Crise diplomatique entre Madrid et Alger sur la délimitation des frontières maritimes au niveau des îles Baléares

La ministre espagnole des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, Arancha González Laya (Parti socialiste ouvrier espagnol) – Photographie : EFE et El Mundo

Après le Maroc, c’est au tour de l’Algérie de faire passer une loi sur la délimitation de ses frontières maritimes qui pénalise l’Espagne. Le gouvernement d’Alger revendique en effet des eaux territoriales s’étendant bien au-delà de ce qu’il réclamait jusqu’alors. L’extension en question entre très largement dans les eaux souveraines espagnoles, au niveau de l’archipel des Baléares, plus précisément au sein de l’île de Cabrera, qui se situe au Sud de Majorque, n’accueille pas de population permanente et présente une superficie de près de 16 kilomètres carrés.

Cette décision a été prise par l’Algérie dès 2018 mais n’a été révélée qu’en ce début d’année 2020, provoquant l’inquiétude et la colère du gouvernement régional des îles Baléares, aujourd’hui dirigée par Francina Armengol (Parti socialiste ouvrier espagnol). La ministre espagnole des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, Arancha González Laya (PSOE), a été forcée de réagir en demandant à Alger une négociation sur la question tandis que le parti Vox a réagi en présentant toute une batterie d’initiatives parlementaires visant à mieux faire respecter la souveraineté espagnole sur ses eaux territoriales.

Source : https://www.elmundo.es/espana/2020/02/20/5e4e7bfdfdddff35208b45c3.html

Crise entre Madrid et Rabat autour des eaux territoriales des îles Canaries

Une carte des zones économiques exclusives de l’Espagne, du Portugal et du Maroc (image : ABC)

Ce mercredi 22 janvier 2020, le Parlement marocain a validé une série de lois visant à faire reconnaître les droits du pays sur les eaux de l’océan Atlantique situées au large du Sahara occidental, bande de territoire que l’Organisation des Nations unies (ONU), sise à New York (États-Unis d’Amérique), n’attribue pas au Royaume chérifien mais que ce dernier revendique. Or, cette revendication d’eaux territoriales et d’une zone économique exclusive (ZEE) dans cette région entre en contradiction avec la possible extension légale des eaux territoriales espagnoles au large des îles Canaries. Le gouvernement canarien, aujourd’hui dirigé par Ángel Víctor Torres (Parti socialiste ouvrier espagnol), et la Coalition canarienne (CC) ont demandé au gouvernement central de Pedro Sánchez (PSOE) de transmettre une plainte auprès de Rabat.

Le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, s’est empressé d’expliquer à son homologue espagnole, Arancha González Laya (PSOE), que son pays ne voulait pas imposer des faits accomplis à l’Espagne et que les lois récemment votées par le Parlement du pays maghrébin étaient négociables en termes diplomatiques. Il a cependant rappelé que Rabat ne renoncerait à aucun des « droits stratégiques » qu’il estime être les siens dans la zone. Cette extension des revendications sur les eaux territoriales dans l’océan Atlantique et en mer Méditerranée touche également deux autres voisins du Maroc, à savoir la Mauritanie et l’Algérie.

Source : https://www.abc.es/espana/abci-marruecos-aprueba-ampliacion-frontera-maritima-hacia-canarias-202001222111_noticia.html

Une porte que l’on croyait disparue est découverte dans la muraille arabe de Grenade

La porte récemment découverte par les archéologues dans la muraille du XIe siècle de Grenade, en Andalousie (photographie : Fermín Rodríguez et El País)

Au sein du quartier historique de l’Albaicín, à Grenade (Andalousie), se trouve une muraille d’origine arabe construite au XIe siècle et qui est le lieu de prédilection de nombreux archéologues. Ces derniers avaient la certitude qu’existait dans ces fortifications une porte, dite « du Castro » ou d' »Hernán Román », mais ils ne l’avaient jamais trouvée jusqu’à peu et étaient même persuadés qu’elle avait été détruite au cours du temps. En réalité, elles se trouvaient cachée au sein d’un ermitage chrétien du XVIIIe siècle, consacré à saint Cécilius.

C’est à la dynastie ziride, originaire de l’actuelle Algérie, que l’on doit la construction de cet ensemble de fortifications appelée Alcazaba Cadima (littéralement, « Vieille Forteresse ») en espagnol. Les fouilles et la restauration de cette porte d’une grande valeur historique et artistique sont actuellement dirigées par l’architecte Isabel Bestué. Cette dernière a notamment expliqué à la presse que la porte du Castro était censée protéger la ville de Grenade contre de possibles attaques venues de deux collines situées en face, la colline Saint-Michel et la colline Saint-Nicolas.

Source : https://elpais.com/cultura/2019/09/11/actualidad/1568210557_615809.html

Le succès croissant des volets roulants espagnols dans le monde

D’anciens modèles de persiennes en Espagne (photographie : POA Estudios)

En dehors d’Espagne, ils ne sont guère généralisés qu’en France et au Portugal : les volets roulants (appelés persianas dans la langue de Cervantes, en référence aux anciennes persiennes) ont longtemps été considérés comme une spécificité espagnole qui ne s’adaptait bien qu’à ce pays au climat chaud et au fort taux d’ensoleillement où il fallait justement se protéger de l’astre solaire. Pourtant, ces dix dernières années, leur succès international va croissant, avec des exportations qui sont passées de 24 millions d’euros en 2008 à 36 millions d’euros en 2017.

Des entreprises comme Persax, sise à Alicante (Communauté de Valence), ou Gaviota Simbac, installée dans la même ville, ont vu leur chiffre d’affaires mondial évoluer dans des proportions de 20 % à 40 % avec des clients situés en Europe, en Amérique et en Afrique du Nord. Des pays comme le Portugal, le Brésil, le Mexique, le Chili, l’Algérie ou les Émirats arabes unis sont ainsi de plus en plus intéressés par ce produit made in Spain pour des raisons variées : sécurité, confort du sommeil, réchauffement climatique, etc. D’autres nations leurs emboitent le pas, à l’instar de la France, de l’Italie, de l’Autriche, de la Suisse ou de la Belgique.

Source : https://www.elconfidencial.com/alma-corazon-vida/2019-08-27/persianas-espanolas-conquista-mundo_2189215/

Le nombre de demandeurs d’asile explose en Espagne

Une famille d’immigrés vénézuéliens en Espagne (photographie : Sergio Valero et El Mundo)

L’instabilité internationale, qui frappe notamment le continent américain, pousse de nombreux immigrés à demander l’asile dans des pays qu’ils jugent plus sûrs, dont l’Espagne. Selon les données fournies par le Bureau de l’Asile et des Réfugiés (Oficina de Asilo y Refugio) de notre voisin ibérique, la situation a explosé cette année puisque, rien qu’au premier semestre 2019, le pays a enregistré 55 498 demandes officielles d’asile, à peine 170 de moins que sur l’ensemble de 2018. Entre 2006 et 2015, la moyenne annuelle était de 5 460 dossiers à traiter.

La liste des nationalités des demandeurs d’asile en Espagne est largement latino-américaine, puisque cinq pays de la région (Venezuela, Colombie, Nicaragua, Honduras et Salvador) représentent à eux seuls 40 826 demandes sur le total. D’habitude, l’essentiel des demandes venait d’Algérie, d’Ukraine, de Palestine et de Syrie. Il faut dire que le système des visas facilite aujourd’hui l’entrée de Latino-Américains en Espagne en comparaison des ressortissants de pays arabo-musulmans ou d’Europe de l’Est.

Source : https://www.elmundo.es/espana/2019/08/17/5d56df7bfc6c83a7748b462e.html

Le retour du phoque moine de Méditerranée est prévu en Espagne

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Le récif des Sirènes, l’un des lieux emblématiques du cap de Gata-Níjar, dans la province d’Almería, en Andalousie (photographie : Wikipedia)

Emblématique du bassin méditerranéen, le phoque moine peuplait auparavant une grande partie de cette région, notamment le long des côtes espagnoles. Il a disparu dans les années 80 de la plupart des pays qu’il habitait, notamment du littoral du cap de Gata-Níjar, dans la province d’Almería, en Andalousie. Il n’existe désormais plus que certaines colonies en Mauritanie, à Madère (Portugal), en Croatie, en Grèce et en Turquie ainsi qu’en Algérie et au Maroc. Certains individus ont été capturés au large du Cap Blanc, en Mauritanie, pour être réintroduits prochainement dans le parc naturel de Jandía, sur les côtes de l’île de Fuerteventura (îles Canaries).

Il faudra cependant, pour que cette réintroduction soit un succès, protéger l’espèce et empêcher qu’elle ne soit chassée pour sa graisse et sa viande, comme elle l’était jusque dans les années 70 au large des côtes de la province d’Alicante (Communauté de Valence). Par ailleurs, la Commission d’État du Patrimoine naturel et de la Biodiversité ainsi que la Conférence sectorielle de l’Environnement doivent encore approuver les modalités de cette réintroduction.

Source : http://www.elmundo.es/ciencia-y-salud/ciencia/2018/10/08/5bb2515ce5fdea80378b458b.html

Les demandes d’asile vénézuéliennes en Espagne continuent à augmenter

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L’ambassadeur du Venezuela en Espagne, Mario Isea (photographie : El Billuyo)

Nous en avions déjà parlé sur ce blog : la situation politique et économique que connaît le Venezuela depuis de nombreux mois pousse nombre de ses citoyens à quitter le pays, pour une nation frontalière comme la Colombie mais aussi pour l’Espagne. En 2017, notre voisin ibérique a ainsi reçu 31 120 demandes d’asile vénézuéliennes, soit le double de l’année 2016. Il s’agit, selon les données fournies par la Commission espagnole d’Aide au Réfugié, d’un record historique.

C’est ce qui a poussé l’Espagne à accepter l’année dernière près de 4,4 % des demandes d’asile de l’ensemble de l’Union européenne (contre à peine 1 % en 2016). Parmi les autres nationalités bien représentées parmi les demandeurs d’asile outre-Pyrénées, l’on retrouve les Syriens (en deuxième position), les Colombiens (en troisième position), les Ukrainiens (en quatrième position) et, enfin, les Palestiniens et les Algériens.

Source : https://www.libremercado.com/2018-06-19/el-exodo-venezolano-dispara-las-solicitudes-de-asilo-en-espana-hasta-niveles-record-1276620696/

L’Algérie veut faire de la grotte où Miguel de Cervantes a été fait captif une attraction touristique

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La grotte d’Alger où Miguel de Cervantes a été retenu prisonnier (photographie : EFE et ABC)

À la grande époque des Barbaresques, en 1575, le célèbre écrivain espagnol Miguel de Cervantes a été fait prisonnier en Algérie, dans une grotte d’Alger, aux côtés de son frère Rodrigo. Il a mis près de cinq ans à être libéré même s’il a tenté plusieurs fois de s’échapper. Cette grotte existe toujours aujourd’hui et le ministre algérien de la Culture, Azzedine Mihubi, a récemment expliqué travailler avec l’ambassade d’Espagne sur place pour en faire une attraction touristique.

Ce haut site touristique a déjà été rénové en 2006 dans le cadre d’un partenariat hispano-algérien. Elle est utilisée chaque année pour la commémoration de la mort de Miguel de Cervantes, le 23 avril, et s’étend sur une superficie de deux mille mètres carrés. Elle abrite une fontaine et un buste en marbre de l’homme de lettres

Source : http://www.abc.es/cultura/abci-argel-convierte-cervantes-atraccion-turistica-201806060129_noticia.html

Les Marocains sont de nouveau massivement tentés par l’émigration vers l’Espagne

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Un immigrant maghrébin tente de traverser le détroit de Gibraltar vers l’Espagne (photographie : sauveteurs espagnols en mer et El País)

Le phénomène, qui ne s’était plus manifesté sur les côtes espagnoles depuis des années, a redémarré au milieu de l’année 2017 : des milliers de Marocains tentent leur chance au péril de leur vie et traversent le détroit de Gibraltar vers l’Espagne, à la recherche d’une existence décente mais aussi pour échapper aux troubles sociaux ou à la répression. Selon les données fournies par l’agence de l’Union européenne (UE) pour le contrôle des migrations (FRONTEX), tout au long de l’année 2017, 22 900 personnes originaires d’Afrique du Nord ont tenté d’atteindre illégalement le littoral de notre voisin ibérique, plus du double que lors du mois de janvier 2016.

Quant au troisième trimestre de l’année dernière, il a été marqué par la tentative de traversée de 6 668 Maghrébins vers l’Espagne, dont 2 276 était des Marocains et 1 234, des Algériens. Il faut dire que les perspectives économiques, qui se sont améliorées outre-Pyrénées, ne sont pas au beau fixe au Maghreb et la vague de manifestations dans la chaîne du Rif a été sévèrement réprimée par les autorités locales et nationales. Les cités marocaines de Jerada et Kénitra ont été particulièrement touchées.

Source : https://elpais.com/internacional/2018/04/28/actualidad/1524913098_946136.html

Du plomb dans l’aile pour le nouveau gazoduc qui doit relier l’Espagne à la France ?

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Un gazoduc en construction en Espagne (photographie : Dreamstime et El Economista)

Toujours soucieuse de se désenclaver et d’être correctement reliée au reste du continent européen, l’Espagne a beaucoup misé ces dernières années sur les interconnexions énergétiques (et en particulier électriques) avec la France afin d’assurer sa sécurité en la matière mais aussi de prévoir des fournitures de substitution en cas de conflit avec la Russie, qui vend massivement du gaz à l’Union européenne. Le gaz naturel espagnol, quant à lui, vient en grande partie d’Algérie et du Qatar. Or, le nouveau projet de gazoduc franco-espagnol pourrait avoir du plomb dans l’aile suite à la diffusion d’un rapport de la Commission européenne à son sujet.

Cette dernière soutient pourtant depuis longtemps le projet Midcat (contraction de « Midi-Catalogne »), qui doit permettre de mieux connecter l’Afrique du Nord à l’Espagne et au reste de l’Europe. C’est dans ce cadre que l’entreprise italienne Terega et la firme espagnole Enagás désirent bâtir ce nouveau gazoduc qui doit approvisionner l’Union européenne en gaz de pétrole liquéfié (GPL). La Commission française de Régulation de l’Énergie (CRE) s’oppose pourtant à un tel projet, doutant comme la Commission européenne de sa rentabilité, tandis qu’Engie (principale entreprise d’adduction de gaz en France) se montre sceptique elle aussi.

Toutes ces entités affirment en effet que le réseau de gazoducs transpyrénéen actuel est déjà sous-utilisé, y compris lors des pics de consommation. Par ailleurs, plusieurs personnalités européennes (dont Xabier Benito Ziluaga, député européen de Podemos, ou l’écologiste française Michèle Rivasi) remettent aussi en cause l’initiative, redoutant qu’elle ne compromette les Accords de Paris sur le climat.

Source : http://www.eleconomista.es/materias-primas/noticias/9080267/04/18/El-gasoducto-que-pretende-conectar-Espana-y-Francia-podria-ser-una-mala-idea.html