« Un jeu de dupes : l’Espagne, la Catalogne et l’Union européenne »

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Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (à gauche), serre la main de l’ancien président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, sur le perron du palais de La Moncloa, à Madrid (photographie : David Castro et El Periódico)

La conférence que j’ai donnée le 25 octobre dernier à Nancy et intitulée « L’Espagne, la Catalogne et l’Union européenne » est désormais disponible en version audio sur l’excellent site Ekouter.net, dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog : http://ekouter.net/un-jeu-de-dupes-l-espagne-la-catalogne-et-l-union-europeenne-avec-nicolas-klein-pour-le-club-du-mercredi-a-nancy-3403

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Quinze ans après le naufrage du Prestige, la justice espagnole rend son verdict sur les indemnités à verser

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Le Prestige en plein naufrage (photographie : O Camiño dos Faros)

Le 15 novembre 2002, le pétrolier Prestige, construit au Japon mais immatriculé aux Bahamas, faisait naufrage au large du cap Finisterre, en Espagne, et les différentes opérations menées pour tenter de l’éloigner des côtes galiciennes et d’éviter une marée noire échouaient toutes. Entre 5 000 et 10 000 tonnes de fioul s’échappaient ainsi du navire et venaient souiller les plages du Nord-Ouest du pays. Quinze ans plus tard, le 15 novembre 2017, l’Audience provinciale de La Corogne a rendu son jugement concernant les indemnités à verser pour réparer les dommages causés par l’une des plus grandes catastrophes écologiques qu’ait connues notre voisin pyrénéen. Le capitaine grec du pétrolier, Apostolos Mangouras, et l’assureur britannique du bâtiment, The London Steamship Owners Mutual Insurance Association, devront ainsi verser 1,573 milliard d’euros à l’État espagnol, 61 millions d’euros à l’État français et 1,8 millions d’euros au gouvernement régional galicien.

Sont aussi concernés par ce versement la compagnie qui possédait le Prestige (Mare Shipping INC) et le Fonds international d’Indemnisation pour les Dommages dus à la Pollution par les Hydrocarbures (FIPOL). Les dégâts causés par cette catastrophe sont non seulement matériels mais aussi moraux et environnementaux. L’instruction judiciaire qui a mené au jugement et à la condamnation des responsables de ce désastre s’est prolongée durant dix ans et l’Audience provinciale de La Corogne ne s’est saisie du dossier qu’à partir de 2012. Les personnes et entités condamnées pourront encore se pourvoir auprès de la Cour suprême espagnole.

Source : http://www.elmundo.es/espana/2017/11/15/5a0c3d27e2704efe398b45e6.html

Une fonctionnaire municipale dénonce la corruption de la CUP à Sabadell et vit un calvaire

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La mairie de la commune catalane de Sabadell (photographie : Plataforma Auditoría Ciudadana de la Deuda)

Ces deux dernières années, Maite Morao, ancienne responsable de la planification urbaine pour la municipalité de Sabadell, dans la province de Barcelone (Catalogne), a vécu un véritable enfer. Destituée par celui qui est aujourd’hui le maire de la commune, Maties Serracant (Candidature d’Unité populaire), elle s’était en effet opposée à une cession de terrain réalisée par la mairie et qui n’était pas, selon elle, en accord avec la législation en vigueur.  Déclarée persona non grata, elle a fait l’objet de trois dossiers disciplinaires et a subi des pressions de la part de plusieurs habitants de sa commune, qui ont notamment souillé son domicile avec des graffitis. En 2015, Maite Morao a en effet fait part au maire de l’époque, Juli Fernández (Gauche républicaine de Catalogne), d’une opération d’urbanisme qui lui semblait illégale.

Or, cette opération était promue par Maties Serracant, qui n’était alors que conseiller municipal, et par la directrice municipale de l’urbanisme, Margarita López-Nieto. Ils voulaient tous deux céder gratuitement des terrains situés dans la zone de Can Balsach afin d’y construire la Maison populaire El Tallaret, ce qui n’était normalement pas possible. Maite Morao a non seulement perdu son poste mais a aussi fait l’objet de rapports très durs à son encontre de la part de la municipalité, rapports qui n’étaient motivés que par son refus de participer à l’opération d’urbanisme susmentionnée. Elle a décidé d’intégrer la Plateforme pour l’Honnêteté afin de lutter pour la protection des lanceurs d’alerte face aux délits de corruption. Il faut dire qu’en dépit des déclarations des partis séparatistes (notamment à gauche), la Catalogne est la communauté autonome espagnole la plus concernée par les affaires de corruption… y compris au sein de l’ERC ou de la CUP.

Source : https://cronicaglobal.elespanol.com/politica/calvario-funcionaria-corrupcion-cup_100184_102.html

Sans surprise, Barcelone n’accueillera pas le siège de l’Agence européenne du Médicament

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La Tour Agbar de Barcelone, proposée par la municipalité et l’État espagnol pour accueillir l’Agence européenne du Médicament (photographie : Massimiliano Minocri et El País)

Largement soutenue par l’État espagnol – dont le président du gouvernement, Mariano Rajoy (Parti populaire) et le roi Philippe VI -, la candidature de Barcelone, ville désireuse d’accueillir le nouveau siège de l’Agence européenne du Médicament (EMA, selon son sigle anglais), n’a pas été retenue par les autorités de l’Union européenne ce qui ne constitue pas une surprise majeure. Cette institution doit en effet quitter Londres dans le cadre de la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne (le Brexit). La capitale catalane n’a même pas dépassé le premier tour de vote et c’est finalement Amsterdam qui l’a emporté au dernier tour face à Milan. Barcelone n’a ainsi recueilli que treize points.

La capitale catalane était la cité préférée des employés de l’EMA et la grande favorite jusqu’au mois d’octobre. Le défi séparatiste catalan (avec notamment la tenue du référendum d’autodétermination illégal et illégitime du 1er octobre puis l’exode des sièges de grandes entreprises) a pourtant totalement tué les chances de Barcelone – ce qui est une nouvelle grande réussite pour les anciennes autorités indépendantistes. La ministre espagnole de la Santé, des Services sociaux et de l’Égalité, Dolors Montserrat, avait spécialement fait le déplacement depuis Madrid jusqu’à Bruxelles et elle a déploré cet échec de la candidature espagnole et barcelonaise.

Source : https://politica.elpais.com/politica/2017/11/20/actualidad/1511198880_269295.html

Les réservations hôtelières baissent sévèrement en Catalogne

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Des touristes font la queue devant une boutique du cours de la Grâce (Paseo de Gracia), à Barcelone (photographie : Albert Bertran et El Periódico)

Le mois d’octobre a été particulièrement néfaste pour la Catalogne à la suite du défi séparatiste qui a secoué la communauté autonome, notamment en matière économique. Le tourisme s’en est particulièrement ressenti et les premiers chiffres concernant les réservations hôtelières sur la période sont mauvais. C’est ainsi que l’occupation des chambres d’hôtel à Barcelone a chuté de 7 % et le chiffre d’affaires des responsables du secteur, de 13 % au cours du mois d’octobre 2017. Cette chute a même été de 40 % dans certains cas, ainsi que l’a révélé le président de la Corporation des Hôtels de la capitale catalane, Jordi Clos. Ces baisses sont d’autant plus préoccupantes que les prévisions étaient à l’origine très favorables pour le tourisme dans la communauté autonome, plus en tout cas que pour le mois d’octobre 2016.

Quant aux fêtes de fin d’année, elles pourraient ne pas être plus heureuses pour le secteur touristique catalan puisque les réservations pour la période sont en chute de 40 %. Pour Jordi Clos, c’est la situation politique générale de la Catalogne qui est en cause, au-delà même du séparatisme : grève des vigiles à l’aéroport de Barcelone, vandalisme contre les touristes, attentats islamistes des 17 et 18 août derniers, référendum du 1er octobreetc.

Source : http://www.elperiodico.com/es/barcelona/20171115/alerta-por-el-desplome-de-las-reservas-hoteleras-en-barcelona-6425565

La Généralité de Catalogne a « oublié » de valider 152 millions d’euros de dépenses sociales

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L’ancien président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont (photographie : Joan Cortadellas et El Periódico)

Ces derniers mois, l’ancien président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, et son gouvernement (Govern) ont malencontreusement « oublié » de valider 152 millions d’euros de dépenses sociales destinées à diverses entités sociales. Il faut dire que l’exécutif régional était tellement obnubilé par sa course vers l’abîme indépendantiste qu’il s’est très peu préoccupé de politique sociale – voire a mené un programme ouvertement antisocial. Ainsi un programme d’aides sociales enclenché en mars 2017, et qui devait être validé au plus tard le 20 juillet dernier, n’a jamais été pris en considération par le gouvernement catalan.

Le département régional au Travail, aux Affaires sociales et aux Familles devait s’en charger mais il est soupçonné depuis quelques semaines d’avoir détourné des sommes d’argent en faveur du processus séparatiste. De nombreux agents du service public, qui ont témoigné sous couvert d’anonymat par peur des représailles, ont reconnu auprès du journal conservateur ABC que le système de subventions publiques de la Généralité de Catalogne était dans tous les cas très perfectible.

Source : http://www.abc.es/espana/abci-govern-puigdemont-olvido-152-millones-subvenciones-entidades-sociales-201711142322_noticia.html

En visite officielle outre-Pyrénées, Mahmoud Abbas demande à l’Espagne de soutenir la constitution d’un État palestinien à part entière

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Le roi d’Espagne Philippe VI, (à droite), la reine Letizia (à gauche) et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de la visite officielle de ce dernier à Madrid, le 20 novembre 2017 (photographie : Maison royale)

Élu président de l’Autorité palestinienne en 2005, Mahmoud Abbas était en visite officielle ce lundi 20 novembre en Espagne, où il a commencé par rencontrer le roi Philippe VI, au palais de la Zarzuela, avant de s’entretenir avec le président du gouvernement, Mariano Rajoy (Parti populaire), au palais de La Moncloa. Un étrange séjour pour le dirigeant d’un peuple sans État, alors que le défi séparatiste catalan secoue actuellement l’Espagne. En souvenir des accords de paix de Madrid de 1991, signés entre Israël et la Palestine dans la capitale espagnole, sous l’égide des États-Unis d’Amérique et d’une Union soviétique au bord de l’implosion, Mahmoud Abbas est venu défendre outre-Pyrénées une solution à deux États : Israël d’un côté et une Palestine pleinement reconnue de l’autre.

C’est d’ailleurs la solution promue par Mariano Rajoy lui-même. Cette visite se produit également à quelques mois du soixante-dixième anniversaire de l’assassinat du diplomate espagnol Manuel Allende-Salazar, tué par un groupe sioniste en raison de sa politique pro-arabe. Philippe VI en a profité pour réaffirmer son soutien à la sortie de crise proposée par Mahmoud Abbas. Il y a quinze jours, les plus hautes autorités espagnoles recevaient en visite d’État le président d’Israël, Reuven Rivlin, et son épouse.

Sources : https://politica.elpais.com/politica/2017/11/19/actualidad/1511120494_342153.html et http://www.abc.es/espana/abci-presidente-palestina-reitera-ante-firme-apoyo-unidad-espana-201711201503_noticia.html

Bisbille au sein du gouvernement espagnol sur la question des centrales thermiques

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La centrale thermique au charbon d’Andorra, en Aragon, est exploitée par l’entreprise Endesa (photographie : EFE et ABC)

La question de la fermeture des centrales thermiques en Espagne (notamment celles utilisant le charbon comme combustible) a été récemment relancée par la décision de la multinationale ibérique Iberdrola de cesser d’exploiter les deux dernières infrastructures de ce type qui lui appartiennent. Cette décision a été froidement reçue par le ministre de l’Énergie, du Tourisme et de l’Agenda numérique, Álvaro Nadal, d’autant qu’une telle nouvelle est arrivée quelques jours avant la divulgation du décret royal préparé par son Ministère concernant la fermeture progressive des centrales au charbon. Nadal est d’ailleurs l’un des rares partisans au sein du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (Parti populaire) de la prolongation de leur durée de vie. Il s’oppose notamment sur cette question à la ministre de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Alimentation et de l’Environnement, Isabel García Tejerina, laquelle s’est engagée à réduire presque totalement les émissions de particules polluantes dans l’atmosphère d’ici à 2050.

Il s’agit de l’une des conséquences de la signature des accords de Paris sur le climat. Pedro Iglesia, président de Carbunión, organisation patronale du secteur, a récemment rappelé que le charbon était la seule source d’énergie totalement propre à l’Espagne, qu’elle était bon marché, qu’elle garantissait la production d’électricité dans le pays et qu’elle pouvait accompagner la transition écologique de notre voisin ibérique. De son côté, le président de chacune des trois communautés autonomes concernées par l’extraction de charbon (Asturies, Castille-et-León et Aragon) est aussi vent debout contre l’agenda gouvernemental en la matière. Le Castillan Juan Vicente Herrera (PP) et l’Asturien Javier Fernández (Parti socialiste ouvrier espagnol) ont ouvertement fait part de leur mécontentement à l’égard d’Iberdrola. Quant à l’Aragonais Javier Lambán (PSOE), il s’est lui aussi montré inquiet en dépit des décisions prises par Álvaro Nadal. Derrière Iberdrola, d’autres firmes, comme Gas Natural Fenosa, risquent elles aussi de fermer leurs centrales au charbon.

Source : http://www.abc.es/economia/abci-polemica-carbon-enfrenta-alvaro-nadal-y-isabel-garcia-tejerina-201711150207_noticia.html

Le tourisme et la politique du logement marquent les deux échecs du maire de Barcelone

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Le maire de Barcelone, Ada Colau, lors de l’inauguration du salon Smart City Expo, dans la cité comtale (photographie : Carles Ribas, Atlas et El País)

Alors que la liste Barcelone en Commun, soutenue par Podemos, a récemment décidé de rompre son pacte de gouvernement de la capitale catalane avec le Parti des Socialistes catalans (PSC), un regard en arrière aide à se rappeler les deux grands chantiers qui avaient permis à Ada Colau, actuel maire de la cité comtale, d’emporter une victoire serrée aux élections municipales de mai 2015 : la lutte contre le tourisme sauvage et incontrôlé d’un côté et une politique du logement plus digne pour les plus défavorisés de l’autre. Passée la mi-mandat, ces deux sujets sont de francs échecs pour le premier édile de Barcelone, qui ne dispose plus que d’onze conseillers municipaux sur quarante-et-un. La principale préoccupation des Barcelonais reste en effet l’impact des activités touristiques sur leur qualité de vie, tandis que l’accès au logement n’a pas été facilité pour la majorité des administrés d’Ada Colau.

La gestion du parc locatif de Barcelone par le maire de la ville a même provoqué des critiques à son encontre de la part de la Plateforme des Victimes de l’Hypothèque (PAH), association pourtant fondée par Ada Colau elle-même. C’est cette institution qui l’a rendue célèbre mais le premier édile barcelonais n’a pour le moment pas tenu promesse car elle n’a même pas fait achever le recensement des appartements vides, pas plus que l’index de référence de la location. Quant aux inégalités socio-économiques entre quartiers (l’un des autres grands chevaux de bataille d’Ada Colau), elle est loin d’être réglée. Des données qui corroborent la sensation de malaise que l’on peut ressentir lorsque l’on constate qu’une bonne partie du budget théoriquement alloué aux aides sociales n’a pas été utilisée.

Source : https://elpais.com/ccaa/2017/11/14/catalunya/1510684702_139019.html

L’objectif des trois millions de voitures construites en Espagne ne sera sans doute pas atteint à la fin de l’année

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L’usine automobile de la marque Volkswagen située en Navarre (photographie : Cinco Días)

Au cours de l’été 2017, l’Association espagnole des Fabricants d’Automobiles et de Camions (ANFAC) s’était fondée sur les très bons chiffres du secteur automobile national enregistrés depuis le mois de janvier pour affirmer que le pays atteindrait sans nul doute les trois millions de véhicules construits à la fin de l’année. Ce mardi 14 novembre, cependant, le vice-président exécutif de l’institution, Mario Armero, s’est montré plus pessimiste, expliquant que cet objectif fixé il y a cinq ans serait probablement repoussé d’une année. Lors d’une conférence prononcée dans le cadre de la trente-deuxième Rencontre de l’Automobile, organisée à Barcelone par l’Institut supérieur d’Études de Commerce et le cabinet d’audit néerlandais KPMG, Armero a précisé que la production automobile espagnole devrait tourner autour des 2,8 millions de véhicules assemblées au 31 décembre prochain.

Plusieurs facteurs permettent de rendre compte de ce retournement de situation défavorable, notamment la baisse des ventes de voitures aux particuliers mais aussi la crise séparatiste en Catalogne – région qui continue à fabriquer de nombreux véhicules, même si sa première place lui a été ravie en 2016 par la Castille-et-León. Mario Armero a également vanté les décisions prises par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (Parti populaire) entre 2012 et 2016 concernant le secteur automobile mais il a demandé un nouveau pacte pour ce pan capital de l’économie espagnole car les données ont, selon lui, changé depuis lors. L’absence de gouvernement en exercice durant 315 jours, entre 2015 et 2016, a également empêché l’exécutif de se préoccuper de ce secteur.

Source : https://cincodias.elpais.com/cincodias/2017/11/14/companias/1510683292_864859.html