L’archéologue espagnol Carlos Sanz sur le site de fouilles de Padilla de Duero, dans la commune de Peñafiel, dans la province de Valladolid, en Castille-et-León (photographie : El País)

Peuplé d’à peine 60 âmes, le hameau de Padilla de Duero, qui appartient à la commune de Peñafiel (province de Valladolid, Castille-et-León), est assis sur un site archéologique de toute première importance dont ont déjà été extraites près de 30 000 pièces en céramique et en métal qui attestent d’un peuplement continu durant environ quatre siècles, du Ve siècle au Ier siècle avant Jésus-Christ. Il s’agit du lieu où se dressait jadis Pintia, cité pré-romaine d’une extension de 125 hectares approximativement avec un centre urbain de 27 hectares – soit trois fois plus que celui de Numancia, ancienne cité celtibère bien plus connue, située sur le territoire de la commune de Garray, dans la province de Soria (Castille-et-León).

Ce sont les Vaccéens (vacceos), peuplade celtique incorporée à l’aire romaine en 178 avant notre ère, qui peuplaient la zone et les fouilles archéologiques sur place, dirigées par le professeur espagnol Carlos Sanz, ont permis de mettre en évidence l’existence d’une muraille et de trois fossés extérieurs de protection. Un volume publié par les presses de l’Université de Valladolid, Pintia y los vacceos a cuarenta años vista (1979-2019) – littéralement, Pintia et les Vaccéens après quarante ans (1979-2019) – rend compte de ce passé important. Les principales pièces restaurées (comme des morceaux de fibules et de ceintures en métal) ont pu l’être grâce au financement du gouvernement régional de Castille-et-León (aujourd’hui dirigé par Alfonso Fernández Mañueco, du Parti populaire), de la députation de Valladolid, de l’Université de Valladolid et des chais Vega Sicilia, l’une des principales entreprises viticoles de la région.

Pourtant, à l’heure actuelle, cet argent ne suffit plus, comme ne cesse de le rappeler Carlos Sanz aux médias. Il faudrait notamment des travailleurs titulaires afin de s’adonner pleinement à l’étude et à la restauration des pièces retrouvées à Pintia au sein du laboratoire monté à Padilla de Duero. Mais à l’heure actuelle, seuls des étudiants et des chercheurs travaillent sur place durant l’été, de manière purement bénévole. C’est à partir de 1979 que l’Université de Valladolid a commencé à protéger et à explorer le site, même si des ossements étaient déjà visibles à même le sol à la fin du XIXème siècle. Il est fort possible que la cité antique de Pintia ait accueilli de 5 000 à 7 000 personnes au maximum à son apogée et l’industrie de la céramique et du métal avaient même été déplacée de l’autre côté du Douro, dans la zone de Carraleceña, afin d’éviter les incendies dans les espaces d’habitation.

Source : https://elpais.com/cultura/2020-03-08/la-ciudad-vaccea-de-los-100000-muertos-que-agoniza.html

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