Le formidable essor de l’exportation des services espagnols

Capture d_écran 2017-04-21 à 13.04.08
La ville d’Almería, symbole d’une Andalousie touristique et génératrice de services (photographie : Turismo en fotos)

Les exportations espagnoles ont connu ces dernières années, alors que le pays n’est pas encore complètement tiré de la crise économique de 2008, un essor tout à fait impressionnant qui a pris de court un certain nombre d’observateurs internationaux ou ibériques. Au sein de ces exportations, celles qui concernent les services se sont particulièrement distinguées et concernent de nombreux secteurs : tourisme, télécommunications, services professionnels, ingénierie, services informatiques, etc.

Dans une analyse publiée par l’Institut royal Elcano (groupe de réflexion sis à Madrid), Enrique Fanjul revient sur ce phénomène en rappelant qu’en 2016, l’Espagne était le onzième pays au monde en matière d’exportation de services. L’année dernière, notre voisin pyrénéen représentait 2,7 % des exportations de services au niveau mondial et avait connu une croissance de 7,6 % dans le domaine, largement au-dessus de la moyenne internationale (0,1 %). Par ailleurs, depuis 2007, l’Espagne exporte moins de services touristiques que de services d’autres natures, ce qui casse le mythe d’un pays entièrement tourné vers le soleil et l’accueil des vacanciers. Enrique Fanjul appelle toutefois l’État espagnol à davantage prêter attention à cette catégorie d’exportations, qui a traditionnellement moins concentré les regards que l’exportation de marchandises.

Source : http://www.blog.rielcano.org/auge-de-la-exportacion-de-servicios/

La grande vitesse ferroviaire espagnole fête son quart de siècle

2012-09-28_PatoSevilla
Un train à grande vitesse espagnol (AVE) en gare de Séville-Sainte-Juste (photographie : Savh)

357 millions : c’est le nombre de passagers qui ont eu recours au service du train à grande vitesse espagnol (AVE, sigle signifiant à la fois « Grande Vitesse espagnole » et « Oiseau ») depuis la mise en service de sa première ligne, entre Madrid et Séville, il y a vingt-cinq ans. Le 14 avril 1992 circulait ainsi pour la première fois ce fleuron de la technologie ibérique, à l’occasion de l’Exposition universelle qui se déroulait la même année dans la capitale andalouse. L’introduction de ce nouveau mode de transport a permis à l’Espagne d’adapter son système ferroviaire à celui en vigueur dans le reste de l’Europe occidentale, notamment en termes de largeur de voie.

Vingt-sept provinces espagnoles représentant 67 % de la population du pays sont désormais desservies d’une façon ou d’une autre par la grande vitesse ferroviaire chez notre voisin pyrénéen. Une vraie réussite qui a aussi imposé de très lourds investissements dans l’un des pays les plus élevés d’Europe (derrière la Suisse et l’Autriche) mais qui a permis à ce véhicule de circuler à une vitesse moyenne de 222 kilomètres par heure, soit mieux qu’au Japon (218 kilomètres par heure) ou en France (216 kilomètres par heure).

Alors qu’un certain nombre de voies sont toujours en construction (notamment vers la Galice, le Pays basque, l’Estrémadure et la Région de Murcie), le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a annoncé un effort budgétaire supplémentaire de l’ordre de 500 millions d’euros afin d’acheter quinze nouvelles rames de train qui se déplaceront sur ce réseau spécifique. La réussite de l’AVE se traduit également par l’obtention d’importants contrats à l’étranger dans le domaine de la grande vitesse ferroviaire et, plus largement, dans le domaine du transport par train. Le projet le plus connu qui soit mené par un consortium ibérique est probablement celui du « TGV des pèlerins », entre La Mecque et Médine. Mais l’Espagne s’est aussi positionnée dans d’autres pays, comme la Turquie (AVE entre Istanbul et Ankara, en circulation depuis 2014) ou la Russie (train Talgo entre Moscou et Berlin, en circulation depuis 2016). L’Allemagne, la Belgique ou les États-Unis d’Amérique ont eux aussi récemment placé leur confiance dans des constructeurs espagnols.

Sources : http://www.abc.es/economia/abci-espana-exporta-alta-velocidad-mundo-201704210414_noticia.html, http://www.abc.es/espana/abci-rajoy-celebra-25-anos-defensa-cohesion-espana-juntos-somos-mejores-201704211210_noticia.html, http://www.abc.es/economia/abci-tren-cambio-espana-cumple-25-anos-201704202312_noticia.html et http://www.abc.es/economia/abci-modernizar-flota-trenes-permitira-ofrecer-nuevos-destinos-201704210415_noticia.html

La ville celtibère de Numance tombait il y a 2 150 ans

Numancia_Alejo_Vera_Estaca_1880
Le tableau Numancia, du peintre Alejo Vera y Estaca (photographie : Wikipedia)

C’est sur le territoire de la commune de Garray, dans la province de Soria (Castille-et-León), que l’on peut découvrir le site archéologique de Numance, ville celtibère tombée il y a 2 150 ans aux mains des Romains après une résistance héroïque. Le siège de la cité a en effet duré onze mois. Les armées romaines étaient alors commandées par l’un de leurs meilleurs généraux, Scipion Émilien, qui avait déjà défait Carthage.

Cette importante éphéméride est célébrée comme il se doit cette année avec une série de conférences et d’activités coordonnées par l’académicien Martín Almagro Gorbea et le président du Forum Soria 21, Amalio de Marichalar. De façon plus générale, là où Jules César a conquis la Gaule en six ans, la conquête de l’Hispanie par les légions romaines a pris deux siècles, ce qui donne une bonne idée de la résistance des populations locales. Amalio de Marichalar veut faire de Numance le symbole de cette résistance et faire inscrire Numance au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les festivités de cette année seront présidées à titre symbolique par le couple royal espagnol.

Source : http://www.abc.es/cultura/abci-numancia-gesta-pasado-futuro-201704170132_noticia.html

Les Espagnols écoutent en moyenne 30 % de musique classique en plus que dans le reste du monde

manuel-de-falla
Le compositeur espagnol Manuel de Falla (1876-1946), originaire de Cadix (photographie : Clásica Córdoba)

Selon une vaste enquête réalisée par le géant suédois de la musique en ligne Spotify, les Espagnols écoutent en moyenne 30,84 % de musique classique en plus que dans le reste du monde, avec une préférence marquée pour l’Allemand Jean-Sébastien Bach et l’Italien Ludovico Einaudi. Les suivent Frédéric Chopin et Ludwig van Beethoven.

La musique classique jouit ainsi d’une santé enviable outre-Pyrénées, même si le profil moyen de ceux qui écoutent le plus de musique classique en Espagne montre un âge supérieur à trente-cinq ans, ce qui pose un problème de renouvellement des générations.

Source : http://www.elmundo.es/cultura/2017/03/29/58dbcef246163f167f8b458d.html

La Semaine sainte établit de nouveaux records touristiques en Espagne

U180992
La procession de Jésus le Nazaréen de Medinaceli, l’un des moments forts de la Semaine sainte à Madrid (photographie : Ticketea)

Comme cela avait été prévu par de nombreux organismes espagnols ou étrangers, la Semaine sainte 2017 a été, pour notre voisin pyrénéen, un excellent cru touristique et a battu des records en la matière. Le taux d’occupation des hôtels et des logements mis à disposition des visiteurs étrangers a ainsi dépassé les 90 % au niveau national. Les îles Canaries (91,2 %) et la Catalogne (89,8 %) sont en tête dans le classement régional, suivies de l’Andalousie (88,7 %) et de la Communauté de Valence (87,4 %). La Galice (76,5 %) et la Cantabrie (85,2 %) ont connu des augmentations spectaculaires de leur fréquentation hôtelière par rapport à l’année dernière. Certaines villes, comme Barcelone, Séville et Grenade, ont largement tiré leur épingle du jeu avec un taux qui dépassait là aussi les 90 %.

Le tourisme rural a bien fonctionné dans un certain nombre d’autonomies qui ont dépassé le taux d’occupation moyen de 75 % : Catalogne, Aragon, Navarre, La Rioja, Pays basque, Cantabrie, Asturies, Galice ainsi que Castille-et-León. Madrid a elle aussi connu une saison touristique exceptionnelle, à tel point que les entrepreneurs du secteur demandent désormais à la municipalité et à la communauté autonome la mise en place d’une taxe touristique afin de pouvoir réguler l’afflux de touristes, à l’image de ce qui se fait à Londres, Rome ou Paris.

Sources : http://www.elimparcial.es/noticia/176473/economia/semana-santa-de-record-turistico.html et http://www.abc.es/espana/madrid/abci-semana-santa-record-madrid-201704170114_noticia.html

Les Madrilènes vivent 84,9 ans en moyenne, un record mondial

Madrid-Palacio-Real-007-2
Le Palais royal d’Orient, à Madrid (photographie : Viajar a Madrid)

Lorsqu’ils naissent, les Madrilènes ont une espérance de vie moyenne pondérée de 84,9 ans, soit la plus forte d’Espagne et un record au niveau mondial. C’est tout du moins ce que l’on peut comprendre des dernières données divulguées par Eurostat, organisme des statistiques de l’Union européenne. En moyenne, un Espagnol vit 82,8 ans et un Européen, 79,6 ans. Chez les hommes, les Madrilènes ont ainsi une espérance de vie de 81,2 ans et chez les femmes, de 86,5 ans. Ainsi, les bouchons, le stress de la grande ville ou la pollution n’ont pas d’influence négative sur la qualité de vie des habitants de la capitale espagnole.

La Communauté de Madrid établit par ailleurs un record au niveau mondial puisque le pays qui présente la plus forte espérance de vie est le Japon, avec 83,7 ans. De plus, la capitale est aussi l’endroit d’Espagne où l’on meurt le moins souvent de maladies cardiovasculaires et de cancers. Quatre centenaires (dont trois femmes) vivent actuellement dans la région.

Source : http://www.abc.es/espana/madrid/abci-madrilenos-mas-viven-mundo-201704080112_noticia.html

L’arabisant Federico Corriente Córdoba est élu à l’Académie royale de la Langue espagnole

real-academia-espanola-RAE-madrid-01-27
L’intérieur de l’Académie royale de la Langue espagnole (photographie : Libertad Digital)

Réunie en séance plénière ce lundi 10 avril, l’Académie royale de la Langue espagnole (équivalent de notre Académie française) a élu l’arabisant Federico Corriente Córdoba pour succéder à la femme de lettres catalane Ana María Matute au siège K, vacant depuis 2014. Présentée par les académiciens Juan Gil, Miguel Sáenz et Aurora Egido, cette candidature s’est imposée à celle du dramaturge valencien José Sanchis Sinisterra.

Né à Grenade en 1940, Federico Corriente Córdoba est diplômé en philologie sémitique auprès de l’Université Complutense de Madrid et il s’est fait remarquer pour des éditions et traductions d’une grande qualité. En 1995, il est nommé à l’Académie de Langue arabe du Caire, en Égypte. Professeur d’espagnol, d’hébreux et de linguistique sémitique à l’Université Mohammed-V de Rabat de 1965 à 1968, également en poste en Espagne ou aux États-Unis d’Amérique, il rejoint ainsi la prestigieuse institution.

Cette dernière compte encore deux sièges vacants : le M, suite à la mort de Carlos Bousoño, en 2015 ; et le J, suite au décès de Francisco Nieva, en 2016.

Source : http://www.elimparcial.es/federico-corriente-cordoba-academico-rae

Décès de Carme Chacón, ancien ministre espagnol de la Défense

20090115_Ministra_Libano_02_G
Carme Chacón passant en revue les troupes espagnoles sises à la base Cervantes, au Liban (photographie : Ministère espagnol de la Défense)

Le monde politique espagnol a appris ce dimanche 9 avril le décès de Carme Chacón, survenu à l’âge de quarante-six ans, des suites d’une cardiopathie congénitale. Elle est morte à son domicile situé dans la rue Viriathe, à Madrid. L’ensemble des partis politiques a immédiatement réagi, de même que la Maison du Roi, qui a envoyé un télégramme de condoléances à Javier Fernández, président de la commission de gestion intérimaire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

Née en 1971 à Esplugas de Llobregat, dans la province de Barcelone, Carme Chacón devient conseillère municipale de cette commune pour le Parti des Socialistes catalans (PSC) en 1999. Très vite proche du future président du gouvernement, José Luis Rodríguez Zapatero, elle est élue députée au niveau national en 2000 puis devient porte-parole de la formation en 2003. Nommée ministre du Logement le 9 juillet 2007, elle devient le 14 avril 2008 ministre de la Défense, étant ainsi la première femme à occuper ce poste. Elle est alors enceinte, ce qui provoque des réticences de la part des secteurs les plus conservateurs de l’armée. En février 2012, elle affronte Alfredo Pérez Rubalcaba pour devenir premier secrétaire du PSOE mais échoue. Elle se retire de la vie politique de premier plan en juin 2016.

Source : http://www.abc.es/espana/abci-muere-carme-chacon-201704092009_noticia.html

L’Espagne veut se positionner en Asie en utilisant notamment les atouts de la monarchie

King-Felipe-Queen-Letizia-Visit-Japan-1
Le couple royal espagnol (à gauche) reçu à son arrivée au Palais impérial de Tokyo par le couple impérial japonais (photographie : Maison de Sa Majesté le Roi)

Plutôt tournée vers l’Ouest, et notamment vers le continent américain en général et l’Amérique latine en particulier, l’Espagne est encore relativement peu présente en Asie (tout particulièrement en Extrême-Orient) au regard de son poids économique et démographique. C’est justement pour tenter de positionner l’Espagne dans la région que le gouvernement de Mariano Rajoy cherche à utiliser les atouts de la monarchie, qui offre de grandes possibilités à la diplomatie de notre voisin pyrénéen. C’est pourquoi le couple royal espagnol était cette semaine en visite d’État au Japon, déplacement qui avait été prévu en 2016 mais avait dû être annulé en raison du blocage parlementaire que connaissait alors le pays. Ce voyage devait initialement inclure la Corée du Sud, mais un tel séjour n’a pas été reprogrammé en même temps que celui au Japon étant donné l’instabilité politique que traverse aujourd’hui le Pays du Matin Frais.

Le Japon est aujourd’hui le deuxième partenaire économique de l’Espagne en Asie après la Chine. Notre voisin exporte vers l’archipel des biens et services à hauteur de 2,4 milliards d’euros, tandis que les importations espagnoles depuis le Japon atteignent les 3,6 milliards d’euros. Par ailleurs, de nombreuses entreprises japonaises sont sises en péninsule Ibérique et près de 700 000 touristes nippons ont visité l’Espagne l’année dernière (ce qui en fait la troisième destination touristique favorite du Japon en Europe après l’Allemagne et la France). Les réunions qui se sont tenues durant cette visite reprogrammée ont permis de nouer des liens encore plus solides entre les deux nations mais aussi de signer tout un ensemble d’accords de diverses natures, notamment en matière culturelle et économique.

Source : http://www.elmundo.es/espana/2017/04/06/58e547f8468aeb09208b4677.html

Le séparatisme catalan se prend une fois de plus les pieds dans le tapis

777223
Le maire de la ville de León, Antonio Silván (photographie : Diario Vadiniense)

En visite aux frais de la princesse à l’université de Harvard (États-Unis d’Amérique) cette semaine, le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, a pu y vendre devant un parterre réduit de spectateurs l’image d’une région parfaitement démocratique luttant contre l’hydre dictatoriale représentée par Madrid. Il a notamment expliqué que la Catalogne avait disposé d’un Parlement inédit en Europe dès le Haut Moyen Âge, avant même le célèbre Parlement anglais.

Carles Puigdemont n’a pourtant pas de chance car sa propagande se heurte une nouvelle fois aux faits historiques établis. Des travaux de longue haleine ont en effet été menés à bien ces dernières décennies afin de mettre en valeur la tradition parlementaire castillane et, partant, espagnole. C’est en effet en 1188 que s’est tenu à l’église collégiale Saint-Isidore de León (actuelle Castille-et-León) le premier Parlement connu dans les Espagnes et le premier Parlement européen, à l’exception peut-être de l’Althing islandais. Le Parlement de León, qui a réuni des nobles, des membres du clergé et des représentants du peuple, est donc bien antérieur à n’importe quel autre assemblée parlementaire en péninsule Ibérique. C’est même l’UNESCO qui l’a reconnu en 2013, déclarant León « berceau du parlementarisme » (cuna del parlamentarismo).

Le maire de la ville, Antonio Silván (Parti populaire), ne s’est d’ailleurs pas privé de le rappeler à Carles Puigdemont dans une lettre qu’il lui a adressée dès qu’il appris les déclarations délirantes de son homologue catalan.

Source : http://www.abc.es/espana/abci-leon-ensena-historia-puigdemont-201704042042_noticia.html