Riche d’une histoire longue, plurielle, complexe et sans laquelle le monde ne saurait être compréhensible, l’Espagne a certes perdu de nombreux territoires ultramarins au cours des mouvements de décolonisation. Elle a pourtant su conserver quelques-uns de ces « confettis » qui lui assurent aujourd’hui une présence à certains endroits stratégiques du monde, particulièrement en Méditerranée.

C’est le cas des « places de souveraineté » (plazas de soberanía) qu’elle détient dans le Nord du Maroc ou au large du royaume chérifien. L’on distingue ainsi les îles Alhucemas (archipel composé du rocher d’Alhucemas, de l’île de la Mer et de l’île de la Terre), qui abritent une garnison de 350 soldats à 100 kilomètres de Melilla. L’on peut également citer le cas des îles Zaffarines (« islas Chafarinas », en espagnol), archipel situé à 3,5 kilomètres des côtes marocaines et à 48 kilomètres de Melilla. Composé de l’île du Congrès, de l’île Isabelle-II et de l’île du Roi, il abrite à son tour 200 soldats et garde-côtes espagnols. Moins connu est l’île d’Alboran, qui doit son nom au corsaire musulman al-Borani, auquel a été arraché cet îlot en 1540. Elle n’est habitée que depuis les années 60 par une petite garnison de 21 militaires. L’histoire de l’îlot Persil (« isla Perejil », en espagnol) est plus célèbre. Ce rocher situé à 200 mètres des côtes marocaines est conquis par le Portugal en 1415, avant d’être cédé à l’Espagne en 1688. Constamment réclamé par le Maroc, ce petit morceau de terre a donné lieu à de vives tensions entre Madrid et Rabat en 2002, lorsqu’un contingent des forces auxiliaires marocaines a débarqué sur place pour y planter le drapeau national et investir les lieux. C’est par l’opération Recuperar Soberanía que le gouvernement de José María Aznar a tenté de reprendre le contrôle de la situation, même s’il a fallu la médiation des États-Unis d’Amérique pour que l’îlot soit bien rétrocédé à l’Espagne.

Plus près de chez nous, c’est l’île des Faisans (ou île de la Conférence), située sur la Bidassoa, à la frontière franco-espagnole, qui rappelle ce passé glorieux de l’Espagne. Il s’agit d’un cas unique dans le droit et la géopolitique internationales, puisqu’il s’agit d’un condominium hispano-français qui prévoit que chaque pays administrera la langue de terre six mois par an. Le traité de Bayonne, signé par Madrid et Paris en 1856, règle cette organisation particulière.

Rappelons enfin l’affaire de la Micronésie espagnole, qui a récemment fait la une des médias outre-Pyrénées. En 2014, en effet, le député basque Jon Iñarritu (parti séparatiste de gauche Amaiur) avait formulé une question au gouvernement de Mariano Rajoy à propos des anciennes colonies espagnoles dans l’actuelle Océanie et au large de l’Asie. Cette zone a en effet été explorée et nommée par les Espagnols bien avant que les Britanniques et les Français n’y mettent le pied mais Madrid a dû céder la souveraineté sur les îles Mariannes, les îles Carolines et les Palaos aux États-Unis d’Amérique. Certains chercheurs avaient avancé la possibilité d’une réclamation auprès de l’Organisation des Nations unies afin de récupérer quelques-uns de ces « confettis » d’empire. Mariano Rajoy et son gouvernement, toutefois, ont préféré couper court à toutes les spéculations à ce sujet et renoncer définitivement à un recours auprès de l’ONU.

Source : http://www.abc.es/historia/abci-islas-hispanicas-perdidas-todo-mundo-recuerdo-espana-imperio-201609230122_noticia.html

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