, organisée à Barcelone par l’Institut supérieur d’Études de Commerce et le cabinet d’audit néerlandais KPMG, Armero a précisé que la production automobile espagnole devrait tourner autour des 2,8 millions de véhicules assemblées au 31 décembre prochain.

Plusieurs facteurs permettent de rendre compte de ce retournement de situation défavorable, notamment la baisse des ventes de voitures aux particuliers mais aussi la crise séparatiste en Catalogne – région qui continue à fabriquer de nombreux véhicules, même si sa première place lui a été ravie en 2016 par la Castille-et-León. Mario Armero a également vanté les décisions prises par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (Parti populaire) entre 2012 et 2016 concernant le secteur automobile mais il a demandé un nouveau pacte pour ce pan capital de l’économie espagnole car les données ont, selon lui, changé depuis lors. L’absence de gouvernement en exercice durant 315 jours, entre 2015 et 2016, a également empêché l’exécutif de se préoccuper de ce secteur.

Source : https://cincodias.elpais.com/cincodias/2017/11/14/companias/1510683292_864859.html

Conseil de lecture : le blog de Carmen Álvarez Vela

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La porte des Lions du Congrès des députés, chambre basse des Cortes, le Parlement espagnol (photographie : Société espagnole de Documentation et d’Informations scientifique)

Pour nos amis et lecteurs qui seraient suffisamment versés dans la langue de Cervantes, je vous recommande ce blog tenu par l’Espagnole Carmen Álvarez Vela. Elle y invite différents intervenants pour évoquer de nombreux sujets d’actualité politique, économique, sociale, culturelle, etc. de l’Espagne, depuis les soubresauts parlementaires qui agitent le pays jusqu’aux problèmes posés par l’instruction publique ou la démographie : https://carmenalvarezvela.wordpress.com

Victoire de Pedro Sánchez aux primaires du PSOE : et maintenant ?

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Pedro Sánchez, ancien et nouveau premier secrétaire du PSOE, à l’issue de sa victoire du dimanche 21 mai (photographie : El Digital de Castilla-La Mancha)

Le suspense aura été de courte durée à l’issue des élections primaires du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) du dimanche 21 mai. Les trois candidats en lice (Pedro Sánchez, ancien premier secrétaire de la formation ; Susana Díaz, présidente de la Junte d’Andalousie ; et Patxi López, ancien président régional du Pays basque) ont en effet rapidement été départagés et c’est le premier d’entre eux qui l’a clairement emporté avec environ 50,2 % des suffrages exprimés sur une participation totale de plus de 80 % des militants socialistes. La baronne andalouse a enregistré un peu moins de 40 % des bulletins à son nom tandis que Patxi López a dû se contenter de 9,8 % des suffrages.

Le désaveu est d’autant plus cinglant pour Susana Díaz qu’elle n’est arrivée en première position que dans son fief andalou (ainsi que chez les militants socialistes expatriés en Amérique), tandis que Patxi López a triomphé dans sa propre communauté autonome. Soutenue par une grande partie de l’appareil socialiste et par les deux anciens présidents du gouvernement issus des rangs du PSOE (Felipe González et José Luis Rodríguez Zapatero), la dirigeante méridionale a donc largement perdu son pari.

En réalité, les adhérents du PSOE avaient face à eux un non choix puisque, si l’on exclut l’ancien lehendakari (qui n’avait que très peu de chances de l’emporter), ils devaient opter pour la peste ou le choléra :

  • d’un côté, le symbole du social-libéralisme antisocial et des élites socialistes ;
  • de l’autre, le symbole d’une politique prétendument sociale mais totalement trompeuse et en rupture totale avec l’idée de nation espagnole.

Pedro Sánchez a d’ailleurs été rapidement félicité par les dirigeants de Podemos (formation avec laquelle Pedro Sánchez désire s’allier depuis plusieurs années) et plusieurs personnalités séparatistes (dont il est l’allié objectif, sinon subjectif). L’abandon de l’unité nationale au sein du PSOE est total, et il convient d’en tirer des conséquences à la fois idéologiques et politique :

  • les militants de gauche ont validé ce dimanche 21 mai l’idée qu’il y avait des Espagnols plus égaux que d’autres (notamment en Catalogne et au Pays basque) et qu’une sécession régionale validée depuis Madrid était désormais envisageable ;
  • la présente législature risque d’être singulièrement écourtée puisque Pedro Sánchez est le principal tenant du no es no, position intransigeante face au Parti populaire et au gouvernement de Mariano Rajoy, ce qui pourrait entraîner une deuxième motion de censure (promue cette fois-ci par le PSOE) ou de nouvelles élections générales, avec à la clef une alliance non seulement avec Podemos mais aussi avec les séparatistes catalans (contre une promesse de référendum régional).

Les prochaines semaines et les prochains mois seront donc cruciaux en Espagne.

La purge au sein du PSOE est désormais inévitable, puisqu’il s’agit de mettre en accord la structure du parti avec ses militants. De fait, le porte-parole du groupe socialiste au Congrès des députés, Antonio Hernando, a démissionné dès dimanche soir de son poste. Il avait en effet rallié Susana Díaz et Pedro Sánchez n’avait jamais fait mystère de sa volonté de lui substituer un fidèle s’il revenait à la tête de la formation.

Sources : http://www.abc.es/espana/abci-primarias-psoe-2017-sanchez-impone-diaz-primarias-socialistas-201705212150_noticia.html, http://www.abc.es/espana/abci-dimite-antonio-hernando-como-portavoz-socialista-congreso-201705212217_noticia.html et http://www.abc.es/espana/abci-victoria-pedro-sanchez-primarias-psoe-aviva-dudas-sobre-estabilidad-legislatura-201705212244_noticia.html

Les Espagnols ont-ils plutôt une bonne opinion de leur démocratie ?

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Une citoyenne espagnole dépose son bulletin dans une urne à l’occasion des élections générales de juin 2016 (photographie : Iris Press)

La crise économique qui a débuté en 2008 a remis en cause les fondements d’une bonne partie du système politique, économique, financier et institutionnel de l’Espagne, avec l’expression du mécontentement d’une frange des citoyens espagnols. Si tout classement qui cherche à établir la qualité des différentes démocraties dans le monde est sujet à discussion et à critiques, celui récemment effectué par la revue britannique The Economist dans 167 pays peut donner matière à réflexion et permettre de relativiser au moins un peu l’idée d’une mauvaise perception de la démocratie espagnole par nos voisins pyrénéens. Il est surtout intéressant de noter que cette analyse se fonde sur les réponses des citoyens des pays concernés eux-mêmes à une série de questions.

Divisée en cinq grandes catégories (processus électoraux et pluralisme politique ; fonctionnement des administrations ; libertés civiles ; attitude de la société à l’égard de la démocratie ; moyens d’expression citoyenne), l’enquête menée à bien par The Economist donne à la démocratie espagnole une note de 8,3/10, ce qui lui permet de se classer en dix-septième position. Devant elle, l’on retrouve, dans l’ordre décroissant de note, la Norvège, l’Islande, la Suède, la Nouvelle-Zélande, le Danemark, le Canada, l’Irlande, la Suisse, la Finlande, l’Australie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Autriche, Malte et le Royaume-uni. L’Espagne se classe toutefois devant l’Italie (qui est vingt-deuxième), la France (vingt-quatrième), le Portugal (vingt-huitième) ou la Belgique (trente-cinquième), pour prendre des pays européens. Un score plutôt honorable, donc.

Source : http://www.libremercado.com/2017-03-26/el-informe-que-desmonta-las-criticas-de-podemos-a-la-democracia-espanola-1276595525/

Un nouveau sondage montre un Parti populaire singulièrement renforcé

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (à droite), en compagnie du secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias (photographie : RTVE)

Comme je le dis souvent sur ce blog, il convient de s’armer de beaucoup de prudence à l’égard des enquêtes d’opinion car elles se sont trompées à plusieurs reprises (aussi bien pour l’Espagne que pour d’autres pays) et ont souvent un biais idéologique plus ou moins manifeste. Néanmoins, un récent sondage réalisé par l’organisme NC Report (qui n’est certes pas le plus fiable) pour le journal conservateur La Razón place, en cas d’élections générales ce dimanche 19 mars, le Parti populaire (PP) en tête avec une confortable avance sur ses concurrents. Il engrangerait en effet selon cette étude 37 % des suffrages, soit 153 à 158 sièges (contre 137 à l’heure actuelle) au Congrès des députés.

Il cumulerait ainsi plus d’élus que ses deux poursuivants, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui obtiendrait 20,8 % des suffrages et 75 à 79 sièges (contre 85 aujourd’hui), et Unidos Podemos, qui passerait de 71 siège à une fourchette comprise entre 64 et 68 élus (soit 20,2 % des bulletins). Quant à la formation Citoyens, elle perdrait quatre à six sièges, avec 24 à 28 élus (contre 32 à l’heure actuelle).

Au-delà de ce ballet de chiffres auxquels on ne peut accorder qu’une confiance limitée, il faut bien voir que les deux partis censés renouveler la politique espagnole sont à la peine et perdent peu à peu leurs électeurs (surtout en faveur de l’abstention) sur les derniers mois.

Source : http://www.larazon.es/espana/el-pp-suma-21-escanos-y-cs-se-deja-ocho-tras-sus-bandazos-AG14744994

L’Espagne va-t-elle encore en passer par de nouvelles élections générales ?

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (à gauche), en compagnie du président du parti Citoyens, Albert Rivera (photographie : S. Sánchez et ABC)

 

Rien ne va plus entre le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy et le parti Citoyens d’Albert Rivera. Au-delà, beaucoup envisagent la possibilité de nouvelles élections générales, après celles de 2015 et de 2016, suite à un épisode parlementaire de ce jeudi 16 mars. Le Congrès des députés devait en effet valider un décret-loi sur le débardage, dans le cadre d’une réforme exigée par la Commission européenne. Il s’agissait pour Madrid de mettre fin à l’actuel régime des dockers, décrié par certains (notamment à droite) et défendu par d’autres (surtout à gauche), mais les modifications proposées par le gouvernement conservateur ont été rejetées par le Parlement espagnol avec 142 votes en faveur contre 175 en défaveur du texte.

C’est l’abstention du parti Citoyens, qui aurait logiquement dû défendre un tel texte de loi, qui a permis de rejeter le décret-loi, ce qui a plus que déplu au PP. Ce dernier a accusé son allié libéral de « déloyauté » et a aussi affirmé que le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui a voté contre la loi, d' »irresponsabilité ». Il faut dire que les sociaux-démocrates auraient probablement prôné l’adoption de cette loi s’ils avaient été au gouvernement, en bons élèves de l’Union européenne. La confiance, quoi qu’il en soit, semble rompue entre les conservateurs et les libéraux, et certains pensent qu’à moyen terme, Mariano Rajoy pourrait demander à Philippe VI de dissoudre les Cortes pour convoquer de nouvelles élections générales. La Commission européenne, pour sa part, n’a pas manqué de rappeler qu’en l’absence de transposition de sa directive dans le droit espagnol, notre voisin pyrénéen encourait une amende de 134 000 euros par jour…

Source : http://www.abc.es/espana/abci-rechazo-decreto-estiba-resucita-riesgo-unas-nuevas-elecciones-201703162313_noticia.html

 

Le bipartisme espagnol reprendrait-il des forces ?

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (à gauche), serre la main d’Albert Rivera, président du parti Citoyens (photographie : J. J. Guillén, EFE et La Vanguardia)

Il convient évidemment de se méfier des sondages ou, en tout cas, de prendre leurs résultats avec beaucoup de circonspection. Néanmoins, une enquête d’opinion réalisée par l’institut GAD3 pour le journal conservateur ABC et portant sur le mois de février 2017 montre un certain regain de vigueur pour le bipartisme espagnol traditionnel, composé du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, social-libéralisme) et du Parti populaire (PP, conservatisme).

Ce sondage, donc, donne 34,2 % des intentions de vote au parti de Mariano Rajoy (contre 33,03 % lors des élections de juin 2016), soit 146 députés (9 de plus qu’il y a un peu moins d’un an). Le PSOE, de son côté, remonterait un peu la pente au détriment de Podemos avec 78 sièges. C’est moins que le nombre de sièges (90) qu’il détient actuellement au Congrès des députés mais plus que ce que lui promettaient les sondages d’octobre 2016, alors qu’il traversait une grave crise interne non encore résolue. Les deux grands partis espagnols « historiques » obtiendraient donc ensemble 224 sièges sur les 350 que comporte la chambre basse des Cortes, le Parlement espagnol.

Podemos, pour sa part, obtiendrait 20,8 % des suffrages (contre 21,1 % en juin 2016), et Citoyens se stabiliserait autour de 32 sièges (avec 13,8 % des bulletins, contre 13,05 % il y a un peu moins d’un an).

Une telle enquête d’opinion implique bien entendu, si elle est conformé à la réalité, une certaine validation des orientations politiques stratégiques de Mariano Rajoy mais également un certain échec des « nouvelles formations » à conquérir le pouvoir. Albert Rivera, président du parti Citoyens, peut néanmoins s’enorgueillir d’être, selon GAD3 toujours, le dirigeant de la grande formation la plus appréciée du pays (près de 30 % d’opinions positives), juste devant le Parti populaire (27,4 %). Aucun parti politique espagnol, cependant, ne recueille une majorité d’approbations.

Sources : http://www.abc.es/espana/abci-bipartidismo-recupera-tras-primeros-acuerdos-pp-y-psoe-201702050305_noticia.html et http://www.abc.es/espana/abci-rajoy-y-rivera-doblan-rivales-valoracion-actuacion-segun-encuesta-gad3-201702050308_noticia.html