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Mariano Rajoy à la tribune du Congrès des députés (photographie : Pierre-Philippe Marcou, AFP et El País)

La récente dégradation du climat politique en Espagne, avec l’annonce de nouvelles mises en examen dans le cadre d’affaires de corruption et de détournements de fonds (dont l’affaire Lezo, qui a supposé un coup dur pour le Parti populaire de Madrid, ou encore la récente démission du président de la Région de Murcie, Pedro Antonio Sánchez), a atteint ce jeudi 27 avril un nouveau palier. Alors que le président du gouvernement, Mariano Rajoy, est convoqué par les juges afin de s’exprimer en tant que témoin dans une autre affaire qui concerne sa formation politique (l’affaire Gürtel), l’avenir de l’exécutif a été remis en cause cette semaine.

Le groupe formé au Congrès des députés (chambre basse du Parlement espagnol) par Podemos et ses « confluences » ou alliés (En Comú Podem, Gauche unie, En Marea, Compromís) a en effet annoncé qu’il déposerait une motion de censure à l’égard de Mariano Rajoy. L’objectif est ensuite de le remplacer par un président du gouvernement issu de la gauche « radicale », avec un programme propre en matière politique, économique, sociale et territoriale. Le règlement du Congrès des députés prévoit qu’il faut au moins un dixième des sièges, soit 35 (là où Unidos Podemos dispose de 67 élus), pour pouvoir déposer une motion de censure. Cette motion doit être signifiée par écrit à la présidence de la chambre avec le nom d’un candidat alternatif puis recueillir la majorité absolue des députés (soit 176 sièges).

Podemos a déjà affirmé qu’il était prêt à mener la démarche jusqu’au bout, quand bien même il n’aurait pas suffisamment de soutiens pour qu’elle puisse aboutir. Il cherche désormais à séduire le Parti socialiste ouvrier espagnol, dont l’ancien premier secrétaire, Pedro Sánchez, est actuellement en campagne pour reconquérir ce poste. Il a d’ailleurs lui-même exigé la démission de Mariano Rajoy.

Addendum : suite aux conversations téléphoniques de Podemos avec Javier Fernández et Mario Jiménez, respectivement président et porte-parole de la commission de gestion provisoire du PSOE, le porte-parole du groupe socialiste au Congrès des députés, Antonio Hernando, a déclaré que son parti ne soutiendrait pas la motion de censure proposée par Pablo Iglesias. Il a en effet souligné que la formation n’avait pas de candidat alternatif à Mariano Rajoy et qu’il était un peu tard pour songer à un gouvernement de gauche, surtout après le refus de Podemos de soutenir la coalition entre le PSOE et Citoyens l’année dernière. Les socialistes chercheront apparemment à affaiblir le président du gouvernement par d’autres moyens.

Quant au parti Citoyens, il a d’ores et déjà refusé de voter en faveur de cette motion de censure, ce qui la condamne donc à l’échec si rien ne change.

Sources : http://www.abc.es/espana/abci-podemos-lanza-ordago-psoe-oferta-mocion-censura-contra-rajoy-201704271131_noticia.html, http://www.elimparcial.es/noticia/177016/nacional/iglesias-anuncia-una-mocion-de-censura-contra-rajoy-e-intenta-el-apoyo-del-psoe.html et http://politica.elpais.com/politica/2017/04/27/actualidad/1493283872_576593.html

2 réflexions sur “Podemos veut faire passer une motion de censure contre Mariano Rajoy

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