Avec le retour à la normale en matière politique et institutionnelle, suite à la réélection de Mariano Rajoy à la présidence du gouvernement et à l’entrée en fonction de son nouveau cabinet, l’agenda international de Philippe VI peut reprendre. Plusieurs importantes visites officielles (notamment au Royaume-Uni, au Japon et en Corée du Sud) avaient dû être annulées au début de l’année 2016 étant donné la situation précaire des institutions de notre voisin pyrénéen. C’est aussi un déplacement en Arabie Saoudite qui avait été reporté – cette crise politique étant utilisée à l’époque comme un prétexte pour ne pas se rendre sur place après l’exécution d’un membre du clergé chiite, Nimr al-Nimr, qui avait scandalisé la plupart des pays du monde (et notamment l’Iran).

Or, du 12 au 14 novembre, le roi se déplacera à Riyad afin d’y rencontrer le souverain saoudien, Salmane, et de conclure la vente à l’Arabie Saoudite de cinq frégates de conception espagnole pour la modique somme de 2 milliards d’euros. Ce contrat, qui ne pourra être signé qu’avec la visite du souverain, devrait donner du travail à 3 000 travailleurs espagnols pendant cinq ans sur les chantiers navals d’El Ferrol (Galice) et de Puerto Real et San Fernando (Andalousie). Philippe VI sera accompagné sur place par le nouveau ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alfonso Dastis, et par celui de l’Équipement, Íñigo de la Serna. Il s’agirait, si cette vente est validée, du plus gros contrat de l’histoire de Navantia, le constructeur naval historique du Royaume d’Espagne – tout comme le « TGV des pèlerins » était le plus gros contrat ferroviaire jamais décroché par des entreprises hispaniques.

Cette visite officielle de Philippe VI est très critiquée par plusieurs associations et organisations non gouvernementales et elle divise jusqu’au parti Podemos. Si sa direction nationale y est opposée, deux responsables municipaux s’y sont montrés favorables pour des raisons économiques et sociales : José María González (dit « Kichi »), maire de Cadix, et Jorge Suárez, maire d’El Ferrol. Ils savent en effet qu’une telle commande permettrait d’éviter le chômage à de nombreux travailleurs de leur bassin d’emploi. Tous ont, en effet, un point commun : ils ont renoncé à la souveraineté, à une politique économique indépendante, au développement et à la justice économique.

Sources : http://www.elespanol.com/espana/politica/20161107/168983627_0.html et http://www.abc.es/espana/abci-contrato-saudi-navantia-preve-construccion-201611072121_noticia.html

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