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La nouvelle ministre espagnole de l’Économie et de l’Entreprise, Nadia Calviño (Parti socialiste ouvrier espagnol) – Photographie : El Plural

La valse des noms a duré pendant plusieurs jours et c’est finalement hier, en début de soirée, que le nouveau président du gouvernement, Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol), a révélé la composition de son exécutif. Très féminin, résolument tourné vers le reste de l’Union européenne, ce cabinet comporte dix-sept portefeuilles, dont onze détenus par des femmes, et s’oriente vers le centre-droite, comme par volonté de concurrencer le principal opposant au dirigeant espagnol, le président du parti Citoyens (C’s), Albert Rivera. Il est aussi clairement orienté vers le libéralisme économique.

Outre Pedro Sánchez Pérez-Castejón lui-même, jeune économiste né en 1972 à Madrid, l’on retrouve ainsi dans cet exécutif :

  • María del Carmen Calvo Poyato, née en 1957 à Cabra, dans la province de Cordoue (Andalousie), vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Égalité. Spécialiste de droit constitutionnel, elle est engagée depuis longtemps dans la cause féministe.
  • Josep Borrell Fontelles, né en 1947 à Puebla de Segur, dans la province de Lérida (Catalogne), ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération. Ministre des Travaux publics et des Transports de 1991 à 1993, sous la présidence de Felipe González (PSOE), il ajoute l’Environnement à ses compétences de 1993 à 1996. Il est président du Parlement européen de 2004 à 2007.
  • Dolores Delgado García, née à Madrid en 1962, ministre de la Justice. Avocate de formation, elle est connue pour ses positions progressistes (elle est proche du célèbre juge Baltasar Garzón) et est spécialisée dans la lutte contre le terrorisme islamiste.
  • María Margarita Robles Fernández, née à León (Castille-et-León) en 1956, ministre de la Défense. Ancienne magistrate à la Cour suprême, elle est l’une des plus proches collaboratrices de Pedro Sánchez.
  • María Jesús Montero Cuadrado, née Séville (Andalousie) en 1966, ministre des Finances. Débauchée de son poste de conseillère régionale andalouse aux Finances et aux Administrations publiques, elle est connue pour être une adepte de la rigueur budgétaire.
  • Fernando Grande-Marlaska Gómez, né en 1962 à Bilbao, dans la province de Biscaye (Pays basque), ministre de l’Intérieur. Juge progressiste, il est connu pour avoir lutté avec acharnement contre le groupe terroriste basque ETA.
  • José Luis Ábalos Meco, né en 1959 à Torrente, dans la province de Valence (Communauté de Valence), ministre de l’Équipement. Proche de Pedro Sánchez, il est professeur des écoles dans le civil.
  • María Isabel Celaá Diéguez, née en 1949 à Bilbao, dans la province de Biscaye (Pays basque), ministre de l’Éducation et de la Formation professionnelle. Elle occupe aussi le rôle de porte-parole du gouvernement. Elle travaille depuis longtemps dans le domaine de l’enseignement et a notamment été conseillère régionale basque à l’Éducation, aux Universités et à la Recherche.
  • Magdalena Valerio Cordero, née en 1959 à Torremocha, dans la province de Cáceres (Estrémadure), ministre du Travail, des Migrations et de la Sécurité sociale. Elle a occupé divers postes régionaux en Castille-La Manche et est connue pour ses travaux sur le système de retraites par répartition, ce qui sera son principal dossier en tant que ministre.
  • María Reyes Maroto Illera, née en 1973 à Medina del Campo, dans la province de Valladolid (Castille-et-León), ministre de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme. Économiste de formation, elle est connue pour ses positons progressistes.
  • Luis Planas Puchades, né en 1952 à Valence (Communauté de Valence), ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation. Il est aussi membre du Comité économique et social européen depuis 2014.
  • Meritxell Batet Lamaña, née 1973 à Barcelone (Catalogne), ministre de la Politique territoriale et de la Fonction publique. Issue des rangs du Parti des Socialistes catalans (PSC), elle est le principal atout de Pedro Sánchez pour le « dialogue » avec les séparatistes catalans.
  • Teresa Ribera Rodríguez, née à Madrid en 1969, ministre pour la Transition écologique. Ancienne secrétaire d’État au Changement climatique sous la présidence de José Luis Rodríguez Zapatero (PSOE), elle est engagée depuis longtemps dans le domaine de l’écologie.
  • Màxim Huerta Hernández, né 1971 en à Utiel, dans la province de Valence (Communauté de Valence), ministre de la Culture et des Sports. Écrivain, ancien présentateur de télévision, il est probablement la surprise de ce gouvernement.
  • Nadia María Calviño Santamaría, née en 1968 à La Corogne (Galice), ministre de l’Économie et de l’Entreprise. Elle a été débauchée de son poste de directrice générale des Budgets au sein de la Commission européenne. C’est un partisan de l’austérité et de la rigueur financières.
  • Carmen Montón Giménez, née en 1976 à Burjasot, dans la province de Valence (Communauté de Valence), ministre de la Santé, de la Consommation et du Bien-Être social. C’est elle aussi une militante féministe.
  • Pedro Francisco Duque Duque, né en 1963 à Madrid, ministre de la Science, des Universités et de l’Innovation. Ancien cosmonaute, ingénieur aéronautique de formation, c’est un grand défenseur de la recherche scientifique et un pourfendeur des pseudo-sciences.

Il s’agit donc pour l’essentiel d’un gouvernement de spécialistes et de technocrates qui envoie des signaux parfois contradictoires, notamment du côté du séparatisme catalan. Désormais, il restera à nommer tout l’organigramme des Ministères (notamment les secrétaires d’État) ainsi que les nouveaux dirigeants des entreprises publiques (comme l’opérateur aéroportuaire AENA ou l’entreprise nationale des chemins de fer RENFE).

Sources : http://www.eleconomista.es/politica/noticias/9184958/06/18/Los-nombres-confirmados-del-nuevo-Gobierno-de-Pedro-Sanchez.html, https://politica.elpais.com/politica/2018/06/06/actualidad/1528281293_900923.html, https://politica.elpais.com/politica/2018/06/06/actualidad/1528281293_900923.html, http://www.eleconomista.es/economia/noticias/9187333/06/18/Sanchez-manda-un-mensaje-de-rigor-fiscal-a-la-UE-con-sus-ministras-del-area-economica.html, https://politica.elpais.com/politica/2018/06/05/actualidad/1528200680_136620.html et http://www.abc.es/economia/abci-empresas-publicas-preparan-para-baile-presidentes-nuevo-gobierno-201806042151_noticia.html

2 réflexions sur “Le nouveau gouvernement Sánchez est constitué

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