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Pablo Iglesias lors du Congrès de Vistalegre (photographie : Santi Burgos, Quality et El País)

Christophe Barret, spécialiste du parti de « gauche radicale » Podemos et auteur de Podemos : pour une autre Europe (sic), a récemment publié un intéressant compte-rendu sur le deuxième Congrès de Vistalegre, à Madrid, qui a vu le triomphe de la ligne « intransigeante » de Pablo Iglesias, secrétaire général du parti, sur la « ligne transversale » de son numéro deux, Íñigo Errejón : http://l-arene-nue.blogspot.com/2017/02/congres-de-podemos-la-rebelion-matee.html

Quelques remarques complémentaires de mon cru pour aider à la compréhension des enjeux dudit congrès :

  • Ce résultat est plutôt du goût du Parti populaire, qui pense (à tort ou à raison) qu’il lui vaut mieux affronter un Pablo Iglesias « dur » et clivant ainsi qu’un parti moins enclin à une alliance avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), précisément afin de repousser aux confins du spectre politique le prétendu « radicalisme de gauche » de Podemos.
  • De la même façon, Susana Díaz, présidente de la Junte d’Andalousie et perpétuelle candidate au poste de premier secrétaire du PSOE, est plutôt confortée par ce résultat, qui marque normalement le rejet d’une alliance avec les socialistes. Au contraire, l’ancien premier secrétaire Pedro Sánchez aurait préféré avoir affaire à Íñigo Errejón dans sa stratégie de reconquête du parti.
  • Il faudra désormais que Podemos soit cohérent avec son choix de la « radicalité », que ce soit au niveau national (plus de tentative d’alliance avec le PSOE et encore moins avec le parti Citoyens) ou au niveau régional (plus de soutien apporté par ou aux grandes formations indépendantistes et régionalistes comme le Parti nationaliste basque, le Parti démocratique de Catalogne, la Gauche républicaine de Catalogne, etc.)
  • Cette précédente tâche va être singulièrement compliquée par l’autonomisation progressive des « confluences » régionales de Podemos (En Comú Podem en Catalogne, Compromís dans la Communauté de Valence, En Marea en Galice, etc.), qui suivent de plus en plus un agenda propre et rejettent de façon croissante l’autoritarisme supposé ou réel de Pablo Iglesias. Plus encore que des formations, ce sont des individualités qui suivent désormais leur propre logique (laquelle correspond parfois, en raison des besoins du moment, à celle de Podemos), comme Ada Colau, maire de Barcelone, dont les ambitions régionales ne sont pas un mystère.
  • Notons enfin que, d’un point de vue strictement électoral, les derniers résultats ont plutôt donné raison à la « transversalité » d’Íñigo Errejón, « transversalité » qui était l’un des principes originels du parti que Pablo Iglesias a définitivement enterré à Vistalegre. En effet, l’alliance avec le parti « radical » de la Gauche unie, en état de mort clinique, avait été voulu par Iglesias et vertement critiqué par Errejón. Résultats des courses : plus d’un million de voix en moins et un maintien miraculeux grâce à une loi électorale que Podemos dénonçait encore dix jours auparavant (et dont on l’entend bizarrement beaucoup moins parler).
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