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Le roi Philippe VI lors d’une visite à la grande usine SEAT de Martorell (province de Barcelone) en décembre 2014, aux côtés du président régional de l’époque, Artur Mas (photographie : Gianluca Battista – ATLAS – El País)

L’année 1992 avait marqué le prétendu « grand retour » de l’Espagne sur la scène internationale et son affirmation en tant que puissance européenne avec l’organisation de trois manifestations d’ampleur mondiale : les Jeux olympiques d’été à Barcelone, l’Exposition universelle à Séville et la capitale européenne de la culture à Madrid. Cette période était également caractérisée par la consolidation de la démocratie libérale dans le pays, par le lent déclin électoral du Parti socialiste ouvrier espagnol et par l’apogée de Barcelone et du « modèle catalan » de développement économique et culturel.

La communauté autonome semblait pouvoir se poser indéfiniment comme locomotive de l’ensemble du pays – alors que ce statut de locomotive lui avait largement été octroyé par le pouvoir central au fil des décennies. Elle était comparée à des régions aussi dynamiques que Rhône-Alpes, la Lombardie ou le Bade-Wurtemberg.

Vingt-quatre ans plus tard, le déclin économique de la Catalogne au sein de l’Espagne est une réalité palpable que seuls les indépendantistes et leurs soutiens s’entêtent à nier – et le pouvoir central espagnol n’est sans doute pas le plus à blâmer dans l’histoire. Ce déclin concerne surtout l’industrie régionale, ainsi que le soulignait par exemple en novembre 2014 un rapport de la Fondation pour l’Industrie dirigé par le professeur d’université Josep Oliver. Le poids du secteur secondaire dans le PIB régional est ainsi passé en une décennie (2004-2014) de 29 % à 18,6 % – aussi bien au profit d’autres régions européennes que d’autres communautés autonomes.

Pourtant, le Pays basque a su puissamment miser sur l’entreprise CAF (Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles), devenue la cinquième firme ferroviaire au monde, tandis que la Communauté de Madrid axait sa politique sur les industries de pointe ou à haute valeur ajoutée et que la Galice se positionnait, grâce au groupe Inditex (maison-mère de Zara), comme l’un des épicentres mondiaux du prêt-à-porter.

Si l’appartenance de l’Espagne au vaste espace de libre-échange européen et à la zone euro, mortifère pour l’économie nationale, joue pleinement, les autorités régionales portent une lourde part de responsabilité dans l’affaire. Le long gouvernement de Jordi Pujol (1980-2003), dont les pratiques douteuses sont mises à jour depuis plusieurs mois par la justice espagnole, mais aussi l’irresponsabilité des gouvernements de « gauche » qui ont suivi (Pasqual Maragall de 2003 à 2006 et José Montilla de 2006 à 2010), ont grandement affaibli l’économie industrielle régionale. C’est enfin le « défi sécessionniste » (Artur Mas de 2010 à 2016 puis Carles Puigdemont depuis cette année) qui a achevé les espoirs de reprise d’un secteur déjà sérieusement touché.

Ce constat permet de mieux saisir la dérive qui caractérise la Catalogne depuis trop longtemps et qui menace l’ensemble du pays.

Source : http://www.cronicaglobal.com/es/notices/2016/06/cataluna-industrial-cataluna-3-39846.php?platform=hootsuite

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