« Un jeu de dupes : l’Espagne, la Catalogne et l’Union européenne »

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (à gauche), serre la main de l’ancien président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, sur le perron du palais de La Moncloa, à Madrid (photographie : David Castro et El Periódico)

La conférence que j’ai donnée le 25 octobre dernier à Nancy et intitulée « L’Espagne, la Catalogne et l’Union européenne » est désormais disponible en version audio sur l’excellent site Ekouter.net, dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog : http://ekouter.net/un-jeu-de-dupes-l-espagne-la-catalogne-et-l-union-europeenne-avec-nicolas-klein-pour-le-club-du-mercredi-a-nancy-3403

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Sans surprise, Barcelone n’accueillera pas le siège de l’Agence européenne du Médicament

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La Tour Agbar de Barcelone, proposée par la municipalité et l’État espagnol pour accueillir l’Agence européenne du Médicament (photographie : Massimiliano Minocri et El País)

Largement soutenue par l’État espagnol – dont le président du gouvernement, Mariano Rajoy (Parti populaire) et le roi Philippe VI -, la candidature de Barcelone, ville désireuse d’accueillir le nouveau siège de l’Agence européenne du Médicament (EMA, selon son sigle anglais), n’a pas été retenue par les autorités de l’Union européenne ce qui ne constitue pas une surprise majeure. Cette institution doit en effet quitter Londres dans le cadre de la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne (le Brexit). La capitale catalane n’a même pas dépassé le premier tour de vote et c’est finalement Amsterdam qui l’a emporté au dernier tour face à Milan. Barcelone n’a ainsi recueilli que treize points.

La capitale catalane était la cité préférée des employés de l’EMA et la grande favorite jusqu’au mois d’octobre. Le défi séparatiste catalan (avec notamment la tenue du référendum d’autodétermination illégal et illégitime du 1er octobre puis l’exode des sièges de grandes entreprises) a pourtant totalement tué les chances de Barcelone – ce qui est une nouvelle grande réussite pour les anciennes autorités indépendantistes. La ministre espagnole de la Santé, des Services sociaux et de l’Égalité, Dolors Montserrat, avait spécialement fait le déplacement depuis Madrid jusqu’à Bruxelles et elle a déploré cet échec de la candidature espagnole et barcelonaise.

Source : https://politica.elpais.com/politica/2017/11/20/actualidad/1511198880_269295.html

En visite officielle outre-Pyrénées, Mahmoud Abbas demande à l’Espagne de soutenir la constitution d’un État palestinien à part entière

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Le roi d’Espagne Philippe VI, (à droite), la reine Letizia (à gauche) et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de la visite officielle de ce dernier à Madrid, le 20 novembre 2017 (photographie : Maison royale)

Élu président de l’Autorité palestinienne en 2005, Mahmoud Abbas était en visite officielle ce lundi 20 novembre en Espagne, où il a commencé par rencontrer le roi Philippe VI, au palais de la Zarzuela, avant de s’entretenir avec le président du gouvernement, Mariano Rajoy (Parti populaire), au palais de La Moncloa. Un étrange séjour pour le dirigeant d’un peuple sans État, alors que le défi séparatiste catalan secoue actuellement l’Espagne. En souvenir des accords de paix de Madrid de 1991, signés entre Israël et la Palestine dans la capitale espagnole, sous l’égide des États-Unis d’Amérique et d’une Union soviétique au bord de l’implosion, Mahmoud Abbas est venu défendre outre-Pyrénées une solution à deux États : Israël d’un côté et une Palestine pleinement reconnue de l’autre.

C’est d’ailleurs la solution promue par Mariano Rajoy lui-même. Cette visite se produit également à quelques mois du soixante-dixième anniversaire de l’assassinat du diplomate espagnol Manuel Allende-Salazar, tué par un groupe sioniste en raison de sa politique pro-arabe. Philippe VI en a profité pour réaffirmer son soutien à la sortie de crise proposée par Mahmoud Abbas. Il y a quinze jours, les plus hautes autorités espagnoles recevaient en visite d’État le président d’Israël, Reuven Rivlin, et son épouse.

Sources : https://politica.elpais.com/politica/2017/11/19/actualidad/1511120494_342153.html et http://www.abc.es/espana/abci-presidente-palestina-reitera-ante-firme-apoyo-unidad-espana-201711201503_noticia.html

Mort du procureur général de l’État espagnol, José Manuel Maza

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L’ancien procureur général de l’État espagnol, José Manuel Maza (photographie : EFE et El País)

Ce samedi 18 novembre, le procureur général de l’État espagnol, José Manuel Maza, est décédé d’une insuffisance rénale aiguë dans un hôpital de Buenos Aires à l’âge de soixante-six ans. Il se trouvait dans la capitale argentine pour participer à l’Assemblée des Ministères publics ibéro-américains, mais s’est senti indisposé et les médecins qu’il a consultés lui ont conseiller de se diriger vers un hôpital. Il a été admis pour une infection et placé en soins intensifs.

Il devait s’entretenir avec le ministre argentin de la Justice, Germán Garavano, mais tout son agenda sur place a très vite été annulé. Ces derniers mois, José Manuel Maza s’est distingué par sa défense de la justice, de la loi et de la Constitution espagnole dans le cadre du défi séparatiste catalan. Il avait notamment demandé, au nom de l’État espagnol, la mise en détention provisoire de la plupart des anciens conseillers régionaux catalans suspectés de détournement de fonds et de rébellion. De nombreux indépendantistes catalans et leurs partisans ont très vite « fêté » la nouvelle de son décès sur les réseaux sociaux, ce qui en dit long sur leur mentalité et leur degré de fanatisme.

Source : https://politica.elpais.com/politica/2017/11/18/actualidad/1511033447_692368.html

L’opposant vénézuélien Antonio Ledezma est arrivé à Madrid

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L’opposant vénézuélien Antonio Ledezma (au centre), embrassé par son épouse à l’aéroport Adolfo-Suárez de Madrid-Barajas (photographie : Santi Burgos, Reuters Quality et El País)

Placé en résidence surveillée en 2015, Antonio Ledezma, ancien maire de Caracas et figure de proue de l’opposition au président Nicolás Maduro, a quitté le Venezuela en toute discrétion le vendredi 17 novembre. Après son arrivée en Colombie, il a pris un avion qui l’a conduit jusqu’à Madrid, où il est arrivé le samedi 18 novembre. Âgé de 62 ans, ce responsable politique, détesté par les uns et admiré par les autres, a été reçu au palais de La Moncloa par le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (Parti populaire), qui a déjà octroyé la nationalité espagnole aux parents d’Henrique Capriles, autre opposant historique à Hugo Chávez et à son successeur à la tête du Venezuela.

Antonio Ledezma avait été arrêté pour conspiration, même si sa détention puis sa mise sous résidence surveillée a toujours fait débat, entre les partisans du régime vénézuélien (qui estiment qu’il était à la fois corrompu et dangereux pour la sûreté publique) et ses détracteurs (qui voyaient en lui un prisonnier politique). La décision des autorités espagnoles de l’accueillir ne va en tout cas pas arranger des relations déjà dégradées entre Madrid et Caracas, tandis que, de son côté, Nicolás Maduro soutient l’indépendantisme catalan.

Source : https://elpais.com/internacional/2017/11/18/actualidad/1510987029_555878.html

La Bibliothèque Cervantes de Shanghai fête son dixième anniversaire alors que l’espagnol est en plein essor en Chine

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L’Institut Cervantes de Pékin, en Chine (photographie : Ministère espagnol des Affaires étrangères et de la Coopération)

Si la Chine n’accueille qu’un seul Institut Cervantes (organisme culturel chargé de promouvoir la langue espagnole à l’étranger), celui de Pékin, la ville de Shanghai abrite une Bibliothèque Cervantes qui fête en ce mois de novembre 2017 son dixième anniversaire. Or, cette dixième bougie est soufflée dans un contexte très favorable pour le castillan dans l’Empire du Milieu, ainsi que l’expliquait la directrice de l’Institut Cervantes de Pékin, Inmaculada González, à l’agence de presse espagnole EFE. La langue de notre voisin pyrénéen connaît en effet un décollage spectaculaire sur place sur les dernières années. Ainsi, les universités chinoises qui ouvrent des départements d’espagnol sont toujours plus nombreuses et l’espagnol est véritablement à la mode chez le géant asiatique.

Inaugurée en 2007 par Philippe et Letizia, qui étaient alors prince et princesse des Asturies, la Bibliothèque Cervantes de Shanghai collabore avec d’autres institutions comme des bibliothèques, des maisons d’édition, des festivals, etc. et organise des ateliers d’histoire, de réflexion ou de littérature, des expositions artistiques, des concerts, des représentations théâtrales, des conférences, des cycles de cinéma, etc. Cet organisme participe donc au rayonnement de la langue de Cervantes dans un pays où l’espagnol est devenue la deuxième langue étrangère la plus apprise, derrière l’anglais.

Source : http://www.lavanguardia.com/vida/20171111/432788683196/biblioteca-cervantes-de-shanghai-cumple-10-anos-en-pleno-boom-del-espanol.html?utm_campaign=botones_sociales&utm_source=facebook&utm_medium=social

L’Espagne signe ce lundi le nouveau projet d’Europe de la Défense

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De gauche à droite, la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen ; la ministre espagnole de la Défense, María Dolores de Cospedal ; la ministre française des Armées, Florence Parly ; et la ministre italienne de la Défense, Roberta Pinotti (photographie : ABC)

C’est ce lundi 13 novembre que l’Espagne signe, par la main de sa ministre de la Défense, María Dolores de Cospedal (Parti populaire), le traité de Coopération structurée permanente de l’Union européenne (PESCO, selon son sigle anglais). Approuvée ce vendredi 10 novembre par le Conseil espagnol des ministres, cette signature doit permettre, avec celle des autres pays européens, de relancer l’éternel projet de défense de l’Union européenne. Il s’agira de coordonner les intérêts des différentes nations mais aussi les achats de matériel et d’armement ainsi que les futures opérations de défense et les manœuvres conjointes.

C’est l’année dernière, au cours du sommet de Bratislava (Slovaquie), que l’Espagne a rejoint la France, l’Italie et l’Allemagne, principaux promoteurs du projet, qui veulent profiter de la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne (le Brexit). En tout et pour tout, vingt-et-un pays européens ont manifesté leur intérêt à l’égard de cette coopération militaire. Les pays signataires s’engageront à augmenter régulièrement leurs dépenses de défense (notamment en matière d’investissements), à accroître la recherche et le développement militaires et à réviser leurs objectifs.

Source : http://abcblogs.abc.es/tierra-mar-aire/public/post/espana-firmara-el-lunes-su-entrada-en-la-pesco-el-nuevo-club-de-defensa-en-la-ue-22450.asp/

Barcelone semble avoir perdu toutes ses chances d’accueillir l’Agence européenne du Médicament

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La ministre espagnole de la Santé, des Services sociaux et de l’Égalité, Dolors Montserrat (deuxième en partant de la gauche), en compagnie des autres membres du comité de candidature de Barcelone pour l’Agence européenne du Médicament (photographie : Iván Cámara et El Mundo)

C’est le célèbre quotidien britannique Financial Times, généralement bien informé en la matière, qui a révélé cette nouvelle le jeudi 9 novembre : Barcelone semble avoir perdu toutes ses chances d’accueillir l’Agence européenne du Médicament (AEM), qui doit quitter Londres dans le cadre de la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne (le fameux Brexit). La candidature de la capitale catalane avait été présentée par le gouvernement espagnol et par la municipalité de Barcelone contre le bon sens, en raison du processus indépendantiste qui secoue actuellement la communauté autonome. Ainsi l’exécutif présidé par Mariano Rajoy (Parti populaire) aurait-il dû soutenir le dossier d’une autre ville espagnole – Málaga était par exemple partante.

Le vote final pour désigner la future ville-hôte de l’AEM n’aura lieu que le 20 novembre mais Milan semble désormais bien partie pour rafler la mise, en dépit des arguments déployés par le comité de candidature en faveur de Barcelone (belle offre hôtelière, ville attractive, etc.) Il faut dire que les manifestations séparatistes ou unionistes, les grèves générales politiques à répétition, la fuite des grandes entreprises et des capitaux et plus globalement l’insécurité juridique et économique générée par les séparatistes pourraient dissuader même les plus téméraires. La ville de Bratislava (Slovaquie) est elle aussi pressentie pour accueillir le siège de l’AEM.

Source : http://www.elmundo.es/economia/macroeconomia/2017/11/09/5a048a7c22601daa458b46c3.html

Les séparatistes catalans avaient prévu de placer la région sous la protection militaire d’un autre pays

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L’ancien dirigeant de la police autonome catalane (les Mossos d’Esquadra), Josep Lluís Trapero (photographie : Jordi Soteras et El Mundo)

Dans le cadre de l’enquête judiciaire lancée par les autorités espagnoles concernant le processus séparatistes catalan, la Garde civile (équivalent de notre gendarmerie) a mis la main sur plusieurs documents édifiants, dont l’un est intitulé « La sécurité de la République catalane ». Mis à disposition des juges, cet écrit démontre que les responsables indépendantistes de la Généralité de Catalogne avaient prévu de mettre en place un réseau militaire temporaire formé de cinq unités de la police autonome catalane (les Mossos d’Esquadra) et de réfléchir à un système militaire en se fondant sur des pays aussi différents que le Danemark, la Suisse, l’Autriche, le Costa Rica ou Panamá.

Par ailleurs, dans le cadre d’une hypothétique République catalane indépendante, ces mêmes responsables estimaient que l’Espagne rémanente aiderait le nouvel État en lui fournissant des renseignements et informations de première importance. Mais surtout, le document « La sécurité de la République catalane » prévoyait de mettre la Catalogne sous la protection militaire provisoire d’un autre État européen, craignant un scénario similaire à celui qui s’est déroulé entre la Russie et l’Ukraine concernant la Crimée. Cela en dit long sur la conception de l’indépendance développée par les sécessionnistes catalans…

Source : http://www.elmundo.es/cataluna/2017/11/09/5a037299ca47417c1d8b4586.html

« The Catalan crisis adds to Gibraltar’s Brexit concerns »

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Le roi d’Espagne Philippe VI (deuxième en partant de la gauche) et la reine Letizia (à droite), lors de leur visite d’État de 2017, au cours de laquelle le souverain a évoqué le problème de Gibraltar (photographie : Chris J. Ratcliffe, Getty Images et Huffington Post)

Cet article publié le 2 novembre dernier sur le site Internet du magazine britannique The Economist évoque les possibles problèmes que poserait au Royaume-Uni le retour en force d’une forme de patriotisme espagnol consécutif à la crise catalane, notamment en raison du contentieux hispano-britannique autour de Gibraltar : ttps://www.economist.com/news/britain/21730815-surge-spanish-nationalism-would-come-awkward-time-britain-catalan-crisis-adds