Que reste-t-il du secteur immobilier espagnol après la crise ?

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Des logements en construction dans le quartier de Valdebebas, à Madrid (photographie : Valdebebas)

Durant la crise économique mondiale et européenne qui a débuté en 2008, le secteur immobilier a été le principal domaine espagnol affecté par les faillites, l’augmentation rapide du chômage et les troubles sociaux. Les entreprises de construction, les firmes chargées de fabriquer les matériaux ou bien encore l’électroménager ou encore les agences immobilières ont dû massivement licencier leurs employés, affectant par ricochet le reste du tissu productif de notre voisin pyrénéen. Alors que la reprise économique est patente outre-Pyrénées depuis les années 2013-2014, l’on peut se demander quel est l’état actuel de la construction en Espagne. Bénéficie-t-elle elle aussi du renouveau que l’on constate dans le pays ou végète-t-elle encore dans un état de semi-marasme ?

Il y a deux semaines, la firme immobilière Reyal Urbis faisait faillite en Espagne ; elle avait accumulé un passif de plus de 4,6 milliards d’euros, soit le deuxième plus gros écroulement d’entreprise chez notre voisin ibérique après celui de Martinsa-Fadesa, en 2008. Selon les données de l’Institut national des Statistiques (INE), entre 2008 et 2017, le nombre d’agences immobilières est passé en Espagne de 106 000 à 67 000 et près de 80 % d’entre elles ont connu de sérieuses difficultés. Mais ces banqueroutes en série ont favorisé une reconfiguration générale et un assainissement en profondeur du secteur, ainsi que le signale le présidence de l’Association des Promoteurs et Constructeurs d’Espagne (APCE), Juan Antonio Gómez-Pintado. Les firmes qui subsistent, et qui se sont réunies en multinationales de taille souvent considérable, cherchent désormais à profiter de la reprise de la construction (en 2016, le nombre de permis de construire a augmenté de 29 % par rapport à 2015).

L’objectif affiché de ces compagnies est de bâtir plusieurs milliers de logements dans les années à venir, même si tout le monde est bien conscient en Espagne du fait qu’un nouveau boom de l’immobilier comme celui qu’a connu le pays entre 1998 et 2008 est désormais quasi impossible. L’immobilier continue néanmoins de peser 15 % du produit intérieur brut espagnol et attire une nouvelle fois l’intérêt des investisseurs internationaux, qui constatent la reprise économique espagnole. Selon l’Institut des Coordonnées de Gouvernance et d’Économie appliquée, les 20 plus grandes agences immobilières feront construire 80 000 logements environ d’ici à 2020. Parmi ces entreprises, l’on trouve des géants du secteur comme Metrovacesa, Neinor Homes ou Aedas Homes.

Source : https://economia.elpais.com/economia/2017/09/15/actualidad/1505476672_168295.html

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La consommation de produits biologiques en Espagne augmente à hauteur de 700 millions d’euros en trois ans

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Une exploitation avicole écologique en Espagne (photographie : Selecciones avícolas)

Grande puissance agricole et alimentaire au sein de l’Union européenne, l’Espagne est aussi le principal producteur de produits biologiques au sein de cet espace mais, traditionnellement, les Espagnols consommaient assez peu de ces fruits ou légumes cultivés de manière particulière. Cette situation a profondément changé à partir de 2015, ainsi que l’explique Álvaro Barrera, président d’Ecovalia, principale association d’agriculture biologique outre-Pyrénées. Les Espagnols achètent désormais pour 1,5 milliard d’euros par an de produits écologiques, ce qui situe notre voisin ibérique parmi les dix principaux consommateurs mondiaux en la matière. Sur le continent européen, l’Espagne est septième, derrière l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, la Suisse et la Suède.

En réalité, la situation a évolué dès 2014, avec une augmentation de 18 % de la consommation de produits biologiques en Espagne par rapport à l’année précédente – cet accroissement étant bien supérieur à tout ce qui avait été vécu jusqu’alors par notre voisin pyrénéen. L’on estime que, chaque année, 1 % de la surface agraire utile d’Espagne est reconvertie dans l’agriculture biologique mais, à ce rythme de croissance de la consommation, il est fort probable que notre voisin doive finir assez vite par importer des produits biologiques – ou il risque la pénurie en la matière. Ce taux de croissance semble en tout cas amené à se poursuivre au moins une année de plus, selon les projections du Ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Alimentation et de l’Environnement, dirigé par Isabel García Tejerina.

Source : http://www.eleconomista.es/empresas-finanzas-ss/noticias/8611432/09/17/El-consumo-de-alimentos-bio-crece-700-millones-en-tres-anos.html

La RENFE lance la plus importante offre d’emploi de toute son histoire

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Un train de marchandises opéré par la RENFE (photographie : Cinco Días)

La semaine dernière, la RENFE (Red nacional de Ferrocarriles españoles – Réseau national des Chemins de Fer espagnols), entreprise publique chargée de gérer la circulation ferroviaire chez notre voisin pyrénéen, a rendu publique la plus importante offre d’emploi de son histoire en tant que firme unifiée et la plus importante depuis 2005. Signe de la reprise économique que connaît le pays depuis 2013-2014 et du renouveau de la compagnie après quelques difficiles, la RENFE a ainsi proposé 675 nouveaux postes de travail, ce qui correspond au pacte passé dans le cadre de la nouvelle convention collective entre l’entreprise, ADIF (Administrador de Infraestructuras ferroviarias – Administrateur des Infrastructures ferroviaires) – qui gère les voies de chemin de fer chez notre voisin ibérique – et les principaux syndicats de cheminots.

Il s’agit pour la RENFE de réduire l’âge moyen de son personnel, qui atteint à l’heure actuelle 54 ans, en proposant à la fois à de jeunes diplômés de rentrer dans la compagnie et aux plus âgés de prendre leur retraite anticipée. L’objectif est également d’augmenter le nombre d’employés de la firme de 5 %, le personnel de la RENFE comprenant aujourd’hui 13 723 personnes. Sur les 675 nouveaux emplois proposés, 375 correspondent à des postes de machinistes, 115 à des emplois commerciaux, 115 à des postes de maintenance et de fabrication et 70 à des postes de cadres techniques.

Source : https://cincodias.elpais.com/cincodias/2017/09/15/companias/1505491151_018293.html

La ville andalouse de Linares manifeste contre le chômage

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Le cortège qui manifestait la semaine dernière à Linares (photographie : EFE et El Mundo)

C’est ce jeudi 14 septembre que plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans la ville de Linares, située dans la province de Jaén, dans le Nord de l’Andalousie, afin de réclamer des solutions contre le très important taux de chômage qui touche la région. Selon les données fournies par l’Institut national des Statistiques (INE) en juillet dernier, il s’agit de la ville proportionnellement la plus touchée par l’absence d’emploi dans le pays, avec 44,5 % de la population active actuellement sans emploi. Le cortège, qui a suivi un itinéraire reliant la place de l’Amérique à la place de l’Hôtel-de-Ville, a réuni entre 40 000 et 50 000 citoyens selon les organisateurs, qui ont répondu à l’appel de la plate-forme citoyenne « Todos a una por Linares » (« Tous ensemble pour Linares »), créée sur Facebook durant l’été et qui a connu un immense succès en un mois et demi avec 25 000 membres.

Le syndicat Commissions ouvrières (CCOO) et le parti de « gauche radicale » Gauche unie (IU) ont refusé de participer à la manifestation en raison, selon eux, du caractère ambigu des revendications des manifestants et de l’interdiction d’apporter d’autres drapeaux que celui de la commune. De son côté, le député andalou de Podemos Diego Cañamero a participé au cortège à titre personnel. La ville de Linares est peuplée d’environ 60 000 personnes et a connu une grave fuite de son tissu industriel au cours des dernières décennies, suite à la fermeture de ses mines de plomb puis de l’ancienne usine Santana Motor.

Source : http://www.elmundo.es/andalucia/2017/09/15/59bbffabe5fdea0f4c8b459e.html

« La gare espagnole de Canfranc, le « Titanic des montagnes » »

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La gare espagnol de Canfranc, dans les Pyrénées (photographie : Meteo, astronomía, fotografía)

Le journal français Le Monde évoque, dans son édition en ligne du 21 juillet dernier, l’immense gare espagnol de Canfranc, située dans la province de Huesca, en Aragon. Inaugurée en grande pompe en 1928, elle a connu un naufrage de fréquentation dans les années 60-70 mais pourrait connaître une nouvelle jeunesse grâce à la ligne commerciale qui sera progressivement mise en place entre Pau et Saragosse : http://www.lemonde.fr/m-voyage/article/2017/07/21/la-gare-espagnole-de-canfranc-le-titanic-des-montagnes_5163443_4497613.html

L’Espagne pourrait-elle mieux se positionner dans le classement des Shanghai ?

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L’entrée du campus de Móstoles de l’université du Roi-Juan-Carlos, dans la banlieue de Madrid (photographie : Ángel Serrano Sánchez de León)

Dans sa dernière édition, le classement de l’université de Shanghai, qui propose une liste des meilleures institutions universitaires mondiales, a offert quelques motifs de satisfaction pour l’Espagne, qui place plusieurs de ses établissements parmi les cinq cent premiers organismes considérés. Notre voisin pyrénéen n’a cependant aucune université classée parmi les deux cents premières, dans une liste largement dominée par les États-Unis d’Amérique, la Chine et le Royaume-Uni. D’autres pays plus modestes, comme la Suisse, font mieux que l’Espagne dans le classement des deux cents premières institutions universitaires.

Alors, l’Espagne pourrait-elle mieux se positionner dans les tablettes de l’université de Shanghai ? Selon cet établissement, notre voisin ibérique a de bonnes universités mais aucune d’entre elle n’est exceptionnelle au niveau planétaire. Ce phénomène a un avantage majeur : il n’existe pas, contrairement aux États-Unis ou au Royaume-Uni, de vastes zones du pays qui soit dépourvue d’université de qualité. Par ailleurs, le Ministère espagnol de l’Éducation, de la Culture et du Sport dépense une partie des fonds alloués à la recherche à travers le Conseil supérieur des Recherches scientifiques (CSIC), organisme dont il n’existe pas d’équivalent dans beaucoup de nations. Mais les étudiants espagnols en quête d’une grande université prestigieuse au niveau international doivent nécessairement passer au moins un an à l’étranger. Par ailleurs, par rapport à sa richesse par habitant, notre voisin pyrénéen n’est pas si mal placé dans le classement de Shanghai.

Source : https://politica.elpais.com/politica/2017/08/18/ratio/1503056400_292584.html

L’État espagnol contrôle désormais toutes les dépenses de la Généralité de Catalogne

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Le ministre espagnol des Finances et de la Fonction publique, Cristóbal Montoro (photographie : Rokambol)

Alors que le bureau du procureur général de l’État espagnol, José Manuel Maza, a décidé d’ouvrir une enquête sur l’ensemble des municipalités qui accepteront de collaborer avec la Généralité de Catalogne dans l’organisation du référendum séparatiste illégal et illégitime du 1er octobre prochain, l’État espagnol a décidé le vendredi 15 septembre dernier, en Conseil des ministres, de suspendre l’autonomie financière de cette communauté autonome. Les indépendantistes prétendent en effet se servir de l’argent public (c’est-à-dire des richesses de l’ensemble des Espagnols) afin de briser l’intégrité du pays, ce qui est évidemment inadmissible. Par ailleurs, le vice-président de la Généralité et conseiller régional à l’Économie et aux Finances, Oriol Junqueras, a cessé en fin de semaine dernière d’envoyer les rapports hebdomadaires qu’il doit obligatoirement fournir à Madrid concernant les dépenses publiques catalanes.

La Commission déléguée aux Affaires économiques du gouvernement espagnol a donné quarante-huit heures au président de la Généralité, Carles Puigdemont, pour reprendre ces envois obligatoires. Par ailleurs, il devra aussi justifier auprès de Madrid toute dépense publique et l’Inspection générale devra en certifier la conformité. De plus, les banques privées devront signaler au gouvernement espagnol tout transfert ou paiement lié au référendum du 1er octobre et Madrid devra donner son accord à Barcelone pour que la Catalogne puisse émettre de nouveaux titres de dette. Enfin, les factures concernant les services publics fondamentaux au niveau régional seront aussi scrutées à la loupe par Madrid.

Source : http://www.eleconomista.es/economia/noticias/8610602/09/17/Las-cinco-medidas-del-Gobierno-para-controlar-a-la-Hacienda-catalana.html

L’Espagne augmente de 53 % le poids de ses exportations dans son PIB

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Des bateaux à quai au port marchand de Villanueva de Arosa, en Galice (photographie : Economía en Galicia)

Tout au long des cinq dernières années, le poids des exportations dans l’économie espagnole a augmenté de 53 % et ces ventes à l’étranger représentent désormais 21,6 % de son produit intérieur brut, un record depuis qu’il existe des statistiques à ce sujet. C’est la dernière publication de la revue Esenciales, éditée par la Fondation BBVA et l’Institut valencien des Recherches économiques (IVIE), qui le montre. Cet accroissement spectaculaire s’est produit en pleine crise, alors qu’en 2009, le commerce mondial a chuté de 25 % (cette baisse atteignant alors 30 % chez notre voisin pyrénéen). L’Espagne a ainsi rattrapé la moyenne mondiale, même si ses exportations continuent à se concentrer sur quelques marchés (majoritairement l’Union européenne) et si la part de ces ventes sur les marchés étrangers reste inférieure à ce que l’on pourrait attendre d’une économie comme celle de notre voisin ibérique.

La reprise des exportations depuis la crise de 2008 a été plus rapide en Espagne que dans le reste du monde, tout comme la relance des importations. La France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni concentrent toujours 40 % des exportations espagnoles, l’interconnexion de notre voisin avec les autres économies de la planète étant plus faible que dans le cas d’autres nations. C’est notamment le cas des relations commerciales avec les pays les plus lointains.

Source : http://www.eleconomista.es/economia/noticias/8607046/09/17/Economia-Macro-Espana-eleva-el-peso-de-las-exportaciones-en-el-PIB-un-53-en-cinco-anos-e-iguala-la-media-mundial.html

La formation et la productivité des travailleurs, gros points faibles de l’économie espagnole

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Des ouvriers sur un chantier de Séville, en Andalousie (photographie : Paco Fuentes et El País)

Selon des données fournies par le Forum économique mondial, l’Espagne est très mal classée parmi les pays développés ou en voie de développement pour ce qui est de la formation de son capital humain. Concrètement, seules la Grèce, la Moldavie et la Serbie sont situées plus bas sur le continent européen dans le classement élaboré par l’institution. La liste, dont les trois premiers pays sont la Norvège, la Finlande et la Suisse, montre que l’Espagne est quarante-troisième sur les 130 pays examinés, entre le Portugal et les Émirats arabes unis. De nombreux pays a priori moins avancés que notre voisin pyrénéen comme le Kazakhstan, la Thaïlande, la Pologne ou la Bulgarie le dépassent dans ce classement. Qu’est-ce qui peut expliquer un résultat si mauvais ? L’évaluation du Forum économique mondial est réalisée à partir d’une série de critères, dont l’alphabétisation, le niveau de diplômes, le taux d’emploi, le taux de chômage, le taux de sous-emploi, la qualité de la formation et la proportion d’emplois qualifiés.

Une note est donnée à chacun des pays considérés à partir d’un savant calcul et la moyenne d’Europe occidentale est de 71 – l’Espagne s’en sortant avec un piteux 65. Notre voisin ibérique est bien classé en matière d’alphabétisation et de formation primaire et secondaire. En revanche, il baisse rapidement dès lors que l’on s’intéresse aux diplômes du supérieur, au taux d’emploi et, bien entendu, au taux de chômage – qui, en dépit d’une baisse prononcée ces dernières années, reste élevé. Le sous-emploi est lui aussi pointé du doigt. Notons enfin que la qualification de l’emploi reste, toujours selon ce rapport, insuffisante outre-Pyrénées.

Source : https://economia.elpais.com/economia/2017/09/13/actualidad/1505326460_397289.html

Le gouvernement régional catalan suggère que l’État espagnol pourrait continuer à payer les retraites de ses administrés après une hypothétique indépendance de la région

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Le siège du Ministère espagnol de l’Emploi et de la Sécurité sociale, à Madrid (photographie : Ministère de l’Emploi et de la Sécurité sociale)

Les séparatistes catalans ne reculent devant rien, surtout pas devant le ridicule ou le délire : c’est ce que nous ont appris ces nombreuses années de défi indépendantiste et les déclarations des dirigeants sécessionnistes ou de leurs soutiens. Ce mercredi 13 septembre, la conseillère régionale catalane au Travail, Dolors Bassa, a affirmé en conférence de presse aux côtés du secrétaire de son département, Josep Ginesta, que la Sécurité sociale espagnole devrait continuer à payer les pensions de traite de ses administrés pendant quelque temps après une hypothétique indépendance de la communauté autonome. Elle a toutefois précisé qu’un accord entre Barcelone et Madrid serait nécessaire à ce sujet, consentant ainsi à demander son avis à l’État espagnol. Elle a par ailleurs expliqué que la loi de création de l’Agence de Protection sociale, qui est conçue comme une future Sécurité sociale catalane indépendante, avait été approuvée.

Elle n’a pas manqué de déclarer que cet organisme serait « plus puissant et plus fiable » que la Sécurité sociale espagnole – on se demande bien comment étant donné que les finances régionales, qui sont dans un état déplorable, dépendent largement des largesses économiques de Madrid. Elle a également expliqué qu’une fois la Catalogne devenue une République à part entière, elle retrouvera l’équilibre budgétaire dès le printemps 2018 et pourra augmenter les pensions de retraite grâce à un environnement économique très favorable. Elle a donc évidemment passé sous silence la catastrophe financière que représenterait une indépendance de la Catalogne pour la région elle-même. Quoi qu’il en soit, cette conférence de presse signifie que Barcelone ne veut ni ne peut payer les pensions de retraite de ses administrés et attend que l’Espagne finance le séparatisme une fois de plus.

Source : http://www.expansion.com/economia/2017/09/13/59b93a9b22601de93c8b45d0.html