La Banque d’Espagne pense que seul un cinquième des sommes investies pour sauver les caisses d’épargne régionales pourra être récupéré

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La place de Castille, à Madrid, avec les gratte-ciel de la porte d’Europe, qui abritent le siège de l’une des caisses d’épargne mises en cause en Espagne au début de la crise économique de 2008, Caja Madrid (photographie : Wikipedia)

Au début de la crise économique espagnole, en 2008-2010, la solidité du système bancaire espagnol a été mise à rude épreuve. Ce sont notamment les caisses d’épargne régionales, maillon faible du domaine, qui étaient en cause en raison de leurs difficultés de financement et de leur exposition aux crédits immobiliers que de nombreuses familles ne pouvaient rembourser. Lancé sous le second mandat de José Luis Rodríguez Zapatero (Parti socialiste ouvrier espagnol), le grand processus de fusion et d’acquisition de ces caisses d’épargne a permis d’assainir le système bancaire national mais a coûté très cher au contribuable.

Les aides publiques et privées injectées dans ces institutions atteignent en effet plus de 76 milliards d’euros et ont permis de « sauver » des entreprises comme Caja Madrid (Communauté de Madrid), Novacaixagalicia (Galice), Caja Castilla-La Mancha (Castille-La Manche) ou encore Catalunya Caixa (Catalogne). Le gouverneur de la banque d’Espagne, Luis María Linde, a toutefois révélé ce vendredi 16 juin que seul un cinquième (21,8 % pour être précis) des sommes dépensées pourraient sans doute être récupérées par l’État. Une perte sèche qui exige de s’occuper des responsabilités politiques et économiques dans cette affaire…

Source : http://www.abc.es/economia/abci-banco-espana-estima-solo-recuperable-quinta-parte-ayudas-cajas-201706161233_noticia.html

Carles Puigdemont se dédit et demande à comparaître devant le Congrès des députés

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (à droite), et le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, lors d’une réunion au palais de La Moncloa, à Madrid (photographie : La Moncloa et Libertad Digital)

Souvent le séparatisme varie, bien fol est qui s’y fie : l’on pourrait presque détourner de la sorte le vieil adage dû au roi de France François Ier pour évoquer le gouvernement séparatiste catalan, tant il change d’avis souvent et perd en crédibilité jour après jour. Le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, avait en effet été invité il y a quelque temps par le gouvernement de Mariano Rajoy à défendre son projet devant le Congrès des députés, conçu comme le cœur de la représentation et de la souveraineté du peuple espagnol.

Il avait alors rejeté cette possibilité, snobant le pouvoir central et expliquant qu’il n’avait rien à faire dans la capitale tant que Mariano Rajoy n’avait pas cédé au moindre de ses désidérata. Pourtant, ce vendredi 16 juin, Carles Puigdemont a finalement demandé à la présidente du Congrès des députés, Ana Pastor, de comparaître devant les députés pour débattre du projet de référendum indépendantiste illégal et illégitime, qui doit être organisé le 1er octobre prochain. Il faut désormais attendre la réponse de la principale intéressée.

Source : https://www.elimparcial.es/puigdemont-carles-congreso-debate-referendum

Une députée canarienne reçoit un tombereau d’insultes de la part des militants de Podemos sur les réseaux sociaux

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La seule représentante de la Coalition canarienne au Congrès des députés, Ana Oramas, lors d’une réunion publique, en pleine campagne électorale (photographie : Gomera Noticias)

La motion de censure défendue par Podemos cette semaine, mais qui s’est soldée par un échec total pour la formation, n’aura pas seulement illustré la solitude de Pablo Iglesias, dont le programme de gouvernement est loin d’avoir séduit une majorité des membres du Congrès des députés. Elle aura aussi été l’occasion de passes d’armes verbales parfois violentes entre les différents partis. À cette occasion, la seule députée de la Coalition canarienne (CC) représentée à la chambre basse des Cortes (le Parlement espagnol), Ana Oramas, s’en est pris au secrétaire général de Podemos en l’accusant notamment de « machisme » et de « misogynie ». 

Des déclarations qui ont été très mal prises par les militants de la formation, mécontents que la députée régionaliste ait osé s’attaquer ainsi au dirigeant de leur parti. Ils se sont alors servi des réseaux sociaux pour l’insulter ou l’interpeller avec des commentaires vulgaires et sexistes. Elle a dénoncé cette campagne d’intimidation dans les médias, rappelant aussi que son discours à la tribune lui avait valu des félicitations aussi bien de la part d’élus de gauche que de droite.

Source : http://www.libertaddigital.com/espana/2017-06-15/ana-oramas-denuncia-amenazas-del-entorno-de-podemos-llevo-48-horas-recibiendo-ordinarieces-1276601126/

Du rififi entre Madrid et Athènes sur fond de crise de l’euro

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Le ministre espagnol de l’Économie, de l’Industrie et de la Compétitivité, Luis de Guindos (au centre) en compagnie du ministre grec des Finances, Euclide Tsakalótos (photographie : El Español)

La crise de la zone euro qui dure depuis 2008 et s’illustre notamment par la tragédie de la Grèce semble sans fin et des rebondissements ne cessent de se produire dans une indifférence de plus en plus grande. Ce jeudi 15 juin, le Conseil des ministres de l’Économie et des Finances de la zone euro (le fameux Eurogroupe) a accordé à la République hellénique un nouveau prêt afin qu’elle puisse faire face à ses créanciers privés mais désormais, Madrid menace Athènes de ne pas verser sa part, qui se monte tout de même à 8,5 milliards d’euros.

En cause ? Un fonctionnaire européen de nationalité espagnole a rédigé, aux côtés d’un collègue italien et d’un autre partenaire slovaque, un rapport sur un projet du fonds grec de privatisation qui aurait finalement généré des pertes s’élevant à plusieurs millions d’euros. Des avocats grecs ont décidé de porter plainte contre ces trois employés de l’Union européenne et les accusent d’avoir agi « de mauvaise foi », en poussant l’État grec à financer un projet très déficitaire. Le gouvernement espagnol, secondé en cela par le gouvernement italien, exige d’Athènes l’immunité pour ce ressortissant espagnol, sans quoi il refusera de verser les 8,5 milliards d’euros prévus. De quoi renforcer les dissensions généralisées au sein de cet attelage absurde qu’est l’Union européenne…

Source : http://www.abc.es/economia/abci-espana-amenaza-bloquear-pago-grecia-si-no-inmunidad-funcionario-espanol-201706160900_noticia.html

Mariano Rajoy et Emmanuel Macron se rencontrent à Paris

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (à droite) en compagnie du président de la République française, Emmanuel Macron, sur le perron du palais de l’Élysée (photographie : EFE et ABC)

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, est arrivé au palais de l’Élysée, à Paris, ce vendredi 16 juin peu après 13h afin de participer à un déjeuner de travail avec le président de la République française, Emmanuel Macron. Il s’agit de la première rencontre bilatérale entre les deux dirigeants, qui s’étaient déjà croisé il y a quelques semaines à Bruxelles, lors d’un sommet exceptionnel de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Au menu, notamment, les sempiternelles discussions sur l’avenir de l’Union européenne, notamment suite au départ du Royaume-Uni (le fameux Brexit), dans la continuité du sommet de Versailles, organisé par François Hollande, avec le concours de la chancelière allemande, Angela Merkel, du président du Conseil italien des ministres, Paolo Gentiloni, et de Mariano Rajoy.

Les deux hommes ont également évoqué la coopération antiterroriste, les interconnexions énergétiques entre l’Espagne et la France ainsi que le séparatisme catalan. À ce sujet, au cours de la conférence de presse qui a suivi le déjeuner, Emmanuel Macron a une fois de plus douché les espoirs des indépendantistes en déclarant qu’il ne reconnaissait qu’un seul interlocuteur en la matière : une Espagne unie.

Sources : http://www.abc.es/espana/abci-rajoy-llega-eliseo-para-impulsar-macron-espiritu-versalles-201706161309_noticia.html et http://www.abc.es/espana/abci-macron-rotundo-sobre-cataluna-tengo-unico-interlocutor-mariano-rajoy-201706161531_noticia.html#ns_campaign=rrss-inducido&ns_mchannel=abc-es&ns_source=fb&ns_linkname=noticia.foto&ns_fee=0

« En Espagne, des migrants marocains pour repeupler les villages des régions désertes »

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La localité aragonaise d’Alfambra, dans la province de Teruel (photographie : Teruel profundo)

Un intéressant article traduit par Sandrine Morel pour le quotidien français Le Monde, dans son numéro daté du 15 juin, évoque le repeuplement des zones vides du centre de l’Espagne (notamment en Aragon) par des immigrés venus du Maroc, du Pakistan et de Roumanie : http://www.lemonde.fr/les-nouveaux-arrivants/article/2017/06/15/en-espagne-des-immigres-marocains-pour-repeupler-les-villages_5145010_5084811.html

Le Venezuela est le pays qui a déposé le plus de demandes d’asile en Espagne en 2016

OPOSITORES VENEZOLANOS COMIENZAN "PLANTÓN" EN VARIAS CIUDADES DEL PAÍS
Une manifestation de Vénézuéliens à Madrid en avril 2017 (photographie : EFE et Libre Mercado)

La récente crise des migrants, l’afflux de réfugiés politiques ou économiques venus d’Afrique et d’Asie mais aussi d’Amérique latine et, plus globalement, les grands mouvements de populations que connaissent le monde depuis des décennies et en particulier sur les dernières années touchent aussi l’Espagne, qui est par exemple en premier ligne avec ses enclaves de Ceuta et Melilla, au Maroc. Selon les statistiques fournies par la Commission espagnole d’Aide au Réfugié (CEAR) dans un rapport dévoilé ce vendredi 16 juin, 15 700 personnes ont officiellement déposé une demande d’asile auprès des autorités espagnoles en 2016. Seules 355 demandes ont été approuvées sur ce total, ce qui est toutefois plus qu’en 2015 (220 demandes acceptées). Néanmoins, il faut ajouter que 6 500 demandeurs d’asile ont reçu une protection particulière de la part de l’Espagne.

C’est du Venezuela que viennent l’essentiel de ces demandeurs d’asile dont le cas a été traité par Madrid, avec 3 960 personnes concernées. Le pays est suivi de la Syrie (2 975 personnes), de l’Ukraine (2 570), de l’Algérie (740), de la Colombie (615), du Salvador (425) et du Honduras (385)

Source : http://www.abc.es/espana/abci-venezuela-pais-mas-solicitudes-asilo-recibio-espana-2016-201706161231_noticia.html

Un 39e Congrès fédéral du PSOE face à bien des incertitudes

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Le premier secrétaire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sánchez (photographie : Reuters et El Confidencial)

C’est à partir de ce vendredi 16 juin que se déroule le 39e Congrès fédéral du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui doit entériner le retour de Pedro Sánchez à la tête de la formation, alors que ce dernier a nommé plusieurs barons sociaux-démocrates au sein de son comité exécutif, comme l’ancien lehendakari (président régional du Pays basque) Patxi López ou le président de l’Estrémadure, Guillermo Fernández Vara. En dépit du retour de la ligne « dure » face au Parti populaire (PP), ce Congrès présente bien des incertitudes car il va devoir commencer à définir la conduite qui sera celle du parti pour les semaines et mois à venir.

Pedro Sánchez va-t-il se montrer plus conciliant avec Mariano Rajoy et son gouvernement, comme certains le pensent ? Ou le premier secrétaire du PSOE va-t-il au contraire saisir la « main tendue » par Podemos pour tenter de déloger le PP du pouvoir au prix de contorsions parlementaires plutôt dangereuses ? La question est d’autant plus pertinente que Pablo Iglesias et le porte-parole du PSOE au Congrès des députés, José Luis Ábalos, ont cherché à mettre en scène ces derniers jours un rapprochement entre les deux partis. Si Podemos n’a constitutionnellement plus le droit, après sa motion de censure ratée de cette semaine, d’en présenter une nouvelle jusqu’à la fin de la présente législature, le PSOE, lui, le pourrait. C’est d’ailleurs ce qu’espèrent Pablo Iglesias et les siens, car ils pourraient négocier leur ralliement à une telle motion.

Mathématiquement, pourtant, cette motion de censure ne pourrait se contenter d’une « simple » coalition entre le PSOE et Podemos. Il faudrait qu’au moins trois à quatre partis minoritaires la soutiennent à leur tour et, parmi ces formations, les partis séparatistes exigeraient bien évidemment la tenue d’un référendum indépendantiste. Si Podemos est ouvertement favorable à un démembrement du pays, Pedro Sánchez irait-il jusqu’à cette extrémité uniquement pour avoir le pouvoir ? Pour le moment, Ábalos a déclaré que le PSOE n’envisageait pas de présenter une motion de censure « à court terme ».

Sources : https://www.elimparcial.es/noticia/178649/nacional/las-relaciones-con-podemos-marcan-el-39-congreso-del-psoe.html et http://www.abc.es/espana/abci-psoe-descarta-otra-mocion-censura-corto-plazo-201706161027_noticia.html

« Les lumières et les ombres du « miracle espagnol » »

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, lors d’une intervention à Bruxelles après une réunion des instances de l’Union européenne (photographie : Antena 3)

Cet article de la journaliste Cécile Thibaud, publié dans le journal économique français Les Échos le 17 mai 2017, résume de manière synthétique les principales réussites macro-économiques mais aussi les limites des réformes du gouvernement de Mariano Rajoy et les défis auxquels sera confrontée l’économie espagnole à l’avenir : https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0212088560801-les-lumieres-et-les-ombres-du-miracle-espagnol-2087330.php

José Ángel Dávila gagne le prix de l’inventeur européen de l’année

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José Ángel Dávila (à gauche) et l’un de ses collaborateurs (photographie : EPO, EPV et El País)

Souvenez-vous : il y a quelques semaines, j’évoquais sur ce blog la possibilité qu’un ingénieur espagnol, José Ángel Dávila, remporte le prix de l’inventeur européen de l’année dans la catégorie « recherche », récompense remise par l’Office européen des Brevets (EPO selon son sigle anglais). Il avait en effet été l’un des maîtres d’œuvre du projet de positionnement global par satellite de l’Union européenne, le fameux réseau Galileo. Il avait d’ailleurs fait en sorte que ce réseau bénéficie d’une grande précision et d’une interopérabilité tout aussi importante.

C’est désormais chose faite pour José Ángel Dávila et son équipe, qui ont reçu leur prix à Venise (Italie). L’ingénieur madrilène était accompagné pour l’occasion des autres scientifiques qui ont travaillé à ses côtés, dont un Français, un Belge et un Allemand. Il s’agit du second espagnol à être récompensé par ce prix en onze éditions. Le premier était José Luis López qui, en 2013, avait été distingué pour ses travaux sur le train Talgo, l’un des joyaux de la technologie ibérique.

Source : http://tecnologia.elpais.com/tecnologia/2017/06/15/actualidad/1497516193_254743.html