L’affaire de la commune d’Olivenza (« Olivença » en portugais) est bien connue dans le cadre des tensions territoriales entre l’Espagne et le Portugal. Cette bourgade de 12 000 habitants environ, située dans la province de Badajoz, en Estrémadure, faisait partie du royaume de León jusqu’à sa cession au Portugal en 1297, suite à la signature du traité d’Alcañices. Les tensions frontalières dans la zone n’ont cessé de s’accroître, notamment au cours du XVIIe siècle, jusqu’à la reconquête de la commune par l’Espagne dans le cadre de la Guerre des Oranges (1801). La même année, le traité de Badajoz (6 juin) et celui de Madrid (29 septembre) avalisent le retour d’Olivenza dans le giron espagnol. Depuis l’avènement de la démocratie dans les deux pays, au milieu des années 70 du siècle dernier, les réclamations portugaises se sont faites moins pressantes, bien qu’elles existent toujours formellement.

Il y a toutefois un autre contentieux territorial luso-espagnol à plusieurs centaines de kilomètres de là, en plein océan Atlantique. Il s’agit des îles Sauvages (« islas Salvajes » en espagnol, « ilhas Selvagems » en portugais), petit archipel portugais administré depuis la région autonome de Madère mais situé plus près des Canaries (140 kilomètres environ). Constamment réclamé par Madrid, cet archipel avait été racheté par Lisbonne à un banquier de Madère, Luis Rocha, en 1971, dans des conditions opaques. En 1975, profitant des troubles dans la république voisine, des pêcheurs canariens avaient débarqué sur la principale île de l’archipel (« Salvaje Grande ») pour y planter un drapeau espagnol. En 1997, José María Aznar reconnaît définitivement la souveraineté portugaise sur les îles Sauvages et leurs eaux territoriales – renonçant ainsi à de possibles prospections pétrolières ou à l’exploitation des zones de pêche correspondantes.

Régulièrement, néanmoins, les forces aériennes espagnoles ont pénétré dans le ciel des îles Sauvages. Pour répondre à ces tensions, qui ne sont certes pas considérables, Lisbonne a cherché ces dernières années à accroître sa présence sur place avec l’installation d’une station de l’Institut portugais de la Mer et de l’Atmosphère. La police maritime, les forces armées et la marine portugaises ont par ailleurs récemment reçu comme mission de protéger les intérêts nationaux dans cette région. Le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, a rendu visite cet été aux agents en poste dans l’archipel.

Cette affaire, qui pourrait amener des protestations de la part des Canaries, est en tout cas à suivre.

Source : http://www.abc.es/espana/abci-portugal-instala-estacion-meteorologica-cerca-canarias-201609190340_noticia.html

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